S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
1er, 3e et 5e lundis du mois de 15 h à 17 h (salle 5, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 16 novembre 2009 au 17 mai 2010. La séance du 3 mai se déroulera en salle 8
L’approche strictement scientifique réservée à ce thème jusqu'à aujourd’hui devra prendre en compte les projets officiels ou officieux de célébration du cinquantenaire des indépendances mis en œuvre dès cette année et qui s’épanouiront en 2010. Aussi s’attachera-t-on d’abord à mettre en lumière les formes de mobilisation des masses et les pratiques discursives qui ont fait émerger les figures des « Pères de l’Indépendance ». L’histoire traditionnellement politique et intellectuelle des processus d’émancipation s’adossera ainsi à une histoire plus attentive aux dimensions sociales, culturelles et spirituelles de ces mêmes processus. Une attention particulière sera accordée à la perspective comparatiste : diversité dans l’espace, pluralité dans le temps, même très court, de l’indépendance, hétérogénéité des parcours, discours et pratiques de l’unité constitueront ainsi les temps forts de l’enseignement.
Mots-clés : Anthropologie, Coloniales (études), Histoire, Historiographie, Image, Mouvements sociaux, Politique, Sociohistoire,
Aires culturelles : Afrique, Atlantiques (mondes), Transnational/transfrontières,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Afrique
Intitulé général : Histoire de l'Afrique noire du XIXe siècle à nos jours
Renseignements : secrétariat du Centre d'études africaines, 96 bd Raspail 75006 Paris.
Direction de travaux d'étudiants : lundi après midi sur rendez-vous.
Réception : sur rendez-vous.
Niveau requis : licence. Séminaire en alternance avec celui sur le Panafricanisme (2e et 4e lundis du mois, même horaire), à suivre obligatoirement pour obtenir la validation annuelle
Adresse(s) électronique(s) de contact : stceaf(at)ehess.fr
Impliqué dans plusieurs manifestations relatives aux « Cinquantenaires » des indépendances africaines de l’année 1960, j’ai naturellement orienté le séminaire vers les figures et les problématiques de cette période.
Il s’est agi d’abord de reprendre les débats sur le temps de l’indépendance, en s’appuyant sur les positions et les réflexions des acteurs politiques eux-mêmes. Temps de rupture pour les uns, surtout pour les intellectuels, caractérisé par le fait que « l’histoire recommence » (Joseph Ki-Zerbo), ce moment s’inscrivait au contraire, aux yeux d’autres acteurs, dans une temporalité beaucoup plus longue, à laquelle il ne venait pas mettre un terme, mais plutôt imprimer un nouvel élan. Partagé surtout par les politiques, ce point de vue s’exprime le plus clairement dans l’œuvre de Nazi Boni (1909-1969), homme d’État, député de la Haute-Volta et, en même temps, le premier historien de ce pays. Pour cet ancien instituteur, diplômé de l’École normale William Ponty, auteur de l’Histoire synthétique de l’Afrique résistante : les réactions des peuples africains face aux influences extérieures (Paris, Présence Africaine, 1971), c’est en amont de la colonisation qu’il faut situer, à travers quelques « grandes figures » de fondateurs d’empires et de résistants à la mainmise étrangère, l’amorce des processus aboutissant en Afrique occidentale dans les années 1957-1960. C’est aussi le point de vue proclamé solennellement par des personnalités au profil très contrasté : l’activiste trinidadien George Padmore dans The Gold Coast Revolution. The Struggle of an African People from Slavery to Freedom (1953), un livre appelé à devenir la bible des militants anticolonialistes et panafricanistes ; Kwame Nkrumah, le Premier ministre de la Gold Coast au seuil de l’indépendance, dans la fameuse Motion of destiny prononcée en 1953 ; le Malgache Philibert Tsiranana, dans le « Discours de l’indépendance » (26 juin 1960).
Une attention particulière a été accordée aux sources audiovisuelles, encore trop peu utilisées et dont je me suis servi, par ailleurs, pour mes propres réalisations audiovisuelles : archives radiophoniques de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) et de Radio France Internationale (RFI) ; images d’archives tirées des fonds d’État (France, Guinée) ou de quelques mouvements politico-militaires. Couplées à des entretiens avec des personnalités dont la longue carrière politique épouse les soubresauts du temps dilaté de la lutte pour l’indépendance, comme le Dahoméen Émile Derlin Zinsou (né en 1918), ces sources ont permis d’examiner en profondeur la trajectoire de pays tels que le Bénin dont l’histoire officielle et la mémoire, en grande partie consensuelle, exaltent autant les figures héroïques « précoloniales » qu’« anticoloniales ».
Publications
• Élections démocratiques en RDC : dynamiques et perspectives, Kinshasa, PNUD-OIF, 2010, 460 p.
Œuvres audiovisuelles
• Afrique(s). Une autre histoire du XXe siècle, série documentaire de 4 x 90 minutes, par Elikia M’Bokolo, Philippe Sainteny et Alain Ferrari, une coproduction Temps Noir, INA, France Télévisions, 2010.
• Africa : 50 Years of Music, 1960-2010. 50 ans d’indépendance (18 CD et livret), Paris, Radio France.
Dernière modification de cette fiche : 30 mars 2010.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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