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2e et 4e vendredis du mois de 13 h à 15 h (salle Alphonse-Dupront, 10 rue Monsieur-le-Prince 75006 Paris), du 9 janvier 2009 au 12 juin 2009. La séance du 22 mai est reportée au 29 mai
Le séminaire sera consacré au rôle des savoirs missionnaires dans la constitution de l’histoire des religions à l’époque moderne. Il s’appuiera sur la présentation des recherches en cours et des apports de l’historiographie.
Au tournant du XVIIe siècle, le discours sur la religion se transforme de manière radicale. Et les historiens qui ont récemment étudié ce changement de cap ont souligné l’importance d’une perspective « comparative » des religions. Cette dernière est étroitement associée à l’expansion ibérique, aux études philologiques, aux expériences « ethnographiques » et à la compétition entre catholiques et protestants en Europe et dans les colonies. La naissance de l’approche « scientifique » des religions est cependant attribuée aux efforts de systématisation et d’objectivisation des savants protestants de pays comme l’Angleterre et la Hollande.
En revisitant les différents champs de missions de l’époque moderne sous le contrôle des monarchies ibériques pour la plupart, nous explorerons la richesse des documents missionnaires pour mettre en lumière les conditions de l’émergence de l’histoire de la religion et la découverte de la pluralité des religions.
9 janvier 2009 : Jacques Revel (EHESS), « Comparer les religions au début du XVIIIe siècle »
23 janvier 2009 : Silvia Sebastiani (EHESS), « Le ministre presbytérien et le jésuite missionnaire : deux « histoires » de l’Amérique pour l’Europe des Lumières »
13 février 2009 : Pierre-Antoine Fabre (EHESS) et François Trémolières (Université Paris Ouest-Nanterre La Défense), « L'image en mission : le dossier des "taolennou" de Michel Le Nobletz (1625-1639) »
6 mars 2009 : Ines G. Zupanov, « La secte de Buddha ; L’orientalisme Jésuite en Asie »
13 mars 2009 : Charlotte de Castelnau, « L’athéisme des sauvages. Les jésuites et la religion des Tupi-Guarani »
27 mars 2009 : Bernard Heyberger (Université de Tours/EPHE), « Islam des missions catholiques, au Moyen-Orient, XVIIe siècle »
10 avril 2009 : Loubna Khayati (Université Paris IV-Sorbonne), « Un aspect de l'historiographie musulmane au XVIIe siècle: savoirs missionnaires et détournements libertins »
15 mai 2009 : Joan Pau Rubiés (London School of Economics), « Ancient history, primitive religion and the crisis of biblical chronology »
29 mai 2009 : Loubna Khayati (Université Paris IV-Sorbonne), « Un aspect de l'historiographie musulmane au XVIIe siècle: savoirs missionnaires et détournements libertins »
5 juin 2009 : Bernadette Majorana (Université de Bergamo), Titre à confirmer.
12 juin 2009 : Marie-Lucie Copete, « L'École de Salamanque (de Vitoria à Suarez) et les missions »
Mots-clés : Histoire, Religieux (sciences sociales du),
Aires culturelles : Ibérique (monde),
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous
Réception : sur rendez-vous
Site web : http://www.ehess.fr/html/html/CEN_1_3.html
Adresse(s) électronique(s) de contact : care(at)ehess.fr, zupanov(at)ehess.fr
L’objet de notre séminaire fut d’ouvrir un nouveau dossier dans le cadre de nos recherches sur la culture missionnaire dans le monde ibérique à l’époque moderne (XVIe-XVIIIe siècle). Au centre de cette réflexion nouvelle se situe le rôle des savoirs missionnaires dans la constitution de l’histoire des religions. En revisitant les différents champs de missions de l’époque moderne sous le contrôle des monarchies ibériques et de la France, nous nous sommes intéressés à des documents missionnaires afin de mettre en lumière les conditions de l’émergence de l’histoire de la religion et la découverte de la pluralité des religions.
Le premier séminaire a été consacré par Jacques Revel à Bernard Picart et à son œuvre Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde (1723-1743). Silvia Sebastiani a montré, lors du séminaire suivant, comment une tradition historiographique jésuite (notamment celle de F.-X. Xavier Clavijero au Mexique) fut appropriée et fondue dans la tradition historiographique des Lumières écossaises de W. Robertson et puis dans l’Encyclopaedia Britannica.
Nous avons élargi le débat cette année vers les missions dans le Moyen-Orient grâce à deux communications. Bernard Heyberger nous a présenté l’acquisition et la dissémination du savoir missionnaire sur l’islam dans l’empire Ottoman (XVIIe siècle). Loubna Khayati, dans le séminaire suivant, a retracé l’histoire d’un changement de conception de l’Islam au XVIIIe siècle (à l’époque des Lumières) en analysant en particulier la place qu’y occupèrent les libertins. Elle a démontré que même si la connaissance de l’islam s’est développée au XVIIIe siècle, c’est dans la première moitié du xviie siècle qu’est intervenue une rupture avec la tradition d’apologétique chrétienne. La subversion libertine de la tradition religieuse se trouvait à l’origine de cette rupture.
À partir des sources missionnaires et la littérature anthropologique du XXe siècle, Charlotte de Castelnau-l’Estoile s’est interrogée sur le statut de la religion des « sauvages brésiliens ». Un missionnaire jésuite de Paraguay, Montoya, proposa, au milieu du XVIIe siècle, une théorie de l’athéisme indien dans un texte inédit jusqu’au XXe siècle. De l’autre coté du Globe, certains missionnaires jésuites proposèrent également la thèse de l’athéisme pour les bouddhistes et les brahmanes. Dans sa présentation sur Thomas Pereira, un jésuite portugais à la cour de Beijing dont le traité sur le bouddhisme chinois fut incorporé dans un traité sur le bouddhisme singhalais, Ines Županov a montré que les jésuites avaient déjà en XVIIe siècle identifié le Bouddhisme comme une religion pan asiatique.
L’avant dernier séminaire, animé par Joan Pau Rubiés, brossa un tableau très large de l’effet des rencontres culturels, notamment les voyageurs qui traversaient le globe, sur le développement des Lumières. La dernière séance a été consacrée à un dossier des images préparé pour la prédication en Bretagne en XVIIe siècle par Michel Le Nobletz (1625-1639) ». À deux voix Pierre-Antoine Fabre et François Tremolières nous ont présenté les premiers résultats de leur recherche.
Dernière modification de cette fiche : 15 juin 2009.
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