S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
1er, 3e et 5 vendredis du mois de 9 h à 11 h (salle 830, 54 bd Raspail 75006 Paris), du 7 novembre 2008 au 19 juin 2009. La séance du 21 novembre est avancée au 14 novembre. Pas de séance le 5 décembre
Le séminaire continuera notre travail de défrichage et de reconstitution de l’histoire des relations ambigues, complexes et diverses de l’etat impérial et soviétique à la diversité religieuse de son territoire. L’historiographie récente a depuis 1991 donné lieu à un certain nombre de travaux renouvelant l’image trop partielle d’un État impérial en lutte constante contre les religions non orthodoxes et d’une URSS sans politique religieuse, si ce n’est dans sa volonté d’éradication. Il s’agit de saisir à la fois les histoires des différents cultes et les aspects en particulier sociaux d’une organisation par l’État des communautés religieuses. Les formes de reconnaissance, d’adaptation et d’instrumentalisation par l’État de la grande diversité des communautés et réseaux religieux sur un immense espace ont été peu analysées, alors même que ces derniers — et les administrateurs de l’État en étaient conscients — avaient accès et influencés une population encore peu intégrée, très largement croyante au moins pour la première moitié du XXe siècle.
Le séminaire a pour objectif majeur de démontrer l’importance du fait religieux comme élément capable de structurer le social, en étudiant les relations entre l’État et les religions. Il permettra de mieux comprendre le rôle encore largement occulté dans l’histoire de l’URSS de formes de regroupements d’individus plus ou moins autonomes et variablement institutionnalisés. En s’intéressant aux interactions de ces derniers avec l’État dans son rôle d’organisateur, de censeur, nous continuerons de réfléchir à la nature de l’État impérial et soviétique. Parallèlement, notre intérêt portera sur le comportement social du croyant dans ce qu’il dit du rapport au pouvoir politique dans un contexte autoritaire. Le séminaire s’organisera autour de la lecture d’articles et d’ouvrages récents et d’un travail sur les archives permettant d’ouvrir des voies méthodologiques nouvelles permettant d’ appréhender autrement l’histoire des religions en URSS et de faire entrer l’espace russe dans une histoire plus globale du fait religieux au XXe siècle.
7 novembre 2008 : Elena Campbell (Washington University), « La question musulmane comme problème religieux dans l’empire russe tardif». L’intervention se fera en anglais.
14 novembre 2008 : Elena Campbell (Washington University), « Pélerinages musulmans à la fin de l’empire russe ». L’intervention se fera en anglais.
19 décembre 2008 : Autour des sectes dissidentes et colonisatrices. Le cas des sectes dans le Caucase à la fin XIXe siècle. Lecture : Nicholas B. Breyfogle, “Caught in the Crossfire ? Russian Sectarians in the Caucasian Theater of War”, Kritika, vol 2-4, 2001,
16 janvier 2009 : Les limites de la sécularisation orthodoxe : les popovchini à la fin de l’Empire russe. Lecture : Laurie Manchester, “The Secularization of the Search for Salvation : the Self —Fashioning of Orthodox Clergymen’s Sons in Late Imperial Russia”, Slavic Review, vol 57-1, spring 1998, p 50-76
30 janvier 2009 : Le renouveau de l’orthodoxie dans l’ère révolutionnaire : spiritualité et protection sociale. Lecture : Vera Shevzov, « Chapels and the Ecclesial World of Prerevolutionary Russia”, Slavic Review, vol. 55-3, autumn 1996, p 585-613
6 février 2009 : Laura Pettinaroli (école française de Rome), “Le catholicisme en Russie (1905-1939): question interne ou enjeu de politique étrangère? »
La suite du programme sera précisée ultérieurement
Mots-clés : Histoire,
Aires culturelles : Russie,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Europe - Europe centrale et orientale
Intitulé général : L’empire et les politiques des langues dans l’empire de Russie et en URSS, 1860-1990
Renseignements : Juliette Cadiot, 54 bd Raspail, 75006 Paris, 824, 06 66 98 30 71
Direction de travaux d'étudiants : Vendredi 9h-17h sur RDV
