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Jeudi de 15 h à 17 h (salle 10, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 6 novembre 2008 au 5 février 2009. La séance du 5 février se déroulera en salle 7. La séance du 29 janvier est annulée
Nous poursuivrons notre exploration du corpus des œuvres sociopolitiques de Freud et des textes métapsychologiques qui les éclairent, en nous centrant, cette année, sur la question du sentiment social dans la pensée freudienne, et en mettant en perspective cette approche avec les réflexions scientifiques, philosophiques et psychanalytiques contemporaines sur l’intersubjectivité ou l’empathie. Nous nous intéresserons, en particulier, au cas de l’autisme comme révélateur a contrario des étapes de la subjectivisation et de la socialisation humaines. L’ensemble de notre démarche se situe dans une réflexion plus générale sur le destin de l’Eros dans la culture et sur les équilibres civilisationnels.
Jeudi 5 février 2009 : Henri Rey-Flaud, "L'énigmatique refus de l'enfant autiste", psychanalyste, professeur à l’Université Paul-Valéry de Montpellier, directeur de projet à l’Institut des hautes études en psychanalyse (IHEP). Auteur de L'enfant qui s'est arrêté au seuil du langage. Comprendre l'autisme (Aubier, 2008)
Mots-clés : Anthropologie, Culture, Philosophie, Politique, Psychanalyse, Sociologie,
Aires culturelles : Transnational/transfrontières,
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Philosophie et épistémologie
Intitulé général : Psychanalyse et politique
Renseignements : Marie-Madeleine Paccaud, CRPRA, 105 bd Raspail 75006 Paris, tél : 01 53 63 51 48
Direction de travaux d'étudiants : après le séminaire
Site web : http://crpra.ehess.fr
Adresse(s) électronique(s) de contact : paccaud(at)ehess.fr
Nous avons poursuivi notre exploration du corpus des œuvres sociopolitiques de Freud et des textes métapsychologiques qui les éclairent, en nous centrant, cette année, sur la question du sentiment social dans la pensée psychanalytique, dans une perspective de synthèse des séminaires que nous avons menés depuis plusieurs années sur « Les sentiments sociaux et politiques » et sur le rapport entre « Psychanalyse et politique », et dans le cadre d’une réflexion plus générale sur le destin de l’Éros dans la culture et sur les équilibres civilisationnels.
Il s’agissait d’abord de synthétiser la théorie sociale de Freud, par une nouvelle mise en relation des textes, tout en soulignant le fait que le concept de narcissisme primaire est, paradoxalement, la pierre d’angle de cette vision d’une « insociable sociabilité ». Nous avons considéré parallèlement les réflexions scientifiques contemporaines sur le « cerveau social », tant en neurosciences, avec les nombreux travaux actuels sur l’empathie comme modèle du développement de l’intersubjectivité, qu’en psychologie du développement, avec les théories de l’attachement, réflexions qui ont toutes en commun de mettre en avant l’équipement apporté par l’évolution à l’être humain en matière de capacités de communication et de relation avec autrui, et la précocité de ces capacités sociales – voir les travaux sur les « compétences » du nourrisson. En quoi ces théories contredisent-elles réellement la perspective psychanalytique classique ? Peut-on raisonnablement se passer de l’hypothèse du narcissisme primaire, comme y invitent certains des représentants de ces sciences expérimentales et même certains psychanalystes ? Ne faut-il pas plutôt établir une distinction entre les interactions réelles du petit d’homme avec son entourage et les relations, nécessairement fantasmées, avec cet entourage ?
Nous avons davantage cherché à laisser émerger les questions, poser les termes du débat, redéfinir ce qui fait la spécificité de l’approche analytique, qu’à apporter immédiatement des réponses, dans un champ idéologiquement chargé. Avec, comme projet, d’explorer toujours plus avant les strates archaïques de la psyche. L’exposition du musée Rodin « La passion à l’œuvre. Freud et Rodin collectionneurs » (oct. 2008 - fév. 2009), visitée avec les étudiants, nous a servis de fil conducteur pour la démarche proprement « archéologique » de ce séminaire de recherche.
Nous nous sommes intéressés, in fine, au cas de l’autisme comme révélateur a contrario des étapes de la subjectivisation et de la socialisation humaines. Nous nous sommes appuyés tout spécialement sur les récents travaux d’Henri Rey-Flaud (L’enfant qui s’est arrêté au seuil du langage. Comprendre l’autisme, Aubier, 2007), qui propose une nouvelle approche psychanalytique de la question, en intégrant à la théorie freudienne du développement psychique et des représentations et à sa version lacanienne, les éléments empiriques et théoriques apportés par la clinique anglo-saxonne héritière de Mélanie Klein, de Bion et de Winnicott. Une séance finale où Henri Rey-Flaud est venu présenter ses travaux a permis un dialogue avec lui sur ces questions complexes et aujourd’hui aussi fondamentales pour la théorisation de l’appareil psychique et la compréhension du social et de la culture que le fut jadis l’hystérie.
Publication
• « Shiminken to Shûkyô-Tocqueville teki Shiza. », dans Tocqueville to Démocratie no Genzai, sous la dir. de Shigeki Uno, Reiji Matsumoto et Nobutaka Miura, Tokyo Daigaku Shuppankai, Presse Universitaire de Tokyo (Actes du colloque international de Tokyo « La France et les États-Unis, deux modèles de démocratie ? » du 10-12 juin 2005, traduction par Yuji Takayama).
Dernière modification de cette fiche : 28 janvier 2009.
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