S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
Quatrième mercredi du mois de 15 h à 18 h (salle 1, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 26 novembre 2008 au 24 juin 2009. La séance du 26 novembre se déroulera en salle 6 (105 bd Raspail). La séance du 25 février est reportée au 4 mars, même heure (salle 10, 105 bd Raspail)
Le séminaire de l’ARTESS entend mener une double réflexion sur la spécificité de la traduction en sciences sociales. D’une part, à partir de divers exemples (rôle des choix de traduction dans la réception et la circulation de concepts, d’œuvres ou d’auteurs, réception de textes anciens, dialogue entre les disciplines, formes de dépendance aux contextes propres à cet exercice) on identifiera les problèmes concrets de la traduction dans ce champ disciplinaire. Cette spécificité sera ensuite examinée en comparant ses pratiques à quelques approches classiques de la traduction. D’autre part, sur base de ces enquêtes, on confrontera la traduction en sciences sociales ainsi conçue, avec les usages actuels de la notion de traduction en dehors du champ proprement linguistique (sociologie des sciences, interprétations, etc.)
Pour les étudiants de master, la validation de ce module pourra se faire à partir de la traduction en binôme (spécialiste de la discipline, spécialiste de la langue) d’un article majeur.
4 mars 2009 :
15 h-16 h : Recherche et langue de publication. Cette séquence s'insère dans l'initiative "Changeons le programme".
16 h-18 h : Philippe Simay, philosophe et rédacteur en chef de la revue en ligne La vie des Idées, présentera un exposé intitulé : Traduction entre les cultures
25 mars 2009 :
Michèle Leclerc-Olive et Dinah Ribard, La traduction : usage métaphorique en sociologie des sciences
Dinah Ribard, Le Vocabulaire européen des philosophies. Dictionnaire des intraduisibles
27 mai 2009 : La grande édition des œuvres de Marx et d'Engels en français (GEME) : questions et enjeux de la traduction
Participent à ce séminaire :
Isabelle Garo (présidente de la GEME), "Le projet GEME : motifs et buts"
Richard Lagache (directeur des Editions sociales), "Le GEME, une édition électronique permanente"
Laurent Prost (agrégé de philosophie, germaniste) : "L'objet de la traduction : le travail théorique non comme ergon, mais comme energeia"
Lucien Sève (philosophe, germaniste), "Traduire Marx : travail linguistique, travail théorique"
Mots-clés : Anthropologie, Anthropologie et linguistique, Antiquité (sciences de l’), Archéologie, Arts, Biologie et société, Cartographie, Coloniales (études), Corps, Culture, Démographie, Développement, Développement durable, Droit, normes et société, Économie, Écriture, Environnement, Épistémologie, Esthétique, Genre, Géographie, Histoire, Histoire des sciences et des techniques, Historiographie, Image, Informatique et sciences sociales, Langues, Linguistique, Littérature, Mathématiques et sciences sociales, Méthodes et techniques des sciences sociales, Modélisation, Morphologie, Mouvements sociaux, Moyen Âge/Histoire médiévale, Musique, Philosophie, Politique, Psychanalyse, Psychologie, Religieux (sciences sociales du), Rurales (études), Santé, Savoirs, Sciences, Sciences cognitives, Sexualité, Sociohistoire, Sociologie, Spatialisation, territoires, Stratégiques (études), Techniques, Textes, Travail, Urbaines (études), Visuel,
Aires culturelles : Afrique, Allemandes (études), Amérique du Nord, Amérique du Sud, Amérique préhispanique, Amériques, Asie centrale, Asie méridionale, Asie orientale, Asie sud-orientale, Atlantiques (mondes), Britanniques (études), Byzantines (études), Chine, Contemporain (anthropologie du, monde), Corée, Europe, Europe centrale et orientale, Europe sud-orientale, France, Ibérique (monde), Inde, Insulindien (monde), Japon, Juives (études), Maghreb, Méditerranéens (mondes), Musulmans (mondes), Océanie, Russie, Transméditerranée, Transnational/transfrontières, Turc (domaine),
Renseignements : Michèle Leclerc-Olive, Dinah Ribard, Cécile Soudan ou Alain Guery
Adresse(s) électronique(s) de contact : mleclerc(at)ehess.fr, Dinah.Ribard(at)ehess.fr, Cecile.Soudan(at)ehess.fr, Alain.Guery(at)ehess.fr
La spécificité de la traduction en sciences sociales ne tient pas seulement à la langue quasi conceptuelle qu’elles utilisent mais également à ce qu’elles ne peuvent faire l’impasse sur le « contexte de débat » dans lequel le texte s’inscrit. Il en découle une série de contraintes qui furent examinées en introduction à partir de deux points d’entrée : une réflexion sur les langues, empruntée largement aux travaux de Pierre Judet de la Combe et de Heinz Wismann et des exemples de problèmes issus de la traduction de G.-H. Mead et de T. Veblen par des équipes d’ARTESS.
Une première question a orienté les travaux de plusieurs séances du séminaire : peut-on considérer que l’écriture est déjà une traduction ? Cette question a été principalement examinée à partir d’un texte de R. Barthes, De la parole à l’écriture, (F. Mandelbaum-Reiner) et de l’usage métaphorique que fait la sociologie des sciences du terme « traduction » (M. Leclerc-Olive).
Une seconde entrée heuristique – Que traduit-on ? un mot, une phrase, un texte (P. Judet de la Combe), une culture (P. Simay) ? – a permis de croiser approches philosophique et praxéologique de la traduction.
Dans le cadre de « Changeons le programme ! », le séminaire s’est intéressé aux effets induits sur la réception d’une œuvre dès lors que la traduction est motivée plutôt par un intérêt « bibliométrique » que par le souci scientifique de permettre au lecteur de circuler entre l’œuvre (Goffman) et ses contextes d’élaboration et de réception.
Un groupe de travail a procédé à l’examen comparatif des choix de traduction d’un texte de G.-H. Mead dans différentes langues européennes (espagnol, italien, allemand et français) permettant de mettre au jour les enjeux scientifiques de ce texte et d’identifier les concepts à partir desquels s’élabore, et sur lesquels se cristallise, la pensée de l’auteur. Ces réceptions différentes rappellent combien la traduction en sciences sociales requiert d’articuler à une vigilance proprement linguistique, des compétences scientifiques adaptées aux champs disciplinaires convoqués par l’auteur. Le vocabulaire européen des philosophies. Dictionnaire des intraduisibles (D. Ribard) fait écho à cette réflexion, en montrant que des concepts qui articulent une pensée, peuvent être expliqués et compris dans une autre langue sans pour autant pouvoir être simplement « traduits ».
Nous avons également ouvert un chantier qui gravite autour des « retraductions ». L’équipe de philosophes et de germanistes (I. Garo, L. Prost et L. Sève) engagée dans la (re)traduction des Œuvres complètes de Marx et Engels (GEME) nous a permis de retracer les choix éditoriaux et de traduction qui ont marqué l’histoire de la réception de ces auteurs dans l’espace culturel français.
Le séminaire a examiné les enjeux politiques liés aux traductions de la notion de société civile à partir de son emploi dans la coopération internationale (M. Leclerc-Olive), de son histoire (N. Bond) et de son usage récent dans le monde russe (F. Daucé).
ARTESS a par ailleurs organisé des journées d’étude internationales « Langues locales et décentralisation. Dire et traduire les pratiques démocratiques », qui ont notamment permis de souligner les enjeux politiques respectifs du multi et du plurilinguisme.
Dernière modification de cette fiche : 19 mai 2009.
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