2009-2010

Atelier méthodologique pratiques d'écriture : corpus, analyses, enquêtes

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

2e et 4e mardis du mois de 11 h à 13 h (salle 2, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 13 octobre 2009 au 9 février 2010

Cette année l'atelier reviendra à ses fondamentaux : l'apport des disciplines érudites à l'étude de l'écrit. Seront sollicitées la paléographie, la codicologie, la diplomatique, l'épigraphie et l'archivistique. On insistera sur les développements récents de ces disciplines et leur application aux pratiques d'écriture contemporaines.

Mardi 13 octobre 2009 : Antonio Castillo Gomez, (Université de Alcalà de Henares, Espagne), « Paléographie et histoire de la culture écrite : la ville de l'époque moderne (XVe- XVIIe s.) comme espace d'acculturation graphique »
Resumé :
Mon étude se fonde tant sur une conception de la paléographie comme science « globale » de l’écriture, que sur les thèses qui revendiquent la connaissance des usages et fonctions assignés aux écrits et à leurs diverses typologies, comme une manière de connaître et de mieux comprendre chaque époque et chaque société.
Nous nous focaliserons ici sur les différentes manifestations écrites rendues visibles dans les villes de la première époque moderne (XVe-XVe s.).
Une telle proposition nous permet d’examiner un large éventail de typologies graphiques, car les écrits produits pour être exposés dans les espaces publics de la ville furent nombreux : arrêts et édits, bulles et indulgences, panneaux publicitaires et festifs, inscriptions lapidaires et éphémères, libelles et fanzines, affiches diffamatoires et graffiti, entre autres.
Une telle variété témoigne des multiples fonctions (informative, de propagande, symbolique, contestataire, etc.) et des diverses technologies d’écriture employées à cette époque : certains de ces écrits sont rédigés à la main, tandis que d’autres ont été composés sur des planches d’imprimerie et une bonne partie a été gravée dans la pierre. Les étudier suppose donc de recourir aux ressources et outils offerts par diverses disciplines consacrées à l’écrit, notamment la paléographie, la diplomatique, l’épigraphie et la bibliographie. C’est sur celles-ci que nous insisterons, sans pour autant déprécier les apports venus d’autres champs du savoir qui abordent également l’étude de l’écriture.

Mardi 24 novembre 2009 : Alison E. Cooley, épigraphiste anglaise (University of Warwick, UK), "Writing and re-writing history in ancient Rome : an epigraphical approach".
This paper offers some reflections about how writing in the form of inscriptions developed as a form of history-writing in ancient Rome. Inscriptions at Rome were not part of what the Romans would have thought of as history-writing in its narrow sense, but inscriptions were, even so, part of historical thinking. My paper starts with some thoughts about how, before the development of history-writing, the history of Rome was shaped by inscriptions representing the history of the city’s office-holding elite. It then considers a second way of representing Rome’s history, as a sequence of individual magistrates, in the inscriptions known as fasti, or calendars. It then outlines a further development in ways of writing Rome’s history, this time as the history of a single individual, Augustus. It illustrates how the process whereby Augustus emerged as de facto monarch at Rome was supported and consolidated by inscriptions and other monuments encouraging awareness of his unique place in Rome’s history. The final section of my paper moves forward into late antiquity, a period when there appears to be a striking preoccupation with the role of inscriptions in shaping the historical record, and it takes as a case-study inscriptions in the forum of Trajan at Rome. It shows how inscriptions were set up in an attempt to revise the historical record, as the newly Christian elite tried to come to terms with the city’s pagan past.

Mardi 12 janvier 2010 : Anaïs Wion, historienne au Centre d’Étude des Mondes Africains (UMR 8171), CNRS,  « Stratégies d’écriture des chartes : privilèges royaux, exceptions princières et roublardises cléricales (Éthiopie, XVe-XIXe s.) »

Résumé : Cette étude des actes légaux et documents d’archive produits dans le royaume d’Éthiopie s’appuie en partie  sur les méthodes développées par la diplomatique et la codicologie. La codicologie observe l’objet archéologique qu’est le livre manuscrit, produit et témoin d’une culture matérielle. Dans le cas éthiopien, l’absence de « signes particuliers » s’impose presque comme l’objet d’étude, paradoxe apparent qui s’efface à l’analyse. Dans une culture où l’écrit est peu visible et où les manuscrits ne disposent que de très peu d’outils para-textuels, les documents légaux représentent une sous-catégorie particulièrement discrète. Relégués dans les espaces laissés en blanc par les textes sacrés, souvent rédigés à la hâte et sans soin particulier, ils ne disposent que de cet espace « en creux » pour témoigner des décisions légales fondamentales qui font l’histoire et la légitimité des communautés.
Une autre « science auxiliaire » de l’histoire, la diplomatique, s’est développée dès le xviie siècle en Europe pour l’étude des chartes médiévales et, en particulier, le repérage des documents forgés. L’analyse de la structure du discours et de la langue des actes peut sevir à dépasser les barrages dressés par la « langue de bois » des documents légaux... à moins que l’application trop stricte de la méthodologie ne crée des catégories empêchant de voir l’objet d’étude.
Nous proposons dans le cadre de ce séminaire de présenter un cartulaire rassemblant des chartes du nord de l’Éthiopie chrétienne, à l’initiative du clergé d’une église importante, dont les rapports avec le pouvoir royal et les princes régionaux furent souvent complexes. L’analyse codicologique est particulièrement complexe car nous ne connaissons ce cartulaire qu’à travers une copie d’orientaliste, conservée aujourd’hui à la BnF. Pourtant, une bonne connaissance de la structure des archives éthiopiennes permet de tirer de nombreux enseignements de cette copie. Surtout, l’analyse diplomatique fait entendre derrière l’apparente homogénéité de la centaine de chartes rassemblées dans ce codex, les voix des différentes forces en présence au cours des siècles : les souverains essayant de préserver leur privilège sur les attributions foncières et leur influence sur la région ; les moines voulant contrôler la gestion des paroisses et garantir l’immunité de leurs territoires  ; les nombreux princes et gouverneurs qui luttent pour étendre leurs pouvoirs.

Mardi 26 janvier 2010 : Anne Burnel, Conservateur en chef du patrimoine, responsable du Service national des Archives de La Poste (SNA), pour une intervention intitulée : « Les archives de La Poste ».

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Renseignements : Leila Choueiri, tél : 01 45 44 61 50.

Direction de travaux d'étudiants : Béatrice Fraenkel, sur rendez-vous uniquement.

Réception : pas d'inscription au séminaire requise.

Niveau requis : master

Site web : http://www.iiac.cnrs.fr/ecriture/

Adresse(s) électronique(s) de contact : ecriture(at)ehess.fr

Dernière modification de cette fiche : 22 janvier 2010.

Dernière mise à jour le 14/04/2009

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