2009-2010

Distance spatiale, distance sociale : mesures et représentations

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

1er et 3e jeudis du mois de 17 h à 19 h (salle des artistes, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 19 novembre 2009 au 6 mai 2010

Poursuivant l'analyse de la notion de distance, le séminaire ouvrira le champ de ses investigations à l'examen des situations où elle se révèle occuper une fonction essentielle. Discrète régulatrice de l'espace géographique ou des liens sociaux, la distance effraye ou émerveille selon qu'il s'agit d'abandonner l'ici ou d'aspirer à l'ailleurs. Composante fondamentale des voyages, des découvertes et des explorations de territoires, de leur conquête et de leur colonisation, additif d'un parcours, d'un trajet, qu'il soit spatial ou personnel, intégrateur dans la circulation des hommes et des biens, elle revêt une double fonction en reliant ce qu'elle sépare. Au-delà des chroniques soldatesques et des relations de découverte et de conquête rapportées au Nouveau Monde, et plus singulièrement à l'ancien Pérou colonial, les récits ou narrations qui mettent en oeuvre le thème de l'appréhension, de l'occupation, de la maîtrise de l'espace et de sa domination, de cette entité dans laquelle on reconnaît un territoire, seront les nouveaux objets de l'enquête. Les limites, expression de l'enfermement, et les frontières, qui, paradoxalement, évoquent des aires de passage, seront abordées à titre d'extrêmes, comme les confins. On convoquera les relations de conquête, les rapports, lettres et documents qui, fresques guerrières ou expéditions scientifiques, livrent tout ensemble récits de vie et descriptions d'espaces capturés.

19 novembre 2009 : Alexandre de Humboldt et la Relation historique du voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent

17 décembre 2009 : Gadès et l'Atlantide, petit récit de la fondation de Cadix (Andalousie)

7 janvier 2010 : Mettre l'Autre à distance : de la barbarie à l'exotisme

21 janvier 2010 : Distances conquises, territoires perdus. L'espace de la guerre

4 février 2010 : La vitesse : une conquête de l'espace, une conquête sur l'espace

18 février 2010 : Les ruses du voyage : l'invention et la fiction

4 mars 2010 : Carrefours ou centres : des villes à la croisée des chemins

18 mars 2010 : Aux origines de la différence, Babel

1er avril 2010 : La nature sans frontières

15 avril 2010 :  Compter, ou conter : le chiffre et la lettre

6 mai 2010 : Le passé, cet autre ailleurs

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations des Amériques

Intitulé général : Connaissance et appropriation de l'espace en Amérique ibérique, XVIe-XVIIe siècles

Renseignements : Geneviève Tranchand, tél. : 01 49 54 24 65.

Réception : sur rendez-vous.

Niveau requis : espagnol lu.

Site web : http://ggseu.ehess.fr

Adresse(s) électronique(s) de contact : tranchan(at)ehess.fr

Compte rendu

L’enquête sur la distance et ses représentations s’est orientée vers de nouvelles interrogations. L’examen s’est appuyé sur l’articulation de questionnements thématiques, chaque séance étant conçue comme une étude de cas, voire un ensemble de figures proposant une complémentarité (acteurs, agents, situations…) et/ou une dichotomie.
Empruntant alternativement une démarche chronologique ou régressive, le séminaire s’est attaché à éclairer les processus transversaux mis en œuvre dans les modalités d’élaboration des représentations.
Du récit mythique aux relations de voyage, du guide du pèlerin aux chroniques de guerres, des situations types ont permis d’examiner, sous le double regard de l’identique et du différent, le principe de la récurrence et celui de la dissémination. Le récit établit un lien entre ce qui est vu, entendu, perçu. Il assemble, pour les construire, les informations capturées. Il est, à chaque fois, la transcription d’une rencontre entre un paysage « du dehors » et un paysage « intérieur », repère les référents, spatiaux, temporels, en souligne soit l’identification ou la ressemblance, soit la singularité ou la différence.
C’est une position de limite, de contradiction, parfois, qui permet de constituer un nouveau catalogue de « faits de vie » dans ce qu’ils peuvent avoir de constant, ou d’exceptionnel. Là se situe la question du précédent, dans la chaîne des représentations communes que conserve la mémoire collective.
C’est dans ces écarts que la distance se raconte ou se mesure. La quête d’un inventaire du monde s’est, en effet, peu à peu assuré le concours d’instruments générateurs de nouvelles pratiques. Les sensibilités se sont transformées, qui tendent à redéfinir les relations entre l’homme et le monde, et intègrent, à ce titre, la reconnaissance des subjectivités individuelles, comme garant d’objectivité.

Dernière modification de cette fiche : 6 mai 2010.

EHESS (Siège), 190-198 avenue de France 75244 Paris cedex 13 - Tél : 01 49 54 25 25