2008-2009

L'islam des jeunes. Le djihad au Nord et au Sud

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Mercredi de 17 h à 21 h (salle 9, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 5 novembre 2008 au 28 janvier 2009

Le cours se concentre sur les formes de radicalisme islamique dans deux types de société : les sociétés musulmanes, surtout au Moyen-Orient et les sociétés occidentales, surtout l’Europe occidentale. On tente de comprendre les raisons de l’adhésion d’une petite minorité de musulmans au radicalisme religieux de ce côté comme de l’autre et les explications sociologiques que l’on peut y apporter : d’un côté, les démocraties occidentales ; de l’autre, les systèmes politiques souvent en crise du monde musulman. Malgré la différence majeure des systèmes politiques, pour des raisons que l’on tentera d’explorer, il y a adhésion de “minorités actives” dans les deux cas.

Aires culturelles : Europe, France, Musulmans (mondes),

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Sociologie

Intitulé général : Sociologie de l'Iran contemporain

Renseignements : contacter Hélène Monot, bureau 810, tél. 01 49 54 26 45 (t.l.j. sauf le jeudi)

Direction de travaux d'étudiants : Hélène Monot

Réception : le mercredi de 14 h à 17 h, bureau 808, CADIS-EHESS au 54 bd Raspail 75006 Paris

Niveau requis : être titulaire d'un master 2 ou équivalent pour les candidats à l'inscription en doctorat, et avoir un master 1 pour les inscriptions de niveau master 2. Dans tous les cas : avoir une formation en sociologie générale ; le projet de recherche écrit est indispensable

Adresse(s) électronique(s) de contact : monot(at)ehess.fr

Compte rendu

Le radicalisme et le fondamentalisme islamiques ont fait l’objet de ce séminaire et en particulier, les formes que revêtent ces deux formes de religiosité en prison. La première partie du cours a été consacrée à la prison, une seconde, au développement du radicalisme au nom de l’islam dans les banlieues.
On a discerné trois formes de religiosité : celle des personnes qui ont découvert l’islam avant leur condamnation à la prison, celle des personnes qui ont renoué (ou se sont converties) en prison et enfin, celle de ceux qui ont commencé leur islamisation avec la prison mais pour qui la prison signifie un approfondissement. Ce dernier cas peut se traduire soit par un ancrage dans un sentiment religieux spiritualiste, soit dans une forme de subjectivité religieuse fondamentaliste, soit, enfin, dans une subjectivation induisant la rupture avec la société et l’islamisme radical.
C’est sur l’analyse du dernier cas, avec sa typologie ternaire, que le séminaire s’est surtout concentré, tout particulièrement sur le cas ultra-minoritaire de l’islamisme radical mais qui revêt une signification sociale importante en Europe. Comment se construit, en prison même, une subjectivité religieuse radicale ? L’analyse de cas qui s’inspiraient en partie des interviews menées en prison en France a tenté de montrer l’imbrication d’une logique sociale et d’une individualité « écorchée » par une crise intérieure, elle-même accentuée par le racisme, l’islamophobie, un imaginaire lié à la colonisation et à la post colonisation ainsi qu’une vision obsidionale de l’islam comme étant en danger sous les coups de boutoir d’un occident arrogant et impie. Dans cette perspective, l’incarcération est vécue comme un signe supplémentaire de la lutte contre l’islam d’un Occident qui entend mettre en prison les musulmans conscientisés.
Dans les banlieues, on assiste au développement des formes nouvelles de fondamentalisme, notamment le néosalafisme. La logique du fondamentalisme est différente de celle du jihadisme (islamisme radical). C’est la volonté de faire « bande à part » dans une société qui ne reconnaît pas aux « Musulmans » la même dignité et les mêmes droits. À cela s’ajoute une autre dimension, celle de la reconnaissance de la spécificité et du « particularisme » par une société française qui rejette l’« islam public » que prônent les néoorthodoxes comme étant le seul légitime. Enfin, l’impossibilité de faire corps avec le jihadisme du fait de la répression fait que l’on adhère à un type d’hyper-fondamentalisme où on ne déclare pas la guerre à la société mais on s’en détache au suprême degré.
Plusieurs conférences ont été données sur le thème de l’islam radical tout au long de l’année universitaire 2008-2009 dans différentes universités : une première série aux États-Unis (Harvard, mars 2009) et une deuxième série en France.

Vision globale de la nouvelle jeunesse iranienne
La nouvelle jeunesse iranienne n’est pas homogène. Il y a la jeunesse des grandes villes qui est plus sécularisée et celle des villes moyennes et traditionalistes (Qom) dont le sentiment est ambivalent à l’égard de l’individualisation, la liberté sexuelle, le politique et les rapports du genre. Le séminaire a tenté de jeter les bases d’une analyse de la seconde jeunesse tout en projetant pour l’année suivante celle de la jeunesse des grandes villes.

Publications
Avoir vingt ans au pays des ayatollahs : la vie quotidienne à Qom (To be in his twenties in the country of the ayatollahs : daily life in the city of Qom), Robert Laffont, Paris, 2009, 409 p.
Inside Jihadism, understanding Jihadi movements worldwide, Yale cultural sociology series, Paradigm publishers, Boulder, Londres, 2009, 321 p.
• « Reformist and moderate voices in European Islam », dans Reformist voices of Islam, sous la dir. de Shireen T. Hunter, M.E. Sharpe, New York, 2009, p. 247-266.

Dernière modification de cette fiche : 24 novembre 2008.

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