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1er et 3e mercredis du mois de 18 h à 20 h (salle 215, 54 bd Raspail 75006 Paris), du 19 novembre 2008 au 3 juin 2009
En poursuivant le séminaire de l’année dernière, le séminaire de cette année se consacrera plus particulièrement à explorer la notion de « transfert culturel » en matière des techniques appliquées pour la formation du territoire national au XIXe siècle, d’une part, et l’aménagement du territoire de l’État consolidé au XXe siècle, d’autre part. En partant du cas de la fondation de l’État grec, au XIXe siècle. (1830), nous étudierons la circulation des savoirs et savoirs-faire des ingénieurs, architectes à travers l’Europe et la manière dont ils sont reçus et appliqués dans un pays, ancienne province de l’Empire ottoman. Si l’introduction de nouvelles cultures techniques de l’Europe occidentale pour fabriquer et gérer l’espace est considérée comme une rupture, comment comprendre les continuités qui persistent en matière d’usage de l’espace et parfois de sa recomposition ? Pour l’étude de cette première période nous puiserons dans des sources comme les plans des villes nouvelles, des lois et des règlements pour la formation de l’espace ainsi que les discours sur la modernisation à travers des textes fondamentaux des acteurs (politiques, techniciens, architectes, ingénieurs etc.) et la presse de l’époque.
Dans un deuxième temps nous explorerons les évolutions et glissementsqu’on constate au XXe siècle, à partir de l’apparition des théories urbaines et de l’urbanisme comme action dans des pays comme la France, l’Allemagne, l’Italie etc. et leurs répercussions dans des pays, comme la Grèce et, en partie, la Turquie, pays qui en même temps qu’ils importent les principes des Mouvements Modernes (Le Corbusier, Bauhaus etc.) ils développent simultanément leurs propres types d’urbanisation et de « styles » architecturaux. La comparaison de ces deux périodes permettra d’étudier le « transfert culturel », en matière d’urbanisme, non pas comme une catégorie générale atemporel, mais situé dans l’histoire pour insister sur le fait qu’il s’agit de transferts culturels pluriels, qui à chaque cycle historique changent de nature en fonction des techniques mais aussi des idéologies sur les techniques.
Au premier semestre le séminaire s’appliquera à étudier la première période de la fondation de l’État à sa consolidation. Quelles sont les visions des différents acteurs étrangers, politiques bavarois, architectes, ingénieurs, archéologues allemands, français et grecs hétérochtones formés en France, en Allemagne, en Italie pour la fondation du territoire national ? Comment est perçu et reçu le modèle qu’ils proposent ou appliquent par les autochtones ? Comment se même modèle s’adapte-t-il, sous peine de devenir inopérant, en Grèce même ?
Au second semestre le séminaire se propose de traiter ce que nous considérons comme la deuxième période de consolidation de l’État et du territoire national. La démographie qui entraîne l’urbanisation galopante, fait naître le besoin d’un aménagement et d’une gestion du territoire et des villes « rationnelle » et « raisonnée ». Cette période correspond avec l’apparition de l’urbanisme comme action, de l’architecte-urbaniste comme compétence et métier ainsi que la création des structures de gestion spécifiques. Comment les modèles urbains et architecturaux des Mouvements Modernes ainsi que les techniques et matériaux qu’ils privilégient (par exemple le béton) sont reçus comme une nouvelle manière de faire et habiter l’espace ? À travers l’étude de l’établissement de l’urbanisme moderne et son introduction en Grèce du XXe siècle, on élargira alors la problématique sur la « modernité » en tant qu’établissement d’une nouvelle rationalité (ou irrationalité ?), questions qui concernent aussi nos temps contemporains.
Premier cycle (du 19 novembre 2008 au 18 février 2009) : à partir d’une approche comparative, nous explorerons la formation/fondation des villes capitales en rapport avec la fondation des États nations. Partant du cas d’Athènes, capitale de l’État néohellénique (1833) et ses modèles (Berlin,
Munich, Paris, Rome etc.) nous approfondirons la question du plan et de la forme urbaine (projet), comme interaction entre les différentes idéologies urbaines, les compétences, les techniques et les stratégies des acteurs.
