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1er et 3e mercredis du mois de 15 h à 17 h (salle 8, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 4 novembre 2009 au 2 juin 2010
En France, le déplacement de la question raciste à la question raciale permet aujourd’hui de mettre au jour, au-delà des idéologies et des pratiques du racisme, les logiques et les processus sociaux à l’œuvre dans la production des discriminations raciales. C’est aussi l’occasion de déplacer le regard, en s’intéressant moins au point de vue des racistes, ordinaires ou sophistiqués, et davantage à celles et ceux qui sont l’objet de ces discriminations, et que cette expérience sociale contribue à constituer en sujets. Plus largement, on peut ainsi s’interroger sur la manière dont se construisent des sujets « racialisés », c’est-à-dire sur ce que la racialisation de notre société fait, non seulement aux minorités visibles, mais aussi à la majorité invisible et même à la société dans son ensemble telle qu’elle se redéfinit à partir de ces nouvelles frontières. Ce questionnement est l’occasion d’appréhender la spécificité de cette actualité française brûlante selon deux logiques complémentaires. D’une part, comment comprendre notre présent à la fois comme le prolongement d’un passé constitué par l’histoire de l’esclavage, de la colonisation et de l’immigration, et en même temps, sans l’y réduire, comme une reformulation de la question raciale ? D’autre part, comment comprendre cette histoire et cette actualité à la fois dans leur singularité, propre à l’expérience nationale française, et en même temps dans un espace plus large de circulation transnationale, comme l’illustrent aujourd’hui l’internationalisation de la question noire et la racialisation de l’islam ? Prolongeant les analyses d’abord esquissées en 2007-2008, et prolongées en 2008-2009, des intervenants d’horizons disciplinaires et nationaux différents viendront éclairer nos réflexions.
Mots-clés : Anthropologie, Coloniales (études), Culture, Genre, Histoire, Politique, Sociologie,
Aires culturelles : Afrique, Amérique du Nord, Contemporain (anthropologie du, monde), Europe, France,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Intitulé général : Anthropologie politique et morale
Renseignements : IRIS, 96 bd Raspail 75006 Paris, tél : 01 53 63 56 58, iris(at)ehess.fr
Réception : sur rendez-vous
Site web : http://www.iris.ehess.fr
Adresse(s) électronique(s) de contact : didier.fassin(at)ehess.fr, eric.fassin(at)ens.fr, pap.ndiaye(at)ehess.fr
En prolongement des séminaires des années précédentes, la question de la racialisation a fait l’objet d’une approche pluridisciplinaire favorisant les comparaisons dans l’espace et dans le temps. Outre les séances animées par les trois animateurs, à savoir l’une sur « color-blindness et société post-raciale », une autre sur « le nègre de Dumas » (Éric Fassin), une troisième sur « la question raciale dans la négritude » (Pap Ndiaye) et la quatrième sur « la racialisation comme nouvelle frontière » (Didier Fassin), deux séances privilégièrent la perspective historique : Adam Green (Université de Chicago) montra comment le monde noir de Chicago s’inscrivait dans la modernité culturelle au milieu du XXe siècle en « vendant la race », c’est-à-dire en montrant comment elle constitua un point d’appui à l’essor d’une industrie culturelle vivace, tandis que Frederick Cooper (Université de New York) explora les tentatives de déracialisation de l’Empire français après la Seconde Guerre mondiale. Deux séances furent consacrées aux mondes noirs : l’une, au cours de laquelle Mara Viveros (université nationale de Bogota) présenta son travail sociologique sur les classes moyennes noires en Colombie, tandis que Christian Poiret (Université Paris-VII/Diderot) s’interrogea sur le « devenir noir » dans la France contemporaine. Deux interventions situèrent l’analyse à l’échelle européenne : celle de Salvatore Palidda (Université de Gênes) qui montra comment la persécution des étrangers participe d’une politique de « racisme démocratique », et celle d’Alana Lentin (Université du Sussex), qui s’attarda sur les sociétés dites « post-raciales » en montrant comment la notion peut se comprendre dans le contexte de la culturalisation de la politique, et comment cela a pris la forme contemporaine du « post-politique ». Enfin, Dominique Schnapper proposa de saisir à nouveaux frais la question des liens entre racisme et antisémitisme, dont elle estime qu’il serait utile d’en faire une histoire et une sociologie croisées, plutôt que parallèles.
Dernière modification de cette fiche : 15 décembre 2009.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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