2008-2009

1. Les réformes de l'université française au regard du contexte international. 2. Les évolutions du système éducatif français : adaptations ou remise en cause du modèle éducatif français traditionnel

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

1er, 3e et 5e jeudis du mois de 19 h à 21 h (salle 9, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 6 novembre 2008 au 18 juin 2009. La séance du 19 mars est reportée au mercredi 25 mars (même heure, même salle). La séance du 2 avril est annulée. La séance du 4 juin est avancée au 3 juin (même heure, même salle). La séance du 18 juin est annulée

Dans le premier thème, on s’attachera d’abord à replacer les réformes françaises de l’enseignement supérieur et de la recherche dans un contexte international en montrant qu’elles  se situent dans un cadre plus large d’évolution de ces politiques dans de nombreux pays européens. On s’interrogera plus particulièrement sur la question de la compétition entre universités et sur les risques, réels ou supposés d’une université à deux vitesses. Une attention particulière sera porté aux rôles des acteurs autres que l’État, notamment collectivités territoriales et Europe et aux stratégies des universités dans ce nouveau contexte. Une perspective comparatiste sera systématiquement recherchée.

Le second thème abordera la problématique des évolutions récentes du systéme français. Après des années d’apparents consensus, au-delà des alternances, sur les politiques menées, on peut si demander si lers évolutions et changements en cours ne portent pas en germe des inflexions fortes. On s’intéressera d’abord, à l’évolution des résultats des élèves, raison affichée des réformes entreprises. On étudiera ensuite quelques un des volets des changements en cours : carte scolaire, formation des maîtres, conception des programmes d’éducation, enseignement professionnel tout en montrant que nombre de débats sont en fait des débats récurrents. On illustrera ce denier point par quelques exemples : place de la pédagogie, questions autour de la notation. En dernier lieu nous nous interrogerons sur les effets du pilotage par les résultats, caractéristique affichée des politiques publiques.

Les réformes de l’enseignement supérieur et de la recherche

Jeudi 6 novembre : Les grandes évolutions de l’enseignement supérieur et de la recherche en France depuis 25 ans (J.-R. Cytermann)
Jeudi 20 novembre : Les réformes en France : spécificité ou inscription dans un cadre européen cohérent  (C. Paradeise, IFRIS) 
Jeudi 4 décembre : 1998- 2008, Dix ans de mise en œuvre du LMD en France, (Jean-Pierre Korolitski, IGAENR)
Mercredi 17  décembre : Les débats autour de la  nouvelle loi sur les universités  (Jean-François Mela, Univ. Paris-XIII)
Jeudi 8 janvier : Y  a-t-il eu démocratisation de l’enseignement supérieur en France ? (NN.., INSEE  à confirmer, S. Lemaire, DEPP)
Jeudi 15 janvier : Un président d’université face aux nouvelles compétences (Simone Bonnafous, présidente Univ. Paris-XII)
Jeudi 22 janvier : Les universités américaines : caractéristiques et grandes  évolutions  (Serge Hagege, MESR)
Jeudi 5 février : Une comparaison en termes d’équité des systèmes universitaires (Finlande, France, USA) (N. Charles, doctorant)
Jeudi 12 février : Vers une nouvelle géographie de l’enseignement  supérieur et de la recherche ? (J.-R. Cytermann)

II  Les réformes de l’enseignement scolaire

Jeudi 5 mars :
Les réformes actuelles, tournant ou continuité ?  (J.-R.  Cytermann)
Mercredi 25 mars : La politique de scolarisation à deux ans en France (Michel Warren, enseignant et docteur)  
Jeudi  2 avril : Séance annulée. Intérêts et limites du pilotage par les résultats en éducation  (J.-C. Emin, J.-R. Cytermann)
Jeudi 9 avril : Le système éducatif français à travers les comparaisons internationales (Claude Sauvageot, DEPP)
Mercredi 29 avril : Présentation d’une étude d’Eurydice sur l'autonomie des établissement scolaire (Thierry Damour, DEPP)
Jeudi 14 mai : Quelques interprétations des résultats français aux évaluations internationales (Thierry Rocher, DEPP)
Jeudi 28 mai : André Legrand, sur le thème  le droit et l' éducation  où seront abordés à la fois les questions comme les grands principes juridiques applicables à l' éducation (laïcité , égalité liberté) , et l'irruption des procédures juridiques classiques de la société civile  dans lesquestions autour de la vie scolaire
Mercredi 3 juin : Thierry Rocher, Comment les évaluations récentes nationales et internationales prmettent de répondre à la question  de la comparaison dans le temps des performances scolaires des élèves
Jeudi 18 juin : Séance annulée Le séminaire portera sur la question fortement d'actualité de la "carte scolaire" et des mécanismes de régulation de l'offre et de la demande scolaire avec la participation d'Agnès Van Zanten, sociologue à Sciences Po  et spécialiste de l'analyse des politiques éducatives

