2009-2010

Les institutions de la musique savante

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Horaire et dates fixés ultérieurement (EHESS, Centre de la Vieille-Charité, 2 rue de la Charité 13002 Marseille),

Ce séminaire est consacré à la description des lieux de pratiques savantes - théâtres d’opéra, festivals, etc. - inscrits dans un périmètre urbain et dont la pérennité tient à la co-présence de cadres politiques et de l’implication de publics stables. On identifiera les processus d’institutionnalisation, historiques notamment, qui pérennisent les définitions concurrentes à partir desquelles les objets d’art sont identifiés et éprouvés. Ces processus seront mis en perspective à partir d’analyses en « contre-plongée » portant sur les pratiques esthétiques ordinaires, en confrontant la façon dont se construit la relation esthétique hors du périmètre des arts institués (esthétisation de l’espace domestique, récollection des ressources culturelles environnantes dans un mouvement centripète).

Mots-clés : Sociologie,

Aires culturelles : Europe,

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Sociologie

Intitulé général : Sociologie et histoire des formes et dispositifs culturels

Direction de travaux d'étudiants : réception des étudiants sur rendez-vous.

Adresse(s) électronique(s) de contact : pedler(at)univmed.fr

Compte rendu

Cette année, le séminaire a associé deux volets, l’un ouvert conjointement aux étudiants de master et aux doctorants, l’autre destiné plus spécifiquement à ces derniers. Le premier volet, centré sur les institutions de la musique savante, s’inscrit dans la continuité du séminaire développé en commun par Jean Boutier et moi-même sur l’histoire intellectuelle et la sociologie de l’art. Afin de prolonger les débats ouverts lors du récent colloque de l’Opéra Bastille, Le répertoire de l’Opéra de Paris. Plusieurs séances ont porté sur l’histoire de l’opéra (le processus de reconnaissance publique du grand opéra (1830 à 1918), la programmation sur les grandes scènes internationales contemporaines de productions baroques (autour du cas des Indes Galantes). D’autres séances ont poursuivi les discussions engagées les années précédentes à propos des premières sociologies de la musique (Weber, Simmel, Halbwachs). Dans le cadre du second volet du séminaire, Maxime Jaffré a présenté sa thèse en cours, qui porte sur les ensembles de musiques arabo-andalouses aux États-Unis et en France. On s’est également attardé sur le projet de recherche en cours d’Elena Raevskikh, qui porte sur la transformation récente des dispositifs d’enseignement de la musique (du fait de la mise en place progressive des Conservatoires à rayonnement européen décidés par le traité de Bologne de 1999. Elle a montré à partir de deux études de cas (CRR et CRD) qu’une renégociation de la place jusque-là accordée aux institutions (CRD et CRR), très précisément hiérarchisées dans l’espace français, mettait en évidence le caractère réticulaire de ces entités, affirmant par là qu’il n’existe pas de système d’enseignement organisé et structuré, mais diverses institutions renégociant sans cesse leur position relative. Enfin, Esteban Buch est venu discuter sa contribution à un colloque récent (« Le ping-pong de la musique savante et la musique populaire : retour sur une impasse théorique ») durant deux après-midi. La dernière journée du séminaire a porté sur les formes rationnelles de la culture. Par-delà les usages a critiques de la notion d’acteur rationnel, les définitions d’inspiration wébérienne des diverses formes (religieuses, artistiques, culturelles) de la rationalité en valeur nous ont permis de discuter les thèses de l’avant-propos de la Sociologie des religions portant sur les dimensions intra mondaines et extra mondaines de ces formes. Enfin Derek Robbins, professeur invité à l’EHESS (University of East London) a placé l’une de ses conférences portant sur les traditions britanniques et françaises en épistémologie aux XIXe siècle et XXe siècles dans le cadre du séminaire Dynamiques de la culture.

Publications
• « L’impossible postérité du grand opéra français ? », dans Le répertoire de l’Opéra de Paris 1671, sous la dir. de Michel Noray et Solveig Serre, Paris, Écoles des Chartes, 2009.
• « Introduction à l’atelier – musique et son », dans Lire, Voir, Entendre : La réception des objets médiatiques, sous la dir. de Pascale Goetzchel, François Jost et Myriam Tsikounas, Paris, Publications de la Sorbonne, 2010, p. 273-276.
• « La chute de la maison Trébor : l’Alcazar de Marseille, 1949-1965 », op. cit., p. 309-315.

Dernière modification de cette fiche : 15 juillet 2009.

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