2009-2010

Paysages et sociétés dans la littérature et les arts aux XIXe et XXe siècles

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Mercredi de 17 h à 19 h (salle 524, 54 bd Raspail 75006 Paris), du 2 décembre 2009 au 26 mai 2010. Pas de séance le 3 mars 2010

Chaque période de notre histoire sociale pense le paysage urbain et naturel selon des catégories propres et évolutives. Le séminaire analyse la transformation des modes de lecture de ces paysages à travers l'étude de textes littéraires et d'oeuvres d'art dans lesquels se manifestent les rapports d'une société à son  environnement.

La conférence complémentaire de Catherine Chomarat-Ruiz "Fondements épistémologiques d'une nouvelle science du paysage" s'inscrit dans le cadre du séminaire.

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Signes, formes, représentations

Intitulé général : Fonctions imaginaires et sociales des arts et des littératures

Renseignements : tél. : 01 53 10 54 74, fax : 01 53 10 54 76.

Direction de travaux d'étudiants : mercredi de 14 h 30 à 16 h 30 sur rendez-vous, 10 rue Monsieur-le-Prince 75006 Paris.

Réception : du 7 au 11 septembre 2009.

Niveau requis : les étudiants désirant s'inscrire au séminaire doivent adresser un projet de recherche détaillé à Jacques Leenhardt, 10 rue Monsieur-le-Prince 75006 Paris ou par courriel avant le 4 septembre 2009.

Site web : http://cral.ehess.fr/

Adresse(s) électronique(s) de contact : Jacques.Leenhardt(at)ehess.fr

Compte rendu

Le séminaire de cette année a été consacré au paysage urbain dans les deux premières décennies du XXe siècle. Après avoir l’année dernière étudié dans la littérature et les arts plastiques la thématique du passage du regard paysagé de la campagne à la ville, selon la phrase célèbre de Duranty « Que nous veut la campagne C’est dans la ville qu’il faut vivre », j’ai abordé ce nouveau regard à partir de ce qu’on pourrait appeler l’esthétique avant-gardiste.
Nous avons commencé par le Manifeste futuriste de Marinetti (1909) mis en relation avec la nouvelle représentation de la ville dans la peinture et la sculpture de Boccioni. À travers des comparaisons avec Monet et Seurat, j’ai montré l’émergence d’une problématique du nombre et de la solitude et ses rapports avec l’émergence de l’idée de violence. Des textes de Sorel sont venus en appoint de cette analyse. La vision du développement du phénomène urbain s’est trouvée liée à la montée du militarisme à l’approche de la guerre : transformation du paysage rural en champ de bataille. On a alors poussé jusqu’à la notion d’aéro-peinture des Futuristes des années 1920 et la question du regard panoramique chez Delaunay et Boccioni. Des textes de Pavese et Marinetti ont été étudiés. Un séminaire particulier a été consacré à l’iconographie de la Tour Eiffel.
Nous avons ensuite abordé la vision poétique d’Apollinaire à partir de Zone, et la peinture de De Chirico dans sa période « métaphysique ». Ce fut l’occasion de reprendre en contrepoint la vision urbanistique de Cerda et, tout à l’opposé, celle de Sitte, pour montrer le développement du débat sur la ville moderne et sa reprise chez De Chirico. La question du rapport entre individu et corps social dans la représentation de la ville et dans la pesée urbanistique a été au centre de ces analyses d’images et de textes. De même le traitement de la question de la densité démographique et de la mobilité sociale a été étudié dans la pensée sociologique contemporaine (Dürkheim, Bouglé, Simmel).
Pour illustrer la force des tendances anti modernes qui se font jour à l’époque, nous sommes alors retourné à l’œuvre du photographe Atget, mis en opposition avec celle de Lartigue. L’analyse des points du vues, le choix des objets et le public destinataire ont éclairé la différence entre ces deux artistes. La lecture critique du texte de Schopenhauer sur la ville, et notamment sa définition de l’architecture qui a joué un grand rôle dans ce débat a permis de comprendre la montée d’un courant néo classique qui allait se développer dans les années 1920 et 1930.
Dans le cadre du séminaire Épistémologie des sciences du paysage, sous la direction de Catherine Chomarat-Ruiz (EHESS), j’ai présenté trois exposés sur la construction historique et philosophique de la notion de paysage.
Par ailleurs j’ai fait des communications au colloque Cardinali « Art et espace Urbain » (INHA), au groupe de recherche Aragon (ENS Paris), au colloque Burle Marx de Rio de Janeiro et de Venise (Faculté d’architecture), au colloque sur le paysagiste Glaziou (Rio de Janeiro), au colloque Lucien Goldmann (IMEC), au colloque Michel Ragon (INHA), sur Jean Couy (Musée de Saint-Maur), aux Rencontres internationales de sociologie de l’art (Université Pierre Mendes-France, Grenoble).

Publications
Wifredo Lam, Essai monographique, Paris, Éditions Hervé Chopin, 2009, 320 p.
• « A critiqua de arte no cenário mundial », Arte, critiqua e mundialização, ABCA Sã.
• « Burle Marx e a modernidade nos jardins do Instituto Moreira Salles », dans Guia dos jardins de Burle Marx no Instituto Moreira Salles, Rio de Janeiro, IMS, 2009.
• « Lam e a ciência do traço », Catalogo Wifredo Lam, Gravuras, Rio de Janeiro, Caixa cultural Rio de Janeiro, 2009, p. 15-21.
• « Un paysage proustien », dans Paysages croisés, la Part du corps, Paris, Publications de la Sorbonne, 2009, p. 19-31.
• « Arte Frágil, Resistências », Commissariat et Catalogue de l’exposition, São Paulo, Musée d’art contemporain, juin-août 2009.
• « Burle Marx ou la conquête du jardin », dans Leituras paisagisticas : Do imaginario a materia : a obra de Roberto Burle Marx, Rio de Janeiro, EBA/UFRJ, 2009, p. 16-25.

Dernière modification de cette fiche : 25 février 2010.

Dernière mise à jour le 14/04/2009

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