Second cycle (4 mars au 3 juin) : il sera consacré à la mutation de la ville à la métropole. Quelle est la place spécifique des théoriciens, des historiens et du projet des architectes-urbanistes par rapport aux mutations spatiales ? Des chercheurs invités développerons des thèmes de
l’historiographie sur les théories et doctrines urbaines du XXe siècle.
Séances
19 novembre : Introduction. La ville capitale du XVIIIe siècle : un débat politique. L’« animal vorace » de Diderot. La Ville contre la Cité (démocratique) de Rousseau
3 décembre : Naissance de l’urbanisme néoclassique allemand. Le cours d’architecture de
Friedrich Weinbrenner (1766-1826), Marc Brabant, doctorant
17 décembre : L’utopie urbaine XVIIIe et XIXe s. : anti-réalité ou non-réalité ? Réflexions
à partir de L’Atlantide de Pierre Vidal-Naquet et du Projet et utopie de Manfredo Tafuri
7 janvier : Du décor d’opéra à la ville capitale du prince : K. F. Schinkel et Berlin (1800-1840)
21 janvier : Ruptures et continuités spatiales du 19e siècle. Un exemple radical : La Grèce. Du territoire de l’empire ottoman au territoire de l’État nation européen.
4 février : Transferts de techniques et de modèles urbains au XIXe s. Dessiner la ville capitale de l’Etat nation : Paris-Washington 1790, Berlin-Athènes 1833
18 février : Les perceptions de la technique en Grèce (1800-1910) et la création de l’École Polytechnique d’Athènes, G. Dertilis, directeur d’études EHESS
4 mars : L’anamorphose du monde : Cities in exhibition. Patrick Geddes, visions de la ville et de l’urbanisme, Pierre Chabard, enseignant à l’ENSA de Marnes.
18 mars :
Pierre Lavedan, L’ « histoire urbaine » et sa réception
Isabelle Grudet, laboratoire LET, ENSA Paris la Villette
1er avril : La figure du promeneur dans l'historiographie urbaine de Marcel Poëte, Steven Melemis, enseignant à l’ENSA de Grenoble
6 mai : Esthétique scientifique, architecture et techniques de suggestion autour de 1900, Estelle Thibault, enseignante ENSParis Belleville
20 mai : Éléments structurants de la ville-métropole. Théories et modèles XIXe-XXe siècles, Cristiana Mazzoni, chercheur ACS, ens. ENSA Paris Malaquais
3 juin : Construction de la forme urbaine à l’échelle métropolitaine et la « ville diffuse », Bénédicte Grosjean, ENSA Lille
Mots-clés : Histoire, Spatialisation, territoires, Urbaines (études),
Aires culturelles : Europe, Europe sud-orientale,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Europe - Monde méditerranéen
Intitulé général : Études sur la société grecque moderne et contemporaine
Renseignements : Yanis Tsiomis, ENSA Paris la-Villette, 144 rue de Flandres Paris 75019
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous
Niveau requis : ouvert aux étudiants de Master 1 et 2 et doctorat en Histoire, histoire de l’art, géographie, urbanisme, architecture. Présentation de projet de recherche.
