2009-2010

Migrations, parentés et analyse des réseaux : cas ouest-africains

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

2e et 4e jeudis du mois de 17 h à 19 h (CEAf, salle de réunion, 2e étage, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 12 novembre 2009 au 10 juin 2010. Séance supplémentaire le 20 mai (même heure, même salle)

Depuis quatre ans, le séminaire « Espaces tiers » poursuit une réflexion sur les circulations migratoires internationales et les transferts d’argent des Africains de l’Ouest. Le changement de titre et la division de l’année 2009-2010 en deux semestres, a pour ambition d’associer anthropologie et analyse des réseaux.

Au cours du premier semestre, continueront à être passées en revue les propositions méthodologiques nouvelles de l’ethnographie multisite à celles des démographes et statisticiens. Mais les méthodes de ces derniers s’avèrent souvent inefficaces dans le traitement des phénomènes de migration et de parenté.

Dans le deuxième semestre, le séminaire se donne pour but de trouver des solutions pratiques à ces questions. L’analyse des réseaux sociaux (ARS) grâce à des logiciels comme Pajek (http://pajek.imfm.si/doku.php) et Puck (http://www.kintip.net/) librement accessibles, fournit des outils informatiques adaptés à l’analyse des réseaux migratoires et de parenté.

11 février 2010 : Jean-Philippe Dedieu (IRIS, EHESS), La mobilisation politique des migrants subsahariens au lendemain des indépendances : socio-histoire des amicalistes.
Discutante, Johanna Siméant (Université Paris-I/Panthéon-Sorbonne, CRPS) auteure de La cause des Sans Papiers, Paris, Presses de Sciences Po, 1998.

À l’exception de la période qui précède la décolonisation, les migrations subsahariennes en France ont été durablement négligées par les historiens et les sociologues. Pour contribuer à leur socio-histoire, cette communication se propose de prendre pour objet d’étude les « amicales », ces associations créées par les États d’émigration à des fins de contrôle social autant que de légitimation politique auprès de leurs ressortissants établis à l’étranger. L’instauration d’États-nations et l’avènement des partis uniques en Afrique ont profondément transformé l’engagement associatif des travailleurs immigrés subsahariens entraînant des formes spécifiques d’adhésion mais aussi de résistance qu’il importe d’interroger au travers des exemples maliens et sénégalais. Le cadre théorique retenu s’appuie sur la sociologie de l’action collective en mettant notamment l’accent sur les capitaux sociaux engagés dans ces mobilisations. Les matériaux empiriques puisent dans des archives publiques et privées ainsi que dans les biographies et les échanges épistolaires de migrants pour restituer les enjeux de l’instrumentalisation ou de l’autonomisation de ces groupes sociaux.

Références Jean-Philippe Dedieu
2002 : « U.S. Exit, African Voices, and Francophone Loyalty », African Issues, Vol. 30 (1), The African "Brain Drain" to the North: Pitfalls and Possibilities : 66-69.
2003 : « Les élites africaines, enjeu de la diplomatie scientifique des États Unis », Politique étrangère, 68 (1) : 119-131.  http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_2003_num_68_1_1186
2004 : « L’intégration des avocats africains dans les barreaux français », Droit et Societé, 56-57 : 209-230. http://www.cairn.info/revue-droit-et-societe-2004-1-p-209.htm
2005 : « L’impérialisme de la voix. Théatre français en Afrique et comédiens africains en France », in P. Weil et S. Dufoix, dir. L’esclavage, la colonisation et après, Paris, PUF : 323-353.
2006 : « Normaliser l’assujettissement. La réglementation française de l’emploi du personnel de maison subsaharien au XXe siècle »,  Genèses, 62 : 129-150.  http://www.cairn.info/revue-geneses-2006-1-p-129.htm
2008 : La prise de parole de l’immigration subsaharienne en France (1960-1995), Thèse de doctorat de sociologie (direction Gérard Noiriel), Paris EHESS.

20 mai 2010 : Cheikh Anta Mbacké Babou (University of Pennsylvania) , "Les réseaux mourides en France (les disciples d’Abdoulaye Dieye) et aux USA : une comparaison"

The movement pioneered in the 1980s by Dièye (Muridiyya) in France and other African Sufi sheikhs, such as Sheikh Hassan Cisse (Tijaniyya Niass, 1945-2008) in USA, was  inspired by the thought and teachings of Black West African Sufi masters, scarcely known in the Muslim world beyond sub-Saharan Africa, let alone in the Western world. While the calling of these African religious entrepreneurs was directed to Americans and Europeans of all races and classes, they have been more successful in attracting Westerners of African descent, and especially the less economically privileged among them. I contend that the attraction of Dièye’s teachings to Europeans, Americans and Africans in the diaspora, is rooted in his dual cultural outlook as a Western educated and traditionally trained Murid.  His relative success was predicated on his ability to link his teachings to that of early European and South Asian Sufi masters but by infusing new interpretations and by developing shifting meanings that made his message more appealing to a cosmopolitan and changing audience.

Références Cheikh Babou
2007
Fighting the Greater Jihad: Amadu Bamba and the Founding of the Muridiyya of Senegal, 1853-1913, Ohio University Press. En voie de traduction chez Karthala
2009
"Exploring the Impact of Migration Abroad and at Home: Money, “Caste”, Gender, and Social Status among Senegalese Female Hair Braiders in the United States."  Africa Today 55. 2.
2005
"Contesting Space, Shaping Places: Making Room for the Muridiyya in Colonial Senegal, 1912-1945." Journal of African History 46.3 :405-426
1997
"Autour de la genèse du Mouridisme." Islam et Sociétés au Sud du Sahara 11: 5-38.

Jeudi 27 mai 2010 : Klaus Hamberger, (EHESS, LAS), Migrations féminines au Togo méridional - vers une morphologie de parcours
L'exposé présente les résultats intermédiaires d'une enquête en cours (depuis 2009) sur les parcours migratoires des femmes au Togo méridional. Partant d'un échantillon de 30 entretiens avec des femmes tirées au hasard de la population féminine du village Afagnan-Gbléta (en 2005), nous tenterons d'établir une morphologie de parcours en termes des lieux parcourus et des relations sociales impliquées. Cette étude, qui sera poursuivie en 2010, servira de base à un projet élargi employant plus explicitement l'analyse des réseaux sociaux (dont certaines pistes seront discutées dans la prochaine séance du séminaire).

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)

Mentions & spécialités :

Renseignements : Jean Schmitz, schmitz(at)ehess.fr ; Olivier Kyburz, olivier.kyburz(at)mae.u-paris10.fr ; Monika Salzbrunn, monika.salzbrunn(at)ehess.fr ; Ismaël Moya, moya.ismael(at)club-internet.fr ; Klaus Hamberger, klaus_hamberger(at)yahoo.fr

Site web : http://ceaf.ehess.fr

Dernière modification de cette fiche : 26 mai 2010.

Dernière mise à jour le 14/04/2009

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