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1er, 3e et 5e mercredis du mois de 11 h à 13 h (CEAf, salle de réunion, 2e étage, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 7 janvier 2009 au 3 juin 2009
Le séminaire propose d’examiner plusieurs guerres qui ont marqué l’histoire ancienne, récente, voire actuelle de la Corne de l’Afrique. Un premier plan d’analyse consiste à restituer les enjeux de ces conflits, les stratégies de leurs protagonistes et leurs conséquences dans l’évolution historique générale des sociétés considérées. Mais cela n’implique pas que seuls des « grands » conflits qui ont défrayé la chronique (ou effrayé les chroniqueurs) seront relatés. Un second plan d’analyse mettra de côté l’histoire militaire est-africaine pour insister sur des questionnements anthropologiques mis en lumière par les travaux sur cette région : les conflits et leurs résolutions forgent ou font périr des règles ; imposent de définir et de remanier des positions sociales et territoriales ; animent des sentiments d’appartenance communautaire ; produisent des attirails hétéroclites d’insignes identitaires ; brassent les membres de sociétés vers les fronts ou vers des zones de refuge.
Mots-clés : Anthropologie, Coloniales (études), Histoire, Historiographie, Spatialisation, territoires,
Aires culturelles : Afrique,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Afrique
Intitulé général : Histoire et anthropologie comparées de la Corne de l'Afrique
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous
Adresse(s) électronique(s) de contact : ficquet(at)ehess.fr
Le séminaire a porté sur les conflits et les résolutions de conflits, thématiques récurrentes dans les études sur la Corne de l’Afrique. Des guerres de plus ou moins grande envergure ont marqué l’histoire de cette région, sous forme de scansions brutales ou bien constituant une sorte de bruit de fond permanent. Aujourd’hui les populations de cette région sont engagées et exposées dans des conflits de masse qui sont une cause majeure de préoccupation humanitaire, mais face auxquels les arbitrages et interventions de la communauté internationale sont inefficaces. Un premier plan de l’analyse a consisté à restituer les enjeux de ces conflits, les stratégies de leurs protagonistes et leurs conséquences dans l’évolution historique générale des sociétés considérées. Le texte d’Igor Kopytoff (1984) sur les frontières sociales en Afrique a servi de base à cette mise en perspective. Les conflits participent de dynamiques de formation des ensembles politiques, en œuvrant à la désagrégation des métropoles anciennes et à la constitution de nouveaux centres de pouvoir à partir de populations hétérogènes circulant et s’affrontant dans les interstices frontaliers. Un second plan d’analyse a insisté sur des questionnements anthropologiques mis en lumière par les travaux sur cette région : les conflits et leurs résolutions forgent ou font périr des règles ; imposent de définir et de remanier des positions sociales et territoriales ; animent des sentiments d’appartenance communautaire ; produisent des attirails hétéroclites d’insignes identitaires ; brassent les membres de sociétés vers les fronts ou vers des zones de refuge. Plusieurs situations ont été examinées. Le film documentaire « Bury the Spear », réalisé en 2005 par les ethnologues Ivo Strecker et Alula Pankhurst, a permis de montrer les cérémonies de résolution de conflit mises en œuvre par plusieurs sociétés du sud de l’Éthiopie (Arbore, Borana, Konso, Hamar, Dasanch, Nyangatom) et interroge la durabilité de telles procédures. Les conflits pour les ressources naturelles (pâturages, eau, bétail) entre les sociétés du sud de l’Éthiopie et du nord du Kenya ont été présentés à travers les travaux de John Galaty et de Günther Schlee qui offrent des modèles explicatifs différents. Enfin, nous avons essayé de rendre compte des différents niveaux d’explication qui s’enchevêtrent dans l’analyse des conflits contemporains. La guerre civile en Somalie qui fait rage depuis 1991 a balayé les structures étatiques issues de la colonisation, et a fait apparaître de nouveaux acteurs (seigneurs de guerre, réfugiés, groupes radicaux islamistes, pirates, etc.) ainsi que des formes inédites, mais souvent concurrentielles, d’organisations sociales, économiques et politiques. Au Soudan, la politique génocidaire (dont la qualification en tant que telle fait l’objet de débats) commise au Darfour depuis 2003 relève d’une politique raciale et raciste du régime en même temps que de déséquilibres territoriaux transfrontaliers dans la gestion des ressources agraires d’une part et pétrolières d’autre part. Entre l’Éthiopie et l’Éryhtrée, le conflit frontalier qui a éclaté en 1998, fait l’objet d’une trêve depuis 2000 mais n’a toujours pas été résolu malgré un lourd dispositif d’arbitrage diplomatique. Le déclenchement de cette guerre relevait de facteurs économiques et territoriaux qui ont été exacerbés par des rivalités internes entre les deux factions au pouvoir dans chaque pays.
Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.
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