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2e et 4e mercredis du mois de 11 h à 14 h (salle 830, 54 bd Raspail 75006 Paris), du 12 novembre 2008 au 10 juin 2009. La séance du 19 février se tiendra de 15 h à 19 h, salle 8, la séance du 26 février se tiendra de 15 h à 19 h, salle 9, 105 bd Raspail 75006 Paris
L’ensemble des sources connues sur l’Asie centrale, par exemple au XVIIIe siècle, les sources locales, iraniennes et ottomanes, et à travers elles l’orientalisme occidental, ainsi que les documentations russes, utilisent fréquemment des termes tels qu’ « ouzbek », « turkmène », « karakalpak », sans oublier les centaines d’autres termes endogènes d’identité plus ou moins transmis jusqu’à aujourd’hui. Il n’existe pourtant pas de travaux de synthèse faisant le point sur les différentes valeurs qu’avaient ces termes sur le large spectre des situations sociales, politiques, religieuses ou économiques, ou présentant l’état de nos connaissances sur les processus de formation des appartenances en Asie centrale médiévale et moderne avant la conquête coloniale, puis la transformation de certaines d’entre elles en « nationalités » dans le système soviétique. Bien qu’il n’existe pas de telle somme, la question de l’identité est néanmoins au cœur des discours académiques et politiques endogènes ainsi que des représentations exogènes sur la région. Le séminaire se penchera donc sur les sources et les connaissances de l’ethno-histoire de l’Asie centrale.
Mots-clés : Anthropologie, Histoire,
Aires culturelles : Musulmans (mondes), Russie, Turc (domaine),
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Asie
Intitulé général : Histoire de l'Asie centrale post-mongole
Renseignements : pour l'inscription pédagogique, contacter Vincent Fourniau, Centre d'histoire du domaine turc, 54bd Raspail 75006 Paris, tél : 01 49 54 23 01 ou courriel
Direction de travaux d'étudiants : mercredi ou sur rendez-vous
Réception : sur rendez-vous
Niveau requis : Connaissance souhaitée d'au moins une des langues de l'Asie centrale (en comptant le russe) et constitution d'un dossier pour la validation du séminaire en cours d'année.
Adresse(s) électronique(s) de contact : vfourniau(at)numericable.fr
Le séminaire a orienté cette année ses recherches dans deux directions : l’examen des principaux facteurs dans la fabrication des affiliations englobantes à l’époque post-timouride et la mise en forme d’une mémoire historique centrée sur les périodes présoviétiques dans les sciences sociales des républiques d’Asie centrale depuis 1945.
Parmi les facteurs principaux de la cristallisation des affiliations collectives principales à l’époque post-timouride, le politique joue un rôle important, mais qui fut négligé par les recherches développées au XXe siècle, surtout en URSS. De plus, à une étude des contextes historiques et du rôle des circonstances telles que le milieu géographique et la relation entre le milieu et les stratégies humaines pour sa mise en valeur, les sciences sociales soviétiques sur l’Asie centrale ont préféré développer ce qui fut appelé l’ethnogénèse. Aussi, l’étude de la distinction du dynastique et du politique par exemple, alors que plusieurs termes d’affiliation, comme « chagatay » ou « uzbek » dérivent directement du nom de dynastes chingizides et que les reconfigurations d’allégeance sont suivies de mouvements de population, y tient peu de place. Ces mouvements de populations entraînent le déplacement de groupes vers des milieux nouveaux et constituent donc des moments privilégiés dans l’histoire de la région pour étudier les stratégies d’implantation et de regroupements, et donc, de reconfiguration des affiliations collectives principales.
On a consacré également plusieurs séances à l’examen de la vaste question des affiliations transtribales. Cela permet d’interroger l’importance du politique dans et hors de la tribu, tout en tenant compte des nécessaires précautions d’emploi de cette notion compte tenu de la variabilité de l’appréciation qui en est faite dans les sciences sociales ainsi que de celle des termes utilisés dans les sources pour la désigner.
Des lectures relatives aux questions des relations nomades-sédentaires ont largement été mises à contribution pour mettre ces problèmes dans la perspective d’un paradoxe structurant : celui de populations et de pouvoirs connaissant des contraintes fortes dans la mise en valeur des milieux sédentaires aussi bien que pastoraux alors que leur représentation de la légitimité fondée sur leur culture politique chingizide dessine devant eux un immense espace continental.
Que pouvait être le futur de cet héritage dans les sciences sociales et la nouvelle culture populaire fabriquées par les institutions universitaires et de recherche dans les républiques d’Asie centrale soviétique ?
On a consacré plusieurs séances à ce thème et remarqué que le patriotisme soviétique des institutions de production des savoirs s’est manifesté curieusement par la mise en avant des périodes classiques de l’histoire de l’Eurasie musulmane, en soi présoviétique, mais surtout époques où l’État russe ne jouait pas de rôle dans la région et même, époques qui précédaient l’existence d’un État en Moscovie, comme au temps d’Avicenne, choisi comme héros national par le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. Les contradictions signalées par les politiques patrimoniales de l’identité ont aussi porté la marque des lents processus d’autonomisation de l’Asie centrale et des autres républiques de l’Orient soviétique par rapport au reste de l’Union.
L’analyse des affects de la géopolitique identitaire tels qu’ils sont vécus aujourd’hui en Asie centrale indépendante a permis de mieux situer en quoi l’Asie centrale post-timouride n’est ni un Iran extérieur, ni une Chine extérieure, ni une Russie extérieure ni, bien sûr, une Turquie extérieure, puisque de ces quatre foyers d’expansion, seule la Turquie ottomane ne fut jamais dans l’histoire mitoyenne des entités politiques de l’Asie centrale.
Le séminaire a été suivi par plusieurs auditeurs originaires d’Asie centrale, en particulier du Xinjiang, dont la participation active a permis de conduire des discussions très enrichissantes. Il y eut aussi des exposés.
Azim Malikov, professeur d’histoire à l’Université de Samarcande (Ouzbékistan) a donné une conférence sur les identités croisées actuelles en Ouzbékistan lors de son séjour de recherches à Paris, effectué dans le cadre de la MSH avec le séminaire comme structure d’accueil.
Dernière modification de cette fiche : 15 février 2010.
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