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1er et 3e jeudis du mois de 17 h à 19 h (salle Alphonse-Dupront, 10 rue Monsieur-le-Prince 75006 Paris), du 5 novembre 2009 au 24 juin 2010.
L’atelier vise à organiser un travail collectif autour de l’écriture en sciences sociales. Il cherche simultanément à améliorer l’écriture de textes en cours, et à réfléchir sur les multiples façons d’écrire dans ces disciplines. Il s’attache à examiner les différentes opérations engagées dans l’écriture (la référence à l’empirie, l’introduction des concepts, le renvoi à d’autres travaux, l’exemplification, le mode de présence de l’auteur, etc.), à identifier la nature des problèmes rencontrés et à examiner les solutions imaginées par les auteurs pour y faire face. Il sera construit autour de deux types de séances : les unes partiront des textes, en cours d’écriture ou déjà publiés, proposés par les participants du séminaire ; les autres s’appuieront sur une relecture de textes consacrés.
Mots-clés : Anthropologie, Écriture, Histoire, Sociologie,
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Sociologie
Intitulé général : Sociologie de la santé et du monde médical
Renseignements : Nicolas Dodier, GSPM 10 rue Monsieur-le-Prince 75006 Paris.
Niveau requis : master.
Adresse(s) électronique(s) de contact : dodier(at)ehess.fr
L’objectif du séminaire était double : améliorer l’écriture de textes destinés à être publiés, et soumis à la discussion par des participants du séminaire ; réfléchir aux opérations engagées dans l’écriture des textes en sciences sociales. Il était organisé sous forme d’atelier, en privilégiant la contribution de chacun à la réflexion collective. Il souhaitait rassembler des étudiants de différents niveaux (master, doctorants), et des jeunes chercheurs. Il cherchait à tirer parti de la dynamique des discussions générée par les ancrages disciplinaires des deux animateurs du séminaire : l’un (Nicolas Dodier) plutôt issu de la tradition sociologique, l’autre (Deborah-Puccio) de la tradition anthropologique ; deux traditions qui, au-delà des nombreuses convergences qui se sont développées ces dernières années quant aux objets de recherches et aux méthodes d’observations, ne s’en réfèrent pas moins, et notamment concernant les modalités d’écriture, à des manières de faire parfois contrastées. L’élucidation du rapport à l’empirie qu’entretiennent les sciences sociales était au cœur de notre réflexion. Le séminaire comportait trois types de séances. Le premier type était organisé autour d’un thème faisant l’objet d’une présentation théorique. Dans les séances introductives, l’accent a été ainsi mis sur la conception de l’écriture que nous souhaitions développer. Nous avons insisté sur une vision de l’écriture comme composition entre des contraintes hétérogènes, et sur la conception du séminaire qui en découle. Un atelier conçu, non comme la formulation d’un ensemble de règles ou de recommandations à appliquer, mais comme le révélateur de la pluralité de ces exigences, et comme l’apprentissage, grâce à une lecture collective des textes soumis à la discussion, d’une réflexivité qui permette ensuite d’élaborer des modes d’écriture plus ajustés à la nature des équilibres que chaque auteur choisit de privilégier. Ont été également traitées, à partir d’exposés introductifs, les questions suivantes : l’opération d’exemplification ; les différentes formes d’écriture qui jalonnent le travail du chercheur en sciences sociales, depuis les prises de notes sur le terrain jusqu’au texte publié ; le recours aux photographies (séance animée par Nathalie Plouchard, doctorante).
Dans les séances de deuxième type, nous engagions directement la discussion autour d’un texte distribué au préalable par l’un des participants. Chacun était invité à faire part de ses remarques « sous l’angle de l’écriture », et non comme c’est généralement le cas dans les séminaires de recherche, sous l’angle du fond. Certes, forme et fond ne sont jamais séparés, et il n’est pas rare, partant de la forme de réinterroger le fond, et ce faisant de mieux cerner en retour les implications des différentes stratégies quant au fond sur l’écriture. Mais le pari de cet atelier était de croire à l’existence d’un espace de discussions qui traite, en tant que telle, de l’écriture des textes, et qui organise ainsi d’une façon inédite les échanges. L’auteur n’avait donc pas à présenter sa recherche, nous partions directement des remarques adressées au texte, et nous engagions le débat avec l’auteur en cherchant, au-delà du texte lui-même, à comprendre ce que le débat nous apprenait plus généralement de la construction et de la réception d’un texte. Nous avons discuté, selon cette méthode de travail, d’articles proposés par Mathieu Brier (master 2), Laura Chartain, Valérie Kozlowski (doctorantes), Janine Barbot (INSERM) et Nicolas Dodier, François Hochereau (INRA), Géraldine Bloy (maître de conférences à l’Université de Bourgogne) et Laurent Rigal (Universtité Paris-V/Descartes), ainsi que de l’ouvrage récemment publié par Catherine Rémy (CNRS), « La fin des bêtes ».
