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Lundi de 19 h à 21 h (salle 9, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 16 novembre 2009 au 10 mai 2010. La séance du 1er février est annulée
Ce séminaire propose une étude comparée entre la philosophie d’Avicenne et la phénoménologie de Husserl en analysant certaines thématiques similaires. Les problèmes philosophiques débattus par Avicenne s’inscrivent dans le prolongement de la philosophie grecque. Quant à la phénoménologie, elle se considère comme l’accomplissement de cette continuité pour constituer une synthèse des questions philosophiques dans une nouvelle modalité.
L’examen de notions comme l’intentionnalité, la hylè, l’abstraction, la logique, etc., permet de montrer d’un côté la contribution d’Avicenne au développement de la philosophie occidentale et d’un autre côté, comment Husserl remanie des concepts médiévaux, issus de la tradition grecque, pour leur donner une acception nouvelle, fondant la phénoménologie.
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Mots-clés : Épistémologie, Philosophie,
Aires culturelles : Europe, Musulmans (mondes),
Domaine de l'affiche : Philosophie et épistémologie
Renseignements : sur rendez-vous.
Adresse(s) électronique(s) de contact : rezarokoee(at)yahoo.fr
Nous avons voulu mener une étude comparative entre la phénoménologie de Husserl et la philosophie d’Avicenne. Par phénoménologie nous entendons la seule phénoménologie de Husserl, à l’exclusion de tout autre commentaire et d’interprétations qui ne peuvent être qualifiés que de néo-phénoménologie.
Comme il existe un Avicenne latin « occidental », il existe aussi un Avicenne arabo-persan « oriental », entre lesquels des différences parfois surprenantes montrent aussi bien la difficulté des études sur les corpus avicennien que l’enjeu de la langue dans l’analyse philosophique. L’examen des concepts fondamentaux tels ceux de logique, de Hylè, d’intention, de Phantasia, de perception, etc., à la fois chez Avicenne et chez Husserl, montre le développement de la pensée philosophique. Ces concepts, dans une sphère de convergence et de divergence, représentent des variantes analytiques pour viser la connaissance objective. En prenant l’intention et l’intentionnalité comme exemple par excellence de la continuité de la pensée philosophique entre Avicenne et Husserl, nous constatons avant tout un retour historique. Les traducteurs latins du corpus arabe et en particulier d’Avicenne ont ainsi traduit l’Idée de Platon et l’Eidos par Intentio, car Avicenne rendait ces concepts d’Idée et d’Eidos par le mot arabe Ma’nâ, qui a le sens d’intention (qui peut aussi être exprimé par ailleurs par les mot de Gharaz et Qasd). L’intention ne s’opère que dans le contexte des actes hylétiques et des data intuitives en commençant par l’intuition même comme le fondement de la conscience intentionnelle. D’autres problématiques découlent du même contexte, par exemple l’intellect et l’intellect prophétique chez Avicenne et l’aspect noétique-noématique chez Husserl que nous avons tâché d’analyser en comparant avec la notion de Logos. Une autre problématique majeure que nous avons développée et à propos de laquelle nous avons donné quelques pistes documentaires et analytiques est la logique. Le jeune Husserl mène notamment une critique véhémente, à travers les notions de conséquence et de conversion, pour « chasser » la conception ancienne qu’il qualifie de « logique traditionnelle » et qui, selon lui, s’est contentée de rester dans la limite de syllogismes rangés et finis à l’intérieur de quelques définitions préétablies.
En parallèle des données intelligibles, nous avons voulu étudier les données psychiques dans le contexte de la psychologie. C’est le corps comme lieu de la réceptivité qui joue un rôle fondateur chez Avicenne, sous un aspect scientifique, en mettant le corps dans le contexte de la nature, et chez Husserl dans le contexte de la kinesthésie. Mais la psychologie introduit un champ universel de l’homme s’exprimant par les sens internes dans le contexte médiéval chez Avicenne et les données psychiques chez Husserl. C’est encore sur le fond de la question de l’intentionnalité qu’on peut renouer le lien entre la logique et la psychologie. Chez Avicenne, c’est toujours un sens universel (Ma’ni Kulli) qui se manifeste en vue de diriger la raison vers la vérité et la connaissance sans faute. Chez Husserl, la vérité, dans un sens mêlé avec l’éthique chrétienne, se fait jour sous la forme de Mathesis universalis. L’analyse comparée de Lebenswelt (le monde de la vie) avec le discours analogique dans l’exemple de Hayy ibn Yaqzân montre qu’Avicenne voit une sorte de monde éveillé et conscient qui peut être similaire au monde vivant et éveillé de la phénoménologie de Husserl. Quoique peu apparente dans l’œuvre de Husserl, la philosophie médiévale est loin d’en être absente. Nous constatons, en parcourant ses textes, qu’il a légué une vision philosophique dans le sillage de la philosophie médiévale, mais caractérisée par une nouvelle approche phénoménologique qui a voulu se séparer définitivement de la philosophie médiévale tout comme des courants de la psychologie ou de la logique traditionnelles.
Dernière modification de cette fiche : 26 janvier 2010.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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