S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
Jeudi de 17 h à 19 h (salle 10, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 13 novembre 2008 au 18 juin 2009. Pas de séminaire les 19 février, 19 mars et 2 avril. La séance du 29 janvier est annulée. La séance du 14 mai aura lieu de 13 h à 19 h
À partir de la lecture de textes de l’époque, on explorera l’histoire de ce que l’on appelle au XIXe siècle des « états de sommeil » ou des « états de rêve », relevant de l’inconscience, ou de la demi-conscience. Le rêve, la folie, l’hystérie, le magnétisme animal, l’hypnotisme, les prises de drogues, la puérilité des enfants et des êtres qui leur ressemblent sont censés renvoyer à des phénomènes identiques ou analogues et s’éclairer réciproquement. Ces identifications et ces analogies parcourent la psychologie et la psychiatrie du XIXe siècle et elles sont reprises et transformées par la psychanalyse. On mettra en relation cette histoire avec celle des individus et des personnages qui ont présenté et incarné ces états de rêve, parfois plutôt au masculin (le rêveur), parfois plutôt au féminin (la femme hystérique).
Ce séminaire accueillera durant quelques séances en cours d’année des exposés de collègues étrangers. Il est ouvert aux étudiants de master.
22 janvier 2009 : Paulo José Carvalho da Silva (Faculté de Psychologie – PUC-SP Brésil Fapesp), enseignant invité à l’EHESS
Consolation et thérapeutique par la parole selon la médecine de l'âme moderne.
A l’époque moderne (XVIe et XVIIe siècles), la consolation s’imposait comme l'une des plus importantes modalités de thérapeutique de l’âme, ce qui demande à être compris, au moins, selon trois axes : quel est son objet, comment est-ce qu’elle se définit en tant que cure et quelles sont ses limites ? L'art de la consolation est un acte de parole. Parlée ou écrite, la consolation fait usage de la parole comme le remède pour les troubles de l'âme. En examinant quelques sermons et traités de consolation brésiliens et européens, nous nous demanderons donc dans quelle mesure la consolation peut être considérée une sorte de talking cure du passé et nous discuterons les méthodes et arguments principaux de la consolation en tant que thérapeutique par la parole.
5 et 12 février 2009 : Henning Schmidgen (Max Planck Institute, Berlin), invité à l'EHESS, De Wundt à James, de Leipzig à Cambridge: Les voyages et les laboratoires de Hugo Münsterberg (1863-1916)
Hugo Münsterberg fut un élève de Wilhelm Wundt et il fut ensuite directeur d'un laboratoire de psychologie à Harvard au moment où William James y était professeur. C'est une figure assez intéressante, que l'on présente souvent seulement comme le père fondateur de la psychologie appliquée. Or son cas va beaucoup plus loin : Münsterberg est en quelque sorte l'incarnation de la transition menant de la « psychologie physiologique » au sens de Wundt à la « science de la vie mentale » selon James, autrement dit du « cognitivisme » au « pragmatisme ». Dans ce contexte, la question de l'hypnose a une place importante. Dès son départ de Leipzig, Münsterberg est très favorable aux expériences hypnotiques et lorsqu'il arrive à Harvard il introduit ses étudiants à ce type de recherches : la future romancière et essayiste américaine Gertrude Stein par exemple est l¹une de ses étudiantes et, vers 1900, elle mène quelques expériences sur l'écriture automatique.
Il s'agira de présenter l'itinéraire de Münsterberg à l'aide de documents publiés et non publiés, de parler un peu plus généralement des différences entre Wundt et James (5 février) puis de centrer les analyses sur Gertrude Stein et l'écriture automatique (12 février). On examinera aussi les rapports entre Münsterberg et le psychologue suisse Théodore Flournoy. Celui-ci a en effet largement adopté les instruments et quelques pratiques de Münsterberg lorsqu'il a commençé à diriger un laboratoire de psychologie à Genève.
