S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
Mercredi de 17 h à 19 h (salle 8, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 12 novembre 2008 au 17 juin 2009. La séance du 28 janvier est annulée
On étudiera ici la façon dont a été reçue et interprétée en France la Shoah, particulièrement sur le cas de la philosophie. Mais celle-ci ne sera jamais deconnectée de la culture française au sens plus général, afin de comprendre la dynamique et les enjeux successifs de cette réception. Principaux philosophes étudiés: Karl Jaspers, Max Picard, Jean-Paul Sartre, Gabriel Marcel, Emmanuel Lévinas, Vladimir Jankélévitch, Paul Ricoeur.
Mots-clés : Philosophie,
Aires culturelles : France,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (hebdomadaire)
Domaine de l'affiche : Philosophie et épistémologie
Intitulé général : Histoire politique et culturelle de la philosophie moderne
Renseignements : Marie-Madeleine Paccaud, paccaud(at)ehess.fr
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous le mercredi de 16 h à 17 h
Réception : sur rendez-vous le mercredi de 16 h à 17 h
Niveau requis : nécessité d'un projet écrit d'une dizaine de pages
Site web : http://crpa.ehess.fr
Adresse(s) électronique(s) de contact : azouvi(at)ehess.fr
Il s’agissait de faire le bilan des années 1945-1950 quant à la façon dont, en France, l’extermination des Juifs a été reçue, pensée, interprétée. L’opinion reçue, tout au moins depuis les années 1980, tient pour acquis que cette extermination a été « occultée », « refoulée », noyée dans la masse des exactions commises par les nazis. On a essayé de montrer que cette interprétation procède d’une lecture anachronique et rétrospective de l’histoire, lecture nourrie par la situation contemporaine de ce que nous appelons Shoah.
Lus sans présupposer notre présent, les textes de l’époque délivrent une tout autre leçon que celle qu’on croit.
Sans doute, l’extermination des Juifs n’a-t-elle pas pénétré dans la conscience commune au lendemain de la guerre. Mais il en va tout autrement des élites. Chez elles, la prise de conscience de l’événement spécifique de l’extermination des Juifs a suscité des réactions dont le nombre, la précocité, l’ampleur, sont au contraire ce qui frappe. Dans ce concert de voix, il est frappant que ce soient les chrétiens qui aient été les plus précoces et les plus empressés. Pour deux raisons au moins : parce qu’ils disposent d’une grille conceptuelle pour lire les événements – l’outillage de la christologie et le schéma mort-résurrection ; mais aussi parce que s’accomplit chez eux ce que j’appellerai un travail de la honte, comme on parle d’un travail de deuil. Claudel, Maritain, Mauriac, Fumet, Mounier, même Gabriel Marcel, Madaule, pour ne citer qu’eux, développent une ample réflexion sur le génocide. Les protestants ne sont pas en reste, avec Charles Westphal, J.-J. Bovet et d’autres.
On a aussi procédé indirectement pour mesurer l’ampleur de cette prise de conscience : par un certain nombre d’événements historiques et/ou intellectuels dont la survenue ne peut pas s’expliquer sans la pénétration, déjà effective, de la conscience du génocide. Ces événements sont : la naissance du négationnisme, les premiers travaux de l’Amitié judéo-chrétienne et la Conférence de Seelisberg, les mouvements de l’opinion au moment de l’affaire d’Exodus et de la création de l’État d’Israël.
Enfin, on a suivi l’ample production romanesque et cinématographique qui contribue à faire entrer, progressivement, dans la conscience commune l’idée de la spécificité du massacre des Juifs.
Dernière modification de cette fiche : 28 janvier 2009.
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