2009-2010

Les islamismes d’aujourd’hui : rupture et continuité

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

2e mardi du mois de 15 h à 17 h (IISMM, salle de réunion, 1er étage, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 10 novembre 2009 au 8 juin 2010

Sur les pourtours musulmans de la Méditerranée, les islamistes jouant le jeu des institutions existantes (nous ne nous intéressons pas aux jihadistes qui refusent l’intégration dans les systèmes politiques en place) sont vainqueurs là où les élections se passent sans (trop) de fraudes. L’expérience du pouvoir des islamistes a soulevé de nombreuses hypothèses. Pour certains qui privilégient la dimension religieuse de l’islamisme, ils affirment que parce qu’il se réfère à un absolu, l’islamisme n’est pas par définition réformable. D’autres, privilégiant la dimension politique de l’islamisme, prédisent sa sociale démocratisation en raison du pragmatisme des acteurs. Entre l’alarmisme des uns et l’optimisme des autres, il s’agira pour nous de mesurer dans quelle mesures les contraintes des systèmes politiques contribuent à l’évolution des islamismes dans des contextes d’ouvertures, ou de libéralisation relative, des systèmes politiques.

Ce séminaire entend mettre en évidence qu’au Maghreb, en Turquie et au Moyen-Orient, les différentes formes de l’islamisme renvoient moins à l’image de menaces à notre stabilité sécuritaire ou à notre identité culturelle que de mouvements banalisés voire embourgeoisés. Il s’agit de montrer comment, lorsqu’ils se trouvent confrontés soit à l’exercice du pouvoir, soit à la perspective de l’exercer, les partis islamistes se repositionnent, notamment au regard de leurs relations avec le système politique. Il s’agira ainsi de retracer les transformations idéologiques profondes de ces partis depuis une dizaine d’année. Si on assiste à un affadissement de la ligne politique des formations islamistes, nous constaterons que la dimension contestataire reste l’un des piliers de l’identité politique de l’islamisme légaliste. Nous verrons que leurs mutations idéologiques sont moins liées à une révolution interne qu’à des contraintes et impératifs politiques externes (pression étatique, contexte international...). En d’autres termes, l’exercice du pouvoir contraint les partis protestataires à modérer leur langage afin de rallier à eux le maximum de suffrages et de se maintenir au pouvoir. La prise de pouvoir les conduit également à tisser des alliances politiques et réaliser des compromis qui « altèrent » leurs revendications ou idéaux de départ. Pour le cas de l’islamisme, constate-t-on le passage d’un islamisme protestataire à un islamisme « modéré » ? Comment des formations à l’origine protestataire voire révolutionnaire ont évolué et revêt aujourd’hui certaines caractéristiques d’un parti de gouvernement (recherche du consensus, alliances…) ? Il est nécessaire, dès lors, de reformuler notre questionnement de départ. L’enjeu consiste moins, en effet, à qualifier l’évolution de l’islam qu’à analyser l’institutionnalisation de ce mouvement et son intégration à la vie politique dans le monde arabe. En d’autres termes, il s’agira pour nous de repérer les éléments qui traduisent une mutation du mouvement islamiste, d’un mouvement protestataire à un parti « de gouvernement ».

Mardi 8 décembre de 15 h à 17 h : Bernard Godard, Ministère de l'intérieur, Les mutations de l'islamisme en France

Mots-clés : Politique, Sociologie,

Aires culturelles : Musulmans (mondes),

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)

Mentions & spécialités :

Renseignements : IISMM, tél. : 01 53 63 56 08.

Réception : sur rendez-vous.

Site web : http://iismm.ehess.fr

Adresse(s) électronique(s) de contact : amghar.samir3(at)yahoo.fr

Compte rendu

À travers les différentes présentations de nos intervenants, ce séminaire a mis en évidence qu’au Maghreb, au Moyen-Orient et en Europe, les différentes formes de l’islamisme renvoient moins à l’image de menaces à notre stabilité sécuritaire ou à notre identité culturelle que de mouvements banalisés voire embourgeoisés. Les intervenants ont montré que les islamistes confrontés soit à l’exercice du pouvoir, soit à la perspective de l’exercer, se repositionnent, notamment au regard de leurs relations avec le système politique. Si on assiste à un affadissement de la ligne politique des formations islamistes, nous avons constaté que la dimension contestataire reste l’un des piliers de l’identité politique de l’islamisme légaliste. Nous avons également vu que leurs mutations idéologiques sont moins liées à une révolution interne qu’à des contraintes et impératifs politiques externes (pression étatique, contexte international). En d’autres termes, l’exercice du pouvoir contraint les partis protestataires à modérer leur langage afin de rallier à eux le maximum de suffrages et de se maintenir au pouvoir. La prise de pouvoir les conduit également à tisser des alliances politiques et réaliser des compromis qui « altèrent » leurs revendications ou idéaux de départ.

Dernière modification de cette fiche : 1 décembre 2009.

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