Réception : vendredi 9h-17H sur RDV
Niveau requis : Connaissances en histoire
Site web : http://cercec.ehess.fr
Adresse(s) électronique(s) de contact : cadiot(at)ehess.fr
Notre séminaire de recherche sur l’administration des cultes dans l’empire de Russie et en URSS s’est inscrit dans la poursuite des travaux effectués l’an dernier. Nous avons en particulier approfondi notre étude des formes de compréhension et d’organisation par l’État des diverses confessions (les orthodoxes, les musulmans, les juifs, les catholiques, les sectes religieuses chrétiennes). Par ailleurs, en nous arrêtant sur la période pré révolutionnaire, nous avons introduit la comparaison entre les formes de spiritualité populaire propres à l’orthodoxie (culte des icônes miraculeux, construction des chapelles, culte marial) et celles produites par d’autres religions (pèlerinages musulmans, hassidisme). Nous avons étudié non seulement les liens entre les institutions orthodoxes et les formes d’organisation des autres confessions (par exemple à travers l’étude du département des affaires spirituelles des cultes étrangers ou encore des demandes et exigences des musulmans pendant la révolution), mais la diversité des questions institutionnelles que les églises ont eu à affronter (la place des clercs par rapport aux laïcs, le succès des mouvements baptistes et pentecôtistes à la fin de l’empire). Notre réflexion sur les sectes a permis de montrer combien ces dernières, bien que reléguées par l’empire en ses marges, ont joué un rôle crucial dans l’intégration des nouveaux territoires et combien ces populations marginalisées et expulsées du cœur territorial en sont devenues les agents dans les espaces nouvellement conquis. Nos séances concernant la période soviétique se sont intéressées plus spécifiquement à la question des diverses campagnes anti religieuses (confiscation des biens de l’Église en 1922, collectivisation) et à la matérialité des opérations de prédation (inventaires, saisies des biens matériels…). L’État soviétique a permis à des formes de religiosité plus populaires, hors des églises, de s’épanouir un temps, voire a contribué à ce phénomène en déstructurant leur tissu, laissant les laïcs à leur sort. Mais par ailleurs il les a réinstitutionnalisé, notamment sous la NEP (Nouvelle politique économique) et à partir de la Seconde Guerre mondiale, en leur assignant une place définie, en lien avec leur dimension internationale, mais aussi en les aidant à lutter contre des formes de religiosité plus hétérodoxes. À travers l’analyse des archives, nous nous sommes penchés sur la question de l’existence d’une politique religieuse soviétique, en nous intéressant aux tentatives de recours des croyants à l’État (plaintes, lettres, dénonciations des malversations). Nous avons étudié combien ces interventions ont infléchi les politiques vers la tolérance ou encore vers la reprise de la répression. Nous avons enfin souligné la dimension multiconfessionnelle de ces dynamiques d’institutionnalisation, mais aussi des résistances en interrogeant comment le centre réfléchit à une ou des politiques religieuses et comment les institutions religieuses et les croyants eux-mêmes se positionnent, comprennent et tentent d’infléchir les politiques d’État. Le lien constitué historiquement dans l’empire russe entre appartenances confessionnelles et identification ethnique nous a permis d’inscrire les dynamiques confessionnelles dans des configurations sociales et politiques dont les rapports coloniaux et ethniques ne sont pas absents. Ainsi notre étude des faits religieux dans l’empire de Russie et en URSS a participé à notre réflexion sur l’empire comme forme d’organisation politique particulière de sociétés composites.
Publication
• CK RKP (b)-VKP (b) i nacional’nyj vopros (1933-1945) (TsK RKP (b)-VKP (b) et la question nationale, 1933-1945), vol. 2, en collaboration avec L.-S. Gatagova, L.-P. Kosheleva, L.-A. Rogovaja, Rosspen, Moscou, 2009.
Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.
EHESS (Siège)
190-198 avenue de France
75244 Paris cedex 13
Tél : 01 49 54 25 25