2008-2009

Extension de l'économie politique : fascination, oppression, dépression

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

2e et 4e lundis du mois de 15 h à 19 h (salle 8, 105 bd Raspail 75006 Paris), les 10 et 24 novembre 2008 ; puis (salle 7, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 8 décembre 2008 au 9 février 2009

Le séminaire porte sur les transformations contemporaines de la relation entre économie et politique, et sur l’extension des outils d’analyse que nécessite son examen critique. Trois questions guideront cet examen :

  • quelles sont les raisons de la fascination qu’exerce une économie politique conjuguant l’exploration, l’innovation et la spéculation sur l’incertain, avec l’appui d’outils de communication ?
  • quelles sont les modalités d’oppression qui résultent des organisations dite performantes, et les conditions dans lesquelles cette oppression peut se faire entendre comme critique publique ou, à l’inverse, être tenue au silence par la forme critique retenue ?
  • quelles espèces de dépression sont rendues pathologiques par les activités de production et de consommation destructrice, en raison de la pression s’exerçant sur des soucis d’accommodement durable au monde environnant.

Mots-clés : Économie, Sociologie,

Aires culturelles : Europe, France, Transnational/transfrontières,

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Sociologie

Intitulé général : Sociologie pragmatique de la politique et de la morale

Renseignements : auray(at)enst.fr, brevig(at)ehess.fr, thevenot(at)ehess.fr

Direction de travaux d'étudiants : Sur rendez-vous

Réception : Sur rendez-vous

Niveau requis : M1

Adresse(s) électronique(s) de contact : auray(at)enst.fr, brevig(at)ehess.fr, thevenot(at)ehess.fr

Compte rendu

Le séminaire porte sur les transformations contemporaines de la relation entre économie et politique, et sur l’extension des outils d’analyse que nécessite son examen critique. Il s’est centré cette année sur les tensions que font peser ces transformations sur les attachements à l’espace d’habitation, d’habituation et de vie en communauté.
L’extension d’échelle du capitalisme a été abordée à partir de ses conséquences sur l’appréhension du juste : quel est le cadre approprié pour apprécier le juste dans un monde globalisé ? Le débat sur les « échelles de justice » s’est déroulé autour d’interventions de Nancy Fraser (New School for social research), invitée au GSPM dans le cadre de la Chaire Blaise-Pascal.
La question de l’espace a été traitée à partir des tensions entre les ancrages territoriaux de l’habiter et les exigences de déplacement que fait peser l’économie contemporaine. Deux chercheurs brésiliens invités (dans le cadre d’une coopération entretenue de longue date) ont éclairé cette tension : Soraya Silveira Simões, à partir du déplacement collectif depuis des « favelas » jusqu’à des « barrios » modernes et planifiés, à Rio ; Fábio Reis Mota, à partir des menaces pesant sur les ancrages territoriaux des communautés de descendants d’esclaves (« quilombola ») et de leurs résistances. D’autre part, Valérie Laurans a présenté sa recherche sur les déplacements récents de résidents urbains à Shanghai.
Toujours à propos de l’espace, envisagé alors sous l’angle de ses appropriations, le séminaire a porté la critique sur les réductions économistes de la propriété, au regard d’un éventail de modalités d’appropriation et de désappropriation des lieux. Michela Barbot (Institut d’histoire économique, Université Bocconi, Milan) a développé une critique de la « Nouvelle économie institutionnelle et de l’évolutionnisme » de Douglas North à partir de son enquête historique sur les usages des lieux et formes de propriété dans l’habiter milanais (XVIe-XVIIIe siècle). Laura Centemeri (Centre d’études sociales, Université de Coimbra), a mis en question la notion d’externalité et le traitement des incommensurabilités en réponse aux dommages environnementaux qu’elle a envisagés comme atteintes au propre d’une communauté.
Enfin l’espace de travail, lui aussi profondément affecté par les nouvelles organisations, a été traité en relation avec les impacts de ces changements sur la discipline même de sociologie du travail. Alexandra Bidet (Centre Maurice-Halbwachs) a présenté les débats critiques en sociologie du travail et de l’activité, dans un dialogue avec Marc Breviglieri qui est intervenu sur la place de la routine dans la sociologie du travail et sa critique.

Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.

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