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1er et 3e lundis du mois de 13 h à 15 h (salle 1, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 16 novembre 2009 au 17 mai 2010. La séance du 4 janvier 2010 se tiendra dans l'amphithéâtre François Furet, même heure, même adresse. Séance supplémentaire le 10 mai, salle des artistes, 96 bd Raspail 75006 Paris (même heure).
Dans ce séminaire, il s'agira de discuter la notion de domination à partir de textes théoriques fondateurs (Weber, Foucault, Bourdieu,...) et d'observations effectuées en Algérie et au Maroc (dans des univers berbérophones), régions traversées par des luttes, des tensions, des affinités et /ou des alliances. Il importera de s'interroger sur les schèmes qui structurent les relations de pouvoir aussi bien au niveau des groupes, qu'au niveau des discours, comme de reconsidirer les critères de vision et de classificiation à l'origine de cette perception du monde et de la culture. À cette fin, il est intéressant de s'appuyer sur des discours reconnus et officiels (cf. la période coloniale) et sur ceux qui sont à la fois méconnus et mineurs.
Mots-clés : Anthropologie, Coloniales (études),
Aires culturelles : Afrique, Maghreb, Méditerranéens (mondes),
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Intitulé général : Anthropologie de la domination : pratiques, discours et représentations dans les sociétés berbères
Renseignements : Tassadit Yacine, tél : 01 49 54 22 00.
Direction de travaux d'étudiants : mardi matin, sur rendez-vous.
Réception : Claudette Vuilsteke 54, bd Raspail 75006 Paris, bureau 346.
Niveau requis : master et au-delà, connaissance des langues locales souhaitées
Adresse(s) électronique(s) de contact : yacine(at)msh-paris.fr
L’axe principal qui traverse notre séminaire a porté sur la problématique des langues à partir d’une vision historique et actuelle.
Deux volets ont constitué la plus grande partie de nos interventions :
1) le premier concerne l’évolution des différents discours et représentations produits au XIXe siècle ;
2) le second, les productions et les représentations dans l’aire nord-africaine et par-delà.
Race et histoire de Maurice Olender (en sa présence) a permis de comprendre la genèse de la domination linguistique (cf. « Les langues du Paradis ») qui puise ses origines dans un passé fort éloigné remontant au Moyen-Âge. Mais c’est surtout le xixe qui va introduire un lien direct entre « langue » et « race » comme si l’outil linguistique pouvait avoir une relation étroite avec la biologie (le corps) et la pensée (l’esprit). La langue des Aryens est supérieure (parce que rationnelle) à celle des Sémites – mis pour juifs – (poétique et mystique) est attestée dans de nombreux écrits scientifiques comme ceux d’Ernest Renan et d’autres éminents chercheurs qui ont marqué leur temps. Ces derniers ont participé à la généralisation de cette vision de la langue et de ses effets sur les corps et les mentalités dont on trouve des traces dans les écrits des auteurs de la colonisation (à partir de 1830). Cette opposition drastique est opérée entre la langue française, langue de la science dotée de rationalité et la langue arabe qui en serait totalement dépourvue, d’où cette perception de l’indigène léthargique, fanatique et dépourvu d’esprit critique. Mais cette vision des langues se perpétue : on la retrouve chez les auteurs arabes par rapport à d’autres langues et ici par rapport au berbère.
Dans le prolongement de Maurice Olender, Nabil Boudraa d’un côté, Walid Laggoune, Abdelhak Lahlou et Jean Tible de l’autre, interviennent pour illustrer cette notion de domination dans d’autres champs linguistiques et culturels.
Nabil Boudraa, professeur invité à l’EHESS (Université de l’Oregon) s’est appuyé sur des exemples empruntés à la littérature francophone en se fondant sur les œuvres de Mammeri, Amrouche, Djebbar pour rendre intelligible ce rapport doublement complexe aux langues.
Walid Laggoune (Université d’Alger) a montré les questions liées non pas seulement à la langue mais aux conflits de normes existants en Algérie lorsque langue et religion sont imbriquées.
Enfin Jean Tible (Université de Rio de Janeiro) et Abdelhak Lahlou (Paris) se sont penché sur les questions de réception des œuvres et en particulier le rapport à la temporalité qui peut différer selon que l’on se situe au centre ou à la périphérie ainsi que le passage d’une langue à une autre. La traduction d’une part et l’interprétation de l’autre jouent un rôle non négligeable avec laquelle s’opère la négociation en dehors des phénomènes : spatial et temporel.
Publications
• Tassadit Yacine, et al., Les Amazighs aujourd’hui, Paris, Publisud, 2010.
• Jean Amrouche, Journal 1928-1962, sous la dir. de Tassadit Yacine, Alger, Alpha, 2010, 415 p.
• « Taos Amrouche ou l’entreprise de l’objectivation de soi », Awal, n° 39, 2009, p. 3-24.
• « La fille de la lampe, conte kabyle », Awal, n° 39, p. 171-174.
Dernière modification de cette fiche : 19 avril 2010.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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