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Jeudi de 14 h à 17 h (EHESS-Marseille, centre de la Vieille-Charité, 2 rue de la Charité 13002 Marseille), du 19 février 2009 au 16 avril 2009
Ce séminaire de recherche entend rendre compte des transformations récentes de l’État en Afrique, en prenant comme point de départ les recompositions sociales et politiques à l’œuvre dans plusieurs espaces étatiques d’Afrique de l’Ouest. Il s’appuie sur des enquêtes, récentes ou en cours, axées sur les relations entre agents de l’État et usagers, les mécanismes de la « petite corruption », les nouvelles formes de production de services et biens publics, les réformes de l’administration locale. Une partie du cours sera consacrée à l’analyse du devenir et du fonctionnement quotidien du corps des Eaux et Forêts au Niger et au Sénégal. Tant les travaux classiques sur le néopatrimonialisme que les approches normatives de la « bonne gouvernance » nous semblent inadéquats dans l’analyse de configurations originales où s’entremêlent émergence de nouveaux espaces publics et formes de privatisation informelle de l’État, multiplication d’institutions à caractère non gouvernemental et nouvelles formes d’exclusion sociale et politique.
2 avril 2009 : Eric Hahonou (Univ. de Roskilde), enseignant-chercheur invité à l'EHESS, "L'État local face aux réformes des services d'alphabétisation au Niger"
Mots-clés : Anthropologie, Politique,
Aires culturelles : Afrique,
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Intitulé général : Anthropologie politique de l’État local en Afrique subsaharienne
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous
Réception : sur rendez-vous
Site web : http://shadyc.ehess.fr/document.php?id=53
Adresse(s) électronique(s) de contact : giorgio.blundo(at)univmed.fr
Ce séminaire suit l’évolution d’une recherche comparative en cours sur le corps des Eaux et Forêts au Niger et au Sénégal. En prenant comme objet d’analyse un service administratif peu étudié en dépit de l’ancienneté de son implantation en Afrique de l’Ouest – les services forestiers ont pendant longtemps représenté, avec les services de l’hygiène, une des rares manifestations de la présence étatique en milieu rural – le séminaire a fourni les éléments théoriques et méthodologiques pour l’étude du fonctionnement quotidien d’une administration publique concrète.
Le parti pris d’observer l’État africain « par le bas » – sans pour autant restreindre l’analyse aux seules dynamiques locales – prend sa naissance d’un double constat. Si la science politique africaniste a privilégié l’étude des élites dominantes et de la nature de l’État en Afrique, s’enlisant par moments dans des approches normatives et culturalistes, l’anthropologie politique s’est focalisée sur les attentes, les représentations et les imaginaires locaux de l’État, reléguant au second plan l’ethnographie du fonctionnement routinier de l’administration, de ses arrangements quotidiens avec les citoyens, des cultures professionnelles des fonctionnaires.
Au fil des séances, l’analyse des dynamiques de recrutement et d’avancement, des relations avec les usagers de l’administration, de la corruption érigée en mode de gouvernance du service, s’est appuyée sur les contradictions qui traversent ce corps récemment investi par des réformes, apparemment contradictoires, de décentralisation et de militarisation : la coexistence d’une administration « traditionnelle », dépourvue de moyens et condamnée à la débrouille ou à l’inactivité, avec une administration des « projets », qui offre à ses agents de meilleures conditions de travail ainsi que des revenus complémentaires ; la conciliation problématique d’un rôle de protection des ressources environnementales s’appuyant sur la répression avec un nouveau rôle « participatif », inauguré par les nouvelles réformes de décentralisation ; la forte politisation et les pressions exercées par des réseaux partisans, clientélistes et économiques ; les difficultés quotidiennes dans l’application du code forestier.
En somme, il a été question d’appréhender et d’interpréter les stratégies d’adaptation des services forestiers aux nouvelles contraintes politiques et institutionnelles, le fonctionnement « réel » du corps, au-delà des organigrammes et des règlements, ainsi que les interactions avec les acteurs privés de la filière forestière, pour déboucher sur les traits principaux de la culture professionnelle d’un service administratif en pleine évolution.
Invité par l’Institut für Ethnologie und Afrikastudien de l’Université de Mayence, j’ai exposé ce programme de recherche avec une conférence sur « État, bureaucratie et environnement. Ethnographie des services forestiers en Afrique de l’Ouest », le 3 février 2009. Les enquêtes sur les services forestiers se sont poursuivies en juillet 2009 au Sénégal, dans le cadre d’un programme comparatif intitulé « Power and politics in Africa » (2007-2010), conduit par un consortium de recherche dirigé par l’Overseas Development Institute (ODI) de Londres et réunissant le SHADYC-Centre Norbert Élias, l’Université de Floride, la SOAS (Londres), le LASDEL (Niamey), ainsi que des centres de recherche basés au Ghana et en Afrique du Sud.
Publications
• Avec P.-Y. Le Meur, The governance of daily life in Africa. Ethnographic explorations of public and collective services, Leyde, Brill, 2009.
• Avec P.-Y. Le Meur, « An anthropology of everyday governance : Collective service delivery and subject-making », dans The governance of daily life in Africa. Ethnographic explorations of public and collective services, op. cit., p. 1-37.
• « Des ordures et les hommes : la gouvernace de l’assainissement à Dogondoutchi », dans Les pouvoirs locaux au Niger. Tome I : À la veille de la décentralisation, sous la dir. de J.-P. Olivier de Sardan et M. Tidjani Alou, Paris, CODESRIA-KARTHALA, 2009, p. 113-150.
Dernière modification de cette fiche : 1 avril 2009.
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