2008-2009

Économie et société dans le monde arabe et musulman. La question sociale au prisme des réformes néolibérales et de la bonne gouvernance

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

2e mardi du mois de 17 h à 19 h (IISMM, salle de réunion, 1er étage, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 9 décembre 2008 au 9 juin 2009. La séance d'avril est avancée au 7 avril. La séance du 9 juin est reportée au 23 juin de 15 h à 17 h (salle 3, 105 bd Raspail)

Alors que les travaux les plus nombreux consacrés au monde arabe et musulman portent, sous la pression de l’actualité, sur les questions géopolitiques, sur l’islam et son évolution, sur la place des communautés religieuses minoritaires, sur les questions de mémoire et d’identité, ce séminaire visera à réintroduire dans le débat une réflexion sur les grands enjeux de société en lien avec les problèmes, vécus au quotidien par les populations, d’emploi, d’inégal accès aux ressources, d’insécurité matérielle et sociale, dans le contexte des réformes économiques mises en œuvre depuis les années 1990.
Si le rythme des politiques d’ajustement structurel et de libéralisation, les conditions de leur mise en œuvre, l’ampleur des réformes, la façon dont elles sont ressenties et les réactions populaires, varient beaucoup d’un pays à l’autre, cet espace se caractérise, au delà de la diversité des histoires et des contraintes régionales et nationales, par quelques grands traits partagés : le poids de l’économie pétrolière, l’influence durable d’un modèle social et économique faisant de l’Etat le principal acteur économique ; le poids des interventions européennes ; la violence des guerres de libération, en réponse à la violence coloniale, dont la lutte des Palestiniens est l’illustration la plus récente. Les spécificités des contextes nationaux et régionaux, qui doivent être interrogées, ne doivent pas pour autant occulter l’inscription des sociétés concernées dans un ensemble de mutations aujourd’hui très largement mondiales.

Ce séminaire s’organisera autour de trois axes de réflexion.
1. Enjeux et conséquences des réformes économiques et des politiques de libéralisation
De la privatisation des services publics (santé et éducation, distribution de l’eau ou de l’électricité…), aux « contre réformes agraires », du développement d’une économie dite islamique, à la multiplication des zones franches ou spéciales, et des accords de libre-échange, comment peut-on penser l’articulation entre dynamiques internes, interventions exterieures et presions du contexte international ?
2. Emploi et chômage : les recompositions du marché du travail libéralisé
Les politiques de développement des années 60-70 ont segmenté le marché de l’emploi entre emploi public protégé, emploi dans des entreprises capitalistes modernes, et emploi plus ou moins précaire et informel. Où en est-on aujourd’hui ? De la difficile professionnalisation des diplômés, à l’accroissement des formes d’emploi précaire, formel ou informel, journalier, domestique, mais aussi du recours à la main d’oeuvre étrangère,etc.
3. Les métamorphoses de la question sociale
Les réformes en cours tendent à aggraver la situation de larges pans de la population, dans les campagnes comme dans les quartiers périphériques des grandes villes, du fait du développement du chômage et du sous emploi et de la hausse des prix, tandis que des pôles de richesse extrême étalent un luxe inouï dans les nouveaux centres d’affaires. Face à ces situations difficiles, de nouveaux acteurs interviennent, associations caritatives, ONG humanitaires ou de développement, encouragées à occuper l’espace laissé vacant par le retrait de l’Etat.
Ces trois axes sont étroitement imbriqués, et représentent les facettes d’une seule grande question : celle de la façon dont les sociétés réinventent le lien social dans un monde où les équilibres entre local, national et global, comme entre groupes sociaux, sont profondément transformés, où les solidarités locales s’inscrivent parfois dans des dynamiques de réseau supranationales, où l’Etat national ne joue plus (si tant est qu’il l’ait jamais vraiment fait) le rôle intégrateur que les élites issues des mouvement de libération espéraient lui faire jouer.

9 décembre : Élisabeth Longuenesse, Économie et société dans le monde arabe et musulman. La question sociale au prisme des réformes néolibérales et de la bonne gouvernance. Problématique du séminaire et pistes de réflexions

13 janvier : Deniz Akagul, économiste, MCF, Université de Lille, Développement économique et réformes libérales en Turquie

10 février : François Ireton, sociologue, CNRS, Laboratoire SEDET, La question alimentaire en Égypte

10 mars : Éric Verdeil, géographe, CNRS, Laboratoire Villes et Territoires, Enjeux sociaux et territoriaux des réformes du secteur de l’électricité au Proche-Orient (Liban, Jordanie)

7 avril : Françoise De Bel Air, démographe, Migrations de travail et politique au Moyen-Orient arabe (le cas Jordanien en perspective)

12 mai :
Marie Ladier
, démographe, CNRS/INED, Émergence d’un système étatique de protection sociale et solidarité familiale en Iran
Blandine Destremau, sociologue, CNRS/GRASS, Systèmes de protection sociale dans le monde arabe. Pistes de recherche.

9 juin : Journée d’études. Programme à préciser.

Adresse(s) électronique(s) de contact : elonguenesse(at)yahoo.fr

Compte rendu

L’objectif était de contribuer à relancer une réflexion sur les grands enjeux de société en lien avec les problèmes, vécus au quotidien par les populations, d’emploi, d’inégal accès aux ressources, d’insécurité matérielle et sociale, dans le contexte des réformes économiques mises en œuvre depuis les années 1990, dans une perspective pluridisciplinaire.
Sept séances se sont tenues et elles ont concerné divers pays du Proche et Moyen-Orient (Turquie, Égypte, Jordanie, Golfe, Iran). Sur les cinq discutants sollicités, contrairement à notre intention initiale, seuls deux étaient spécialistes de l’Afrique, les trois autres étant spécialistes de la région ; tous ont cependant, de par leurs compétences générales, aidé à ouvrir la réflexion en la sortant d’un cadre régional étroit.
Un certain nombre de pistes a été ouvert à la suite de ces interventions, sur le plan théorique comme sur le plan de la connaissance empirique de la complexité des faits étudiés.
Dans une séance de clôture, nous avons discuté des acquis de cette première expérience, nous nous sommes efforcés de mettre en évidence la façon dont les différentes interventions et questions traitées entrent en résonance, et d’identifier de nouvelles questions.

Dernière modification de cette fiche : 2 juin 2009.

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