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3e jeudi du mois de 11 h à 13 h (salle 7, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 19 novembre 2009 au 20 mai 2010. Une séance supplémentaire se tiendra le 10 juin 2010, même salle, même heure
Ce séminaire pluridisciplinaire et pluri-institutionnel veut rendre compte, à partir de terrains d’enquêtes et de travaux récents (articles, livres, films) consacrés aux mutations de la ruralité, des nouvelles problématiques et des recherches inédites en France et en Europe. Les intervenants français et étrangers appartenant à des horizons différents y présentent les résultats de leurs recherches, faisant de ce séminaire un lieu de formation à l’analyse des transformations sociales, culturelles, économiques et paysagères contemporaines du monde rural.
Programme des séances :
Jeudi 19 novembre 2009 : Agriculteurs biologiques : ruptures et innovations.
Invité : Jean Nizet, sociologue - Présentation : Michel Streith
Jeudi 17 décembre 2009 : Les gars du coin : enquête sur une jeunesse rurale
Invité : Nicolas Renahy, sociologue - Présentation : Martyne Perrot
Jeudi 21 janvier 2010 : Nature et artefact, le vent partenaire du paysagiste
Invité : Remy Duthoit, paysagiste - Présentation : Jacques Cloarec
Jeudi 18 février 2010 : La sociologie rurale en question
Invité : Jean Paul Billaud, sociologue - Présentation : Pierre Alphandery
Jeudi 18 mars 2010 : Un terrain de longue observation : l’observatoire du Causse Méjean
Invitée : Nicole Mathieu, géographe - Présentation : Aline Brochot et Martin de la Soudière
Jeudi 15 avril 2010 : L’inscription de la gastronomie française au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO
Invitée : Julia Csergo, historienne - Présentation : Rolande Bonnain et Aline Brochot
Jeudi 20 mai 2010 : Alpes de Lumière : utopie et territoire
Invitée : Karine Larissa-Basset, historienne - Présentation : Bernadette Lizet
Jeudi 10 juin 2010 : Présentation du film : Ernest, pêcheur à la ligne (16mm, 1981, 66mn)
Invité : Jean-Pascal Fontorbes, réalisateur - Présentation : Martin de la Soudière.
Mots-clés : Anthropologie, Géographie, Histoire, Rurales (études), Sociologie,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Europe
Intitulé général : Ruralités contemporaines. Séminaire interdisciplinaire de recherche
Renseignements : Rolande Bonnain, tél. : 01 49 54 23 54.
Réception : Rolande Bonnain-Dulon, mardi et jeudi de 14 h à 17 h.
Adresse(s) électronique(s) de contact : bonnain(at)ehess.fr
Comme chaque année, le séminaire a été consacré à l’actualité de la recherche et à la discussion des nouvelles problématiques. La séance du 19 novembre 2009 a été consacrée à la présentation du livre co-écrit par Denise Van Dam, Jean Nizet, Marcus Dejardin et Michel Streith Agriculteurs biologiques : ruptures et innovations. À cette occasion, Jean Nizet, professeur de sociologie à l’Université de Namur, a rappelé les dynamiques à l’œuvre dans le choix de passer à un mode de production en bio. S’appuyant sur des entretiens auprès d’une soixante d’agriculteurs de différentes régions, l’auteur a mis en évidence les dimensions civique, holiste, identitaire et émotionnelle qui, tout autant que les choix économiques et agronomiques, assurent la cohérence du projet de conversion. Au cours de la séance du 17 décembre 2009, Nicolas Renahy, auteur des Gars du coin, enquête sur une jeunesse rurale, Paris, La découverte, 2006, a exposé sa recherche publiée sur le devenir des enfants des ouvriers ruraux dans le Dijonnais. La génération qu’il étudie, celle d’après la croissance, trente ans au moment de l’enquête, a été exclue de la croissance et est restée au village. Nicolas Renahy a abordé, lors de cette séance, les ressorts de la précarisation d’une classe d’âge, les difficultés d’adaptation à un marché du travail en profonde mutation enfin la spécificité de cette société locale modelée par une industrie rurale qui a façonné les rapports très particuliers à l’emploi et au