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1er et 3e lundis du mois de 15 h à 19 h (salle 8, 105 bd Raspail 75006 Paris), les 3 et 17 novembre 2008 ; puis (salle 7, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 1er décembre 2008 au 2 février 2009
Alors que la notion de pouvoir prend couramment un tour critique dans les sciences sociales et politiques, l’affermissement du pouvoir de l’individu est mis en avant, notamment sous l’influence du libéralisme politique (empowerment, capability). Une réponse intégrant ces deux considérations importe pour éclairer ce que le libéralisme fait à la critique, ainsi que pour ouvrir cette critique à la prise en compte d’oppressions dépourvues du format propice à leur exposition publique.
L’approche pragmatique des capacités (des personnes et des choses) en action nous permettra de les envisager sous leur double aspect : la quête de confiance selon diverses formes d’assurance (depuis les normes juridiques, les standards, les qualifications publiques instituées jusqu’aux garanties engagées dans le plus proche); la mise en doute du gage de confiance (depuis la gêne jusqu’à la critique).
L’approche servira à une comparaison temporelle et spatiale de dispositifs conjuguant politiques, organisations non gouvernementales et entreprises, de leurs modes d’évaluation notamment statistique et économique, et plus largement des architectures de communauté distinguées selon la place qu’elles ménagent à différentes capacités (États-Unis, Europe de l’Ouest, Russie, Brésil).
Mots-clés : Économie, Sociologie,
Aires culturelles : Amérique du Nord, Europe, Russie, Transnational/transfrontières,
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Sociologie
Intitulé général : Sociologie pragmatique de la politique et de la morale
Renseignements : thevenot(at)ehess.fr
Direction de travaux d'étudiants : Sur rendez-vous
Réception : Sur rendez-vous
Site web : http://gspm.ehess.fr/document.php?id=384
Adresse(s) électronique(s) de contact : thevenot(at)ehess.fr
Alors que la notion de pouvoir prend couramment un tour critique dans les sciences sociales et politiques, l’affermissement du pouvoir de l’individu est par ailleurs mis en avant sous l’influence du libéralisme politique (empowerment, capability). L’intégration de ces deux approches du pouvoir importe pour éclairer ce que le libéralisme fait à la critique, ainsi que pour ouvrir cette critique à la prise en compte d’oppressions dépourvues du format propice à leur exposition publique.
Une première partie du séminaire a été consacrée à la confrontation, sur cette intégration, de trois théories sociales : celle de John Dewey, celle de Pierre Bourdieu, et la sociologie de la critique, de la justification et des engagements. Les trois approches ont été notamment comparées dans la façon dont elles traitent d’habitudes, de « pratiques » entendues comme préréflexives, d’engagements familiers, au regard des capacités d’engagements dans un public. Oleg Kharkhordine (Université européenne de Saint-Pétersbourg) a apporté sa contribution à partir de son ouvrage récent sur les théories de la pratique.
Une seconde partie du séminaire a porté sur le développement de la notion de « format de participation » propre à éclairer les conditions de formation du public et de la critique. L’invitation de Nancy Fraser (New School for Social Research, New York) au Groupe de sociologie politique et morale dans le cadre de la chaire Blaise Pascal a permis d’interroger la catégorie de « participatory parity » qu’elle a développée pour traiter de l’extension de la justice dans un monde globalisé : une telle parité ne suppose-t-elle pas déjà une construction libérale du public, et ne se centre-t-elle pas trop exclusivement sur des formats publics de participation ? La recherche sur le travail politique au quotidien à Sud PTT menée par Gildas Renou (Centre de recherches sur l’action politique en Europe, Rennes) a permis de mettre en évidence l’articulation entre différents formats de représentation, notamment dans la tradition anarcho-syndicaliste critique du porte-parole et du permanent, et d’analyser les divers « arts des distances » déployés et la fabrique du commun dans les communautés locales de travail.
En outre, des séjours à l’étranger ont permis d’établir des contacts avec deux réseaux de recherche travaillant sur la confection de compromis entre grandeurs plurielles dans la composition du public, et sur leurs conséquences quant à la critique : le dépassement des tensions entre grandeurs est-il simplement idéologique ou demeure-t-il ouvert à l’épreuve de la critique ? À l’occasion d’une invitation à la conférence annuelle de l’association de sociologie finlandaise, doublée d’un séminaire de deux jours organisé sur les compromis entre justifications, une coopération a été nouée avec de jeunes chercheurs travaillant autour de Risto Alapuro (Université d’Helsinki), qui se prolongera par une réunion symétrique à Paris autour du séminaire, en décembre 2009. C’est aussi autour d’un programme sur le compromis animé par Mohamed Nachi (Université de Liège) et à l’invitation du DIRASET (Abdelhamid Hénia, Université de Tunis) que des contacts ont été établis avec des chercheurs tunisiens travaillant sur le même thème.
Publications
• « Sacrifices et bénéfices de l’individu dans un espace public libéral », Cahier d’éthique sociale et politique, n° 5, p. 68-79.
• Avec Luc Boltanski, « A kritikai képesség szociologiaja », Replika, n° 62, p. 39-55.
• « Вверх дном: сообщество и личность в кульбите речей Мая 68 года« Антропология революции. Сб. статей. Сост. и ред. И. Прохорова, А. Дмитриев, И. Кукулин, М. Майофис.— М.: Новое литературное обозрение, p. 242-293.
• « Governing life by standards. A view from engagements », Social Studies of Science vol. 39, n° 5, p. 793-813.
Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.
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