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Domaine de l'affiche : Archéologie
Intitulé général : Archéologie et espaces (protohistoire, Antiquité)
Adresse(s) électronique(s) de contact : philippe.boissinot(at)free.fr, philippe.boissinot(at)ehess.fr
Les séances de cette année ont été consacrées aux possibilités d’application des concepts d’identité et d’acculturation à propos de la situation coloniale du Midi de la France durant tout l’âge du Fer. La question des identités a été posée à partir du cas des Elysiques, peuplade du premier âge du Fer dont l’existence est connue en Languedoc à partir de quelques rares mentions de la littérature antique, pour lesquels l’archéologie restitue un territoire hypothétique à partir d’une simple cartographie des faits culturels, en développant une argumentation fondée sur une doxa culturaliste quelque peu éculée. Une deuxième enquête a concerné le peuple salyen, d’époque plus récente et centré sur la Provence occidentale, dont l’espace est cette fois restitué à partir d’une analyse régressive de la situation romaine, ce qui n’est pas sans poser de nombreux problèmes, cette dernière se réalisant dans un cadre étatique étranger au contexte antérieur que l’on voudrait étudier. Il ressort de ces cas emblématiques que l’on ne peut avancer sur ces questions ethniques qu’en prenant en compte la dimension interactive des sociétés concernées, qui, si elle n’était pas fondamentalement dissymétrique et lacunaire (cas de la Protohistoire et, a fortiori, de la Préhistoire), permettrait de nous inscrire également dans une chaîne de relationshumaines et, à partir de là, d’aborder avec plus d’assurance l’ensemble de ce problèmes identitaires – cas emic bien entendu, car il est toujours possible de produire un savoir etic à partir des traces mises au jour. Le concept d’acculturation, et plus particulièrement l’acception défendue par R. Bastide, permet une bonne description de ces relations en situation coloniale, qu’il s’agisse de Etrusques et des Grecs d’abord, puis des Romains ; cependant, il ne s’applique avec un certain bénéfice que lorsque les populations mises en présence sont suffisamment éloignées du point de vue culturel et technologique, les situations hybrides étant particulièrement difficiles à démêler. On peut toutefois reconnaître, comme l’avait souligné l’anthropologue des amériques noires, que le domaine du symbolique est celui où les transferts sont les plus lents et les plus problématiques.
Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.
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