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2e et 4e jeudis du mois de 18 h à 20 h (INHA, salle Walter-Benjamin, 2 rue Vivienne 75002 Paris), du 12 novembre 2009 au 27 mai 2010
En articulation avec le séminaire "Recherches en histoire visuelle", ce séminaire poursuit les travaux entamés en 2008 sur la question des images comme support de mythes. Comment et pourquoi l'image devient-elle médiateur de récit ? Par quel mécanisme et dans quelles condistions en vient-elle à à se substituer au représenté ? On étudiera notamment le rôle de l'iconographie dans la modélisation scientifique et technique, mais aussi les élaborations de la culture populaire, ou encore la part visuelle de la construction des récits journalistiques.
Mots-clés : Anthropologie, Culture, Histoire, Image, Visuel,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Domaine de l'affiche : Histoire - Problèmes généraux
Intitulé général : Histoire visuelle
Renseignements : sur rendez-vous : http://www.gunthert.fr.
Direction de travaux d'étudiants : jeudi après-midi sur rendez-vous.
Réception : jeudi après-midi sur rendez-vous.
Niveau requis : Séminaire de recherche ouvert aux étudiants formés en histoire, histoire de l'art, études cinématographiques ou études visuelles à partir de la licence et auditeurs libres.
Site web : http://www.lhivic.org
Adresse(s) électronique(s) de contact : gunthert(at)lhivic.org
Le séminaire “Mythes, images, monstres” s’est donné pour objet l’analyse des usages visuels de la culture populaire occidentale contemporaine. Selon les principes mis en œuvre par Roland Barthes dans Mythologies (1957), toutes les productions des industries culturelles sont placées sur un pied d’égalité, sans distinction entre fiction et information, au titre d’œuvres à caractère narratif, ou récits, en concurrence sur les marchés du loisir et de l’attention.
Dans ce cadre, l’usage principal des images apparaît comme celui de support de récit. En régime culturel, l’image n’est jamais seule : elle accompagne le plus souvent un énoncé, présent ou implicite, qui justifie son usage. Comme tous les produits des industries culturelles, l’image est un objet édité, autrement dit le résultat visible d’un processus élaboré dont l’éditeur est le principal acteur. Au lieu de se restreindre à la seule prise en compte des caractères formels de l’image, l’analyse doit par conséquent porter sur le dispositif dans son ensemble (qui inclut notamment la nature du support, le contexte d’énonciation ou les indications d’échelle).
Le cadre théorique qui permet d’analyser la majorité des usages de l’image en régime culturel est celui du rapport illustratif, qui peut être caractérisé par l’existence d’une intention narrative et la création d’un rapport signifiant entre un énoncé et une image.
Tout en rappelant le poids du rôle pédagogique dans l’essor des produits éditoriaux illustrés, l’analyse de l’imagerie des dinosaures, de 1852 à nos jours, a permis de mettre en évidence l’importance de la fonction de figuration dans les usages culturels de l’image. Censé véhiculer une information objective, le « réalisme » de la représentation vise à renforcer l’illusion de neutralité de la proposition visuelle. En l’absence du représenté, l’image a la capacité de fournir une information suffisamment dense pour faire croire à l’existence d’une nouvelle réalité.
S’en tenir à l’analyse des productions isolées n’est pas suffisant. Le système des industries culturelles est caractérisé par une forte propension à la répétition ou à la reprise des récits, pour des raisons d’opportunité économique. La vitalité des récits est perçue comme un indicateur de leur pertinence symbolique. L’analyse de la mythologie de la conquête spatiale au début des années 1950 ou celle de l’illustration de Rudolf Zallinger « La marche du progrès » (1965) ont permis d’observer les effets historiques de cette répétition, qui produit une objectivation des récits. Leur circulation intermédiale fait progressivement oublier leur caractère d’œuvre créée et leur confère une valeur de généralité, les faisant accéder au rang de métarécits (Lyotard). L’objectivation ainsi réalisée favorise l’appropriation collective.
En dépit de la fiction de la rationalité occidentale, le paysage que dessine une histoire des usages culturels de l’image montre que la croyance mythologique y occupe une place semblable à celle des sociétés dites traditionnelles. Comme la culture chrétienne médiévale, les industries culturelles choisissent l’image pour s’adresser au plus grand nombre. Comme elle, elles s’appuient sur la fonction figurative pour favoriser une objectivation des récits. Comme elle, elles font de l’imaginaire le moteur d’une société.
Dernière modification de cette fiche : 15 juillet 2009.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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