Mots-clés : Sociologie,

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)

Mentions & spécialités :
  • Sociologie
    (Séminaire de recherche M1S1 M1S2 M2S3 M2S4)

Domaine de l'affiche : Sociologie

Intitulé général : Sociologie de l’éducation

Renseignements : pour tous renseignements et prise de rendez vous contacter Jean-Richard Cytermann : DGRI, 1 rue Descartes 75005 Paris, de préférence par courriel

Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous

Niveau requis : le séminaire est un séminaire ouvert sans conditions d’inscription particulières. Il peut toutefois être validé dans le cadre de la mention Sociologie et bien entendu ouvert aux étudiants M1 et M2 de cette mention

Adresse(s) électronique(s) de contact : jean-richard.cytermann(at)recherche.gouv.fr

Compte rendu

La première partie du séminaire était consacrée aux réformes de l’enseignement supérieur en France et aux problématiques qui leur sont liées dans une logique comparative. Les premières séances ont montré qu’à la fois ces réformes ne s’inscrivaient pas uniquement dans un processus de rupture mais dans une continuité par rapport à des politiques entreprises depuis vingt ans et que les réformes françaises de l’enseignement supérieur et de la recherche avaient une analogie réelle avec des réformes entreprises dans de nombreux pays européens. Une attention particulière a été portée à quelques réformes emblématiques avec le bilan de dix ans d’applications du LMD en France et les controverses autour de la loi libertés et responsabilité des universités. Parallèlement, ces réformes ont été abordées du point de vue d’un président des universités devant s’approprier des compétences nouvelles dans un environnement qui a beaucoup changé. Il était en même temps intéressant de regarder les évolutions récentes de ce qui est un des modèles implicites des réformes entreprises, à savoir les universités américaines. Enfin, a été abordée la question de l’équité du système d’enseignement supérieur français avec la présentation d’une recherche qui conclut à une relative démocratisation de l’enseignement supérieur en France et une comparaison sur l’équité de différents systèmes d’enseignement supérieur (France, USA et Finlande) avec quelques conclusions qui remettent en cause des idées acquises (échec du premier cycle en France ou inéquité du système américain).

Les réformes de l’enseignement scolaire
Paradoxalement peut-être il est plus juste de parler de rupture ou au moins de tournant en matière d’enseignement scolaire, où les réformes récentes entreprises remettent en cause un consensus de trente ans, au-delà des alternances politiques. Ce tournant intervient dans une logique, celle du nouveau management public et de son application en France à travers la LOLF et la RGPP, qui mettent systématiquement en relation la dépense liée à une politique publique avec les résultats de cette politique publique avec toutes les dérives d’interprétation des résultats possibles. Or, en même temps, les résultats des différentes évaluations, qu’elles soient nationales ou internationales comme celles menées par l’OCDE sont convergents pour montrer une dégradation certaine sur moyenne période des résultats des élèves français, et particulièrement des résultats les plus faibles, même si cette constatation, au dire des comparaisons internationales, n’est pas spécifique à la France. Un exemple des remises en cause de politiques éducatives est donné par le modèle de la scolarisation à deux ans, qui a tendance à baisser, dans la mesure où ses effets bénéfiques sont limités par rapport aux coûts élevés dans un contexte de pénurie budgétaire. Enfin, est présentée une autre rupture, celle de l’irruption du droit dans la sphère scolaire, jusque-là protégée, dans des domaines liés aux grands principes de l’éducation (laïcité, égalité ou équité) ou à des questions de vie scolaire (procédures disciplinaires).

Publications
• « Vers un classement européen des universités », dans le Système éducatif français à l’heure européenne, Administration et Éducation, n° 121, 2009, p. 113-118.
• « Mise en œuvre de la loi organique aux lois de finance et justice éducative », dans Repenser la justice dans le domaine de l’éducation et de la formation, sous la dir. de J.-L. Derouet et M.-C. Derouet-Besson, Peter Lang/INRP, 2009, p. 285-293.
• « L’évolution de la fonction de conseil dans les instances françaises d’évaluation de l’enseignement supérieur et de la recherche », dans L’évaluation à l’université, Évaluer ou conseiller ?, sous la dir. de V. Bedin, Presses universitaires de Rennes, 2009, p. 128-139.
Le coût de l’éducation dans le système éducatif en France, sous la dir. de B. Toulemonde, Les notices de la Documentation française, 2009.

Dernière modification de cette fiche : 17 juin 2009.

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