patronat. En janvier, Rémi Duthoit, paysagiste et plasticien, a exposé différents aspects de son métier : analyste, conseil, et créateur de paysage, et par ailleurs, artiste créateur de machines qui dessinent avec le vent. La décision politique de lutter contre l’accumulation des gaz à effet de serre en promouvant la production éolienne d’électricité a eu, en France, des effets contradictoires. Si l’opinion est favorable à l’éolien en général, son implantation a engendré localement une conflictualité paysagère très vive, dont le paysagiste est tantôt l’otage tantôt le médiateur. Par ailleurs, ces machines à vent ont relancé un imaginaire social, une culture du vent, avec la multiplication d’associations d’amateurs, de festivals du vent, et de créations artistiques inspirées par cette « force dynamique qui semble affranchie de la gravité terrestre » (G. Bachelard). En février, Pierre Alphandéry et Jean-Paul Billaud ont traité des nouveaux objets de la sociologie rurale et de sa capacité d’envisager la conservation et le changement des spécificités du monde rural. En particulier Jean-Paul Billaud a parlé de la naturalisation du rural avec l’association/opposition de l’espace résidentiel face à l’espace naturel, de son écologisation et du processus de patrimonialisation. Nicole Mathieu, géographe et historienne, rédactrice en chef de la revue Nature, Sciences et Société a évoqué l’évolution de ses questionnements sur un terrain de longue observation, le causse Méjan en Lozère, en introduisant son exposé à l’aide d’un film. En avril, Julia Csergo, chargée de la préparation et de la rédaction de l’important projet de l’inscription de la gastronomie française au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, nous a exposé les atouts de cette candidature, les obstacles qu’elle rencontrait et l’incompréhension qu’elle avait suscitée à ses débuts. Ainsi elle a souligné les différences entre les conceptions du bien-manger dans le monde et a transformé le projet initial en « repas gastronomique des Français ». La séance de mai 2010 était intitulée « Alpes de lumière : utopie et territoire », une problématique centrale dans l’œuvre de Karine-Larissa Basset, historienne et ethnologue, invitée à exposer la matière d’un livre publié en 2009 sur le sujet (Pierre Martel et le mouvement Alpes de lumière. L’invention d’un territoire (1953-1983), éditions de l’Aube). Karine-Larissa Basset a centré sa présentation sur ce mouvement associatif haut-provençal, en élargissant son propos en conclusion, avec une autre recherche et un ouvrage à paraître en octobre 2010 (Aux origines du parc national des Cévennes. Des précurseurs à la réalisation, Florac, éditions du Parc national des Cévennes). Cette problématique des précurseurs et des leaders charismatiques de parcs (naturels régionaux et nationaux) français constitue l’autre fil rouge de ses recherches. La séance était animée par Bernadette Lizet. La séance de juin 2010 reposait sur la présentation d’un film Ernest ou l’identité d’un pêcheur, un documentaire de 66 mn réalisé en 1981 par Jean-Pascal Fontorbes et produit par le LORCA (Laboratoire occitan de recherche cinématographique et audiovisuelle). Ernest est le dernier pêcheur professionnel de l’Agout, affluent du Tarn. La pollution par une papeterie locale l’a contraint d’arrêter son activité dans les années 1970. Pour la caméra, le vieil homme évoque sa connaissance fine de la rivière, présente son matériel et un savoir-faire technique très étendu. Le film a suscité une vive discussion, notamment sur la dévolution des rôles hommes-femmes dans l’activité de pêche en rivière, et sur l’histoire de la pollution et de la dépollution des rivières françaises, sous l’influence des associations d’usagers (pêche à la ligne, canoë-Kayak, randonnée). La séance était animée par Bernadette Lizet.
Dernière modification de cette fiche : 18 janvier 2010.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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