2008-2009

Sciences, médecine et technologies à l'époque contemporaine

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Vendredi de 11 h à 13 h (salle 11, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 24 octobre 2008 au 13 février 2009. La séance du 21 novembre se déroulera en salle 3. La séance du 12 décembre est annulée.

L’histoire des maladies est souvent racontée sur le mode de l’histoire « bataille » : une date, un savant, un traitement. Pourtant, les savoirs de la maladie sont divers, leurs effets sanitaires sont souvent et controversés, déterminés par le jeu des normes, des intérêts et des pouvoirs. Pour rendre intelligible cette histoire, il importe de varier objets et niveaux d’analyse, de lier études locales et approche des grandes régulations. Il faut s’intéresser aussi bien au travail de laboratoire qu’aux dispositifs de la pratique médicale, explorer les pratiques industrielles et suivre les interventions des institutions sanitaires publiques ou privées. Basé sur la lecture de textes, le séminaire est une introduction à la nouvelle historiographie des relations entre production de connaissances, médecine, innovation technique et gouvernement de la société.

On y discutera en particulier de trois phénomènes caractéristiques du XXe siècle. Le premier est la place croissante prise par les objets de la biologie — microorganismes, gènes, cellules ou macromolécules — tant dans la recherche sur les causes et le cours des maladies que dans la médecine de routine. Le second phénomène est l’industrialisation des biens médicaux, en premier lieu des agents thérapeutiques. Si, à la fin du XIXe siècle, le médicament était un produit artisanal, non brevetable, préparé par un professionnel formé aux recettes de la pharmacopée, un siècle plus tard, il était devenu une marchandise standardisée, sélectionnée au laboratoire selon des processus brevetés par de grandes entreprises opérant sur des marchés fortement régulés et rendus solvables par des systèmes nationaux d’assurance. Le dernier phénomène est la diversification et l’importance croissante prise par les dispositifs d’évaluation et de régulation dont témoigne aussi bien l’histoire des essais cliniques que celle des recours au droit.

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Renseignements : Jean-Paul Gaudilliere CERMES gaudilli(at)vjf.cnrs.fr 01 49 58 36 81

Réception : CERMES 7 rue Guy Moquet 94801 Villejuif Cedex Sur rendez-vous uniquement

Site web : http://cermes.vjf.inserm.fr

Adresse(s) électronique(s) de contact : gaudilli(at)vjf.cnrs.fr

Compte rendu

Le séminaire a porté sur les transformations des rapports entre les sciences (en particulier les sciences de la vie), la médecine et les outils techniques L’histoire des maladies est souvent racontée sur le mode de l’histoire « bataille » : une date, un savant, un traitement. Pourtant, les savoirs de la maladie sont divers, leurs effets sanitaires sont souvent controversés, déterminés par le jeu des normes, des intérêts et des pouvoirs. Pour rendre intelligible cette histoire, il importe de varier objets et niveaux d’analyse, de lier études locales et approche des grandes régulations. Il faut s’intéresser aussi bien au travail de laboratoire qu’aux dispositifs de la pratique médicale, explorer les pratiques industrielles et suivre les interventions des institutions sanitaires publiques ou privées.
Le séminaire a donc fonctionné comme une introduction à la nouvelle historiographie des relations entre production de connaissances, médecine, innovation technique et gouvernement de la société. On y a tout particulièrement discuté trois phénomènes caractéristiques du XXe siècle. Le premier est la place croissante prise par les objets de la biologie – micro-organismes, gènes, cellules ou macromolécules – tant dans la recherche sur les causes et le cours des maladies que dans la médecine de routine. Le second phénomène est l’industrialisation des biens médicaux, en premier lieu des agents thérapeutiques. Si, à la fin du XIXe siècle, le médicament était un produit artisanal, non brevetable, préparé par un professionnel formé aux recettes de la pharmacopée, un siècle plus tard, il était devenu une marchandise standardisée, sélectionnée au laboratoire selon des processus brevetés par de grandes entreprises opérant sur des marchés fortement régulés et rendus solvables par des systèmes nationaux d’assurance. Le dernier phénomène est la diversification et l’importance croissante prise par les dispositifs d’évaluation et de régulation dont témoigne aussi bien l’histoire des essais cliniques que celle des recours au droit.

Publications
• Avec V. Hess, « Ways of regulating : Therapeutic agents between factories, shops and consulting rooms », Max Planck institute for the history of science, preprint series n° 363, Berlin, 2008.
• Avec D. Kevles et H-J Rheinberger, « Living Properties. Making knowledge and controlling ownership in the history of biology », Max Planck institute for the history of science, preprint series n° 382, Berlin, 2009.

Dernière modification de cette fiche : 11 décembre 2008.

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