2008-2009

Sociologie et histoire des formes et des dispositifs culturels

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Mensuel de 9 h à 11 h (EHESS-Marseille, centre de la Vieille-Charité, 2 rue de la Charité 13002 Marseille), dates à préciser

Ce séminaire se propose de mettre à la discussion une approche croisée — historique et sociologique - de l’histoire intellectuelle et artistique ainsi que de l’histoire des sciences. Pour reprendre une opposition issue de cette dernière discipline, nous nous efforcerons de  tenir ensemble histoire internaliste et histoire externaliste. Il s’agira ainsi de prendre en compte dans un même mouvement les dispositifs sociaux et institutionnels (statuts ; liens interpersonnels ; dispositifs de production, de discussion ou de confrontation ; formes de sociabilité, etc.) et les productions qui leur sont liées.


Les thématiques proposées pour la première année de ce séminaire intégreront notamment les questions suivantes : les statuts sociaux des intellectuels et des artistes, la façon dont les acteurs et les historiens envisagent, découpent et donnent sens aux communautés scientifiques, intellectuelles ou artistiques. Il s’agira dès lors de déployer une approche critique des notions de 'république des lettres' et des « mondes de l’art ».

Aires culturelles : Europe,

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Histoire - Problèmes généraux

Intitulé général : Sociologie et histoire des formes et des dispositifs culturels

Renseignements : EHESS-Marseille, Laure Ginod

Direction de travaux d'étudiants : Jean Boutier et Emmanuel Pedler

Réception : Lundis de 14h à 18h

Adresse(s) électronique(s) de contact : emmanuel.pedler(at)univmed.fr

Compte rendu

Ce nouveau séminaire se propose de mettre à la discussion une approche croisée – historique et sociologique – de l’histoire intellectuelle et artistique ainsi que de l’histoire des sciences. Il s’est ouvert par la présentation des cadres d’analyse proposés par Jean Boutier et Emmanuel Pedler pour explorer à nouveaux frais l’émergence et la dissémination du violon moderne. Les références, empruntées à l’histoire des sciences, à l’histoire culturelle, à la sociologie wébérienne de la culture, aux travaux musicologiques – en particulier aux contributions parues dans la revue Early Music – ont été discutées afin de faire travailler ensemble les démarches internalistes et externalistes, en prenant en compte dans un même mouvement des dispositifs sociaux et institutionnels (statuts ; liens interpersonnels ; dispositifs de production, de discussion ou de confrontation ; forme de sociabilité, etc.) et les productions qui leur sont liées. Le formatage violonistique – que révèlent les traités et méthodes d’instruments –, orienté par la théorie de la « juste intonation », a été la première thématique abordée. Il a été question de l’histoire de la théorie et en particulier de la façon dont Helmholtz l’a réélaborée à partir de recherches physiques et acoustiques à la fin du XIXe siècle, mais également des pratiques professionnelles et amateures afin de saisir comment et jusqu’à quel point la rationalisation des échelles musicales a affecté la définition culturelle de ce que sont un violon et un violoniste. La seconde thématique a porté sur les transformations du métier de violoniste entre les XVIe et XVIIe siècles. L’ouvrage majeur de Peter Holman sur l’histoire sociale de la pratique violonistique à la Cour d’Angleterre a permis de fixer quelques jalons de cette histoire et de les discuter dans une perspective comparative, à l’échelle de l’Europe. Le séminaire s’est poursuivi autour d’une mise à l’épreuve des modèles descriptifs proposés par la musicologie pour rendre compte des changements culturels et musicaux survenus dans la deuxième moitié du XVIIe siècle en Italie. Les ouvrages consacrés à Corelli – Pincherle, Allsop, Privitera, notamment – ont été discutés afin de faire apparaître ce que sont les problématiques spécifiques des sciences sociales. La dissémination de l’œuvre de Corelli, de ses performances, de ses enseignements et de ses élèves dans toute l’Europe au tournant du XVIIIe siècle a donné matière à un premier bilan afin de décrire la manière dont les formes culturelles font trace, sont réappropriées et/ou réinventées dans des univers culturels variables.

Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.

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