Le troisième type de séance était organisé autour d’une opération d’écriture spécifique, dont nous essayions de décliner les formes qu’elle prend selon différents auteurs. Chaque séance était alors organisée autour des matériaux apportés par les participants (texte entier, fragment de texte), afin d’avoir un échantillon assez large des manières de faire en sciences sociales, concernant l’opération en question. Nous avons étudié sous cet angle les opérations suivantes : faire référence à un entretien (en partant notamment de matériaux puisés dans « La misère du monde », ouvrage dirigé par Pierre Bourdieu, et qui a fait l’objet de controverses intéressantes sur la manière d’articuler des énoncés généraux sur la vie sociale et de longs extraits d’entretiens auprès de personnes singulières) ; rendre l’auteur présent dans le texte (et effacer sa présence) : par les pronoms utilisés, par la manière de parler de soi, etc. ; faire le portrait (sociologique, anthropologique) d’un individu ; rendre compte de l’enquête ; rapporter des observations de terrain et les faire figurer dans le texte.
Publications
• « Transformation des modes d’identification et de traitement des incidents dans une entreprise de la métallurgie », dans La sécurité en action, sous la dir. de Gilbert de Terssac, Ivan Boissières et Irène Gaillard, Toulouse, Octarès, 2009, p. 147-152.
• « Pensare un regime di valutazione della ricerca scientifica », dans La valuatzione della ricerca nelle scienze sociali, sous la dir. d’Alberto Baldissera, Rome, Bonnano Editore, 2009, p. 64-88.
• Avec Janine Barbot, « L’expérience de l’action judiciaire parmi les victimes d’un drame médical », dans L’avion. Le rêve, la puissance et le doute, sous la dir. d’Alain Gras et Gérard Dubey, Paris, Publications de la Sorbonne, 2009, p. 211-230.
• Avec Janine Barbot, « Itinéraires de réparation et formation d’un espace de victimes autour d’un drame médical », dans Destins politiques de la souffrance. Intervention sociale, justice, travail, sous la dir. de John Cultiaux et Thomas Périlleux, Toulouse, Éditions Erès, 2009, p. 101-119.
• « Contributions de Médecins Sans Frontières aux transformations de la médecine transnationale », dans Innovations médicales en situation humanitaire. Le travail de Médecins Sans Frontières, sous la dir. de Jean-Hervé Bradol, Claudine Vidal, Paris, L’Harmattan, 2009, p. 172-193.
• « Le laboratoire des cités et les biens en soi », dans Compétences critiques et sens de la justice, sous la dir. de Marc Breviglieri, Claudette Lafaye, Danny Trom, Paris, Économica, 2009, p. 55-67.
• « L’espace public de la recherche médicale. Autour de l’affaire de la ciclosporine », dans Médias, médicaments et espace public, sous la dir. de Christine Thoër, Bertrand Lebouché, Joseph J. Lévy, Vittorio Alessandro Sironi, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2009, p. 93-132.
• « Experts et victimes face à face », dans Mobilisations de victimes, sous la dir. de Sandrine Lefranc et Lilian Mathieu, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2009, p. 29-36.
• « Konventionen als Stützen der Handlung. Elemente der soziologischen Pragmatik », Trivium, 5–2010, [En ligne], mis en ligne le 10 janvier 2010. URL : http://trivium.revues.org/index3565.html.
• Avec Janine Barbot, « Violence et démocratie dans un collectif de victimes. Les rigueurs de l’entraide », Genèses, 2010, n° 81, p. 84-113.
• « Contribution à une histoire politique de l’autorité médicale », dans (Se) gouverner. Entre souci de soi et action publique, sous la dir. de Guy Lebeer, Jacques Moriau, Bruxelles, Peter Lang, 2010, p.41-56.
Dernière modification de cette fiche : 23 juin 2010.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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