Adresse(s) électronique(s) de contact : ytsiomis(at)ehess.fr
Lors du séminaire de cette année, nous avons continué, dans un premier temps, à explorer les ruptures et les continuités suite à la création de l’État nation et la fondation des villes capitales. La Grèce indépendante et la désignation d’Athènes comme capitale (1833) ont servi d’exemple en tant que cas extrême de passage d’un ancien régime – la Grèce, province de l’empire ottoman – à un nouveau régime radicalement différent : celui du territoire de l’État nation. À travers les ruptures de gestion, de découpages administratifs, de nouvelles techniques et de compétences importées ; à travers les continuités relatives d’acteurs impliqués, d’usages persistants et d’inerties spatiales, nous avons approfondi la notion de transferts culturels, la question des conflits d’intérêts et de la réception de modèles importés. L’an dernier à partir d’une étude exhaustive de certaines lois pour la gestion du territoire nous nous sommes penchés sur l’ampleur des transformations et mutations voulues par le législateur de la régence bavaroise (importation des modèles français et allemand). Cette année, à travers la formation en France et en Allemagne des architectes, et ingénieurs qui ont œuvré en Grèce dans le cadre de l’administration, nous avons étudié les conflits surgis avec les Grecs autochtones, comme conséquences de l’introduction de nouvelles logiques pour pouvoir fonder le territoire national, du plan de ville et du dessin comme outils (Y. Tsiomis) et de l’introduction de néologismes du vocabulaire technique (G. Dertilis). Thèmes abordés : La Grèce. Du territoire de l’empire ottoman au territoire de l’État nation ; Transferts de techniques et de modèles urbains au XIXe siècle ; Dessiner la ville capitale de l’État nation ; Les perceptions de la technique en Grèce (1800-1910) et la création de l’École Polytechnique d’Athènes. Thèmes abordés à partir des débats philosophiques et politiques sur le rôle de la ville capitale : La ville capitale du XVIIIe siècle : un « animal vorace » selon Diderot. La « Ville » contre la « Cité » selon Rousseau ; L’utopie urbaine XVIIIe et XIXe siècles : Réflexions à partir de L’Atlantide de Pierre Vidal-Naquet ; Les représentations de la ville capitale à travers l’art : K. F. Schinkel et Berlin (1800-1840) ; Naissance de « l’urbanisme néoclassique » allemand.
Dans un deuxième temps, nous avons exploré l’évolution de l’« urbanisme néoclassique », en Europe du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Les interventions de chercheurs sur les théories et des doctrines de la ville ont permis d’approfondir le couple rupture/continuité dans le cadre des mutations spatiales. Thèmes abordés : Patrick Geddes, de l’urbanisme ; Esthétique scientifique et techniques de suggestion autour de 1900 ; Pierre Lavedan, L’historiographie urbaine de Marcel Poëte ; Construction de la forme urbaine à l’échelle métropolitaine.
Par ailleurs, souhaitant manifester mon opposition aux « réformes » imposées par le ministère de la Recherche et de l’Enseignement supérieur et par celui de l’Éducation nationale concernant le statut des enseignants-chercheurs, la formation des enseignants du secondaire etc., j’ai participé, dans le cadre de mon séminaire, avec un certain nombre de collègues, à un programme alternatif de séminaires « Changeons le programme ! » qui analysait l’origine et les effets de ces « réformes » sur la place du savoir dans notre société et le rôle qu’on souhaite assigner aux chercheurs. Cette initiative se prolongera l’an prochain par un séminaire commun, intitulé : « Les politiques des sciences. Séminaire alternatif ».
Publications
• Sous la dir. de Yannis Tsiomis, Matières de villes Paris, Éditions de la Villette, 2008.
• « Regarde de tous tes yeux, regarde », dans Le Corbusier voyageur, sous la dir. de P. Grass et Th. Paquot, Paris, L’Harmattan, 2008, p. 29-59.
• « Architecture totalitaire ou discours totalitaires sur l’architecture ? », dans L’architecture des régimes totalitaires face à la démocratisation, sous la dir. d’I. Iosa, Paris, L’Harmattan, 2008, p. 32-42
• « L’architecte, un historien intuitif, l’archéologue, un architecte d’anticipation du passé », dans L’avenir du passé. Modernité de l’archéologie, sous la dir. de J.- P. Demoule, B. Stiegler, Paris, INRAP/La Découverte, 2008, p. 139-153.
• « Le Team X : contre-modèle des CIAM et nouveau modèle « hors des CIAM », dans Le Team X et le logement collectif à grande échelle en Europe : Un retour critique des pratiques vers la théorie, sous la dir. de B. Fayolle, R. Papillault, Pessac, MSHA, 2008, p. 15-26.
• « L’aporia dell’architteto : la qualità dello spazio nella città contemporanea », dans Questioni della Città contemporanea, sous la dir. de M. Marcelloni, Milan, Franco Angeli, 2007, p. 115-130.
Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.
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