Mots-clés : Genre, Histoire des sciences et des techniques, Psychanalyse, Psychologie,
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire des sciences
Intitulé général : Histoire de la psychologie et de la psychopathologie
Direction de travaux d'étudiants : jeudi de 14 h à 16 h, Centre Alexandre-Koyré, pavillon Chevreul, 57 rue Cuvier 75231 Paris Cedex 5
Réception : contacter Jacqueline Carroy ou Nadine Dardenne
Site web : http://www.koyre.cnrs.fr
Adresse(s) électronique(s) de contact : jcarroy(at)ehess.fr, dardenne(at)mnhn.fr
Ce séminaire de recherche ouvert aux étudiants de master a exploré l’histoire de ce que l’on a appelé au XIXe siècle des « états de sommeil » ou des « états de rêve », relevant de l’inconscience ou de la demi-conscience. Le rêve, la folie, l’hystérie, le magnétisme animal, l’hypnotisme, les prises de drogues, la puérilité des enfants et des êtres qui leur ressemblent sont alors censés renvoyer à des phénomènes identiques ou analogues et s’éclairer réciproquement. Ces identifications et ces analogies parcourent la psychologie et la psychiatrie du XIXe siècle et elles sont reprises et transformées par la psychanalyse. Je me suis plus précisément intéressée, en 2008-2009, aux mises en relation qui furent faites entre rêve et hypnotisme (Maury), rêve et haschich (Hervey de Saint-Denys), rêve, folie, haschich et hystérie (Richet).
J’ai mis en relation cette histoire avec celle des individus et des personnages qui ont présenté et incarné ces états de rêve, notamment des femmes. J’ai ainsi assez longuement développé une étude de cas reposant sur des archives inédites et touchant à l’histoire du magnétisme animal et de l’hystérie. À partir de la lecture de lettres adressées à son médecin entre 1844 et 1845 par une femme de la bonne société qui se qualifiait elle-même d’hystérique et de cataleptique, je me suis intéressée à la manière dont certain(e)s patient(e)s se sont approprié(e)s les conceptions, les pratiques et les diagnostics médicaux.
Ce séminaire a accueilli en janvier et février 2009 des interventions de collègues invités à l’EHESS, ayant trait à l’histoire des savoirs et des pratiques portant sur le psychisme ou à l’histoire de la psychologie : « Consolation et thérapeutique par la parole selon la médecine de l’âme moderne » (Paulo José Carvalho da Silva, Faculté de Psychologie - PUC-SP Brésil Fapesp) ; « De Wundt à James, de Leipzig à Cambridge : les voyages et les laboratoires de Hugo Münsterberg (1863-1916) » (Henning Schmidgen, Max Planck Institute, Berlin).
J’ai d’autre part coanimé, ainsi que je le fais depuis plusieurs années, trois séminaires bimensuels du Centre Alexandre-Koyré intitulés « Histoire des Sciences de l’homme et de la société », « Psychologie, psychiatrie et psychanalyse : histoires croisées » et « Le biographique dans l’histoire et la sociologie des sciences ».
J’ai enfin participé, avec un certain nombre de collègues, à un programme alternatif de séminaires (Changeons le programme !) qui analysait l’origine et les effets des « réformes » proposées par le ministère de la Recherche et de l’Enseignement supérieur et celui de l’Éducation nationale concernant le statut des enseignants chercheurs, la formation des enseignants du secondaire, l’avenir des établissements de recherche et l’aide aux doctorants. Il s’agissait d’y réfléchir à la place du savoir dans notre société et au rôle qu’on souhaite assigner aux enseignants chercheurs et aux chercheurs.
Publications
• « Observation, expérimentation et clinique de soi : haschich, folie, rêve et hystérie au XIXe siècle », dans L’envers de la raison. Alentour de Canguilhem, sous la dir. de P.-F. Daled, Paris, Vrin, 2008, p. 53-71.
• « Les rêves de et selon Maurice Halbwachs. La science publique et l’intime partagé d’un sociologue », Revue des sciences sociales, 2008, n° 40, p. 94-103.
• « Observer, raconter ou ressusciter les rêves ? “Maury guillotiné” en question », Communications, 2009, n° 84, p. 137-149.
• « “Votre toute dévouée et reconnaissante cataleptique” », Revue d’histoire du XIXe siècle, 2009/1, n° 38, p. 79-100.
• « Les savants rêveurs du xixe siècle », Pour la science, 2009, février, n° 276, p. 78-81.
• « Cientificos sonadores del siglo XIX », Mente y cerebro, 2009, n° 35, p. 8-11.
Dernière modification de cette fiche : 10 mars 2009.
EHESS (Siège)
190-198 avenue de France
75244 Paris cedex 13
Tél : 01 49 54 25 25