2009-2010

Atlas. Une archéologie du savoir visuel

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

1er, 3e et 5e lundis du mois de 18 h à 20 h (INHA, auditorium, 2 rue Vivienne 75002 Paris), du 19 octobre 2009 au 17 mai 2010

Nous poserons cette année, à partir du Bilderaltas Mnemosyne d’Aby Warburg, la question : qu’est-ce qu’un atlas d’images ? Façon de s’interroger sur les conditions, esthétiques autant qu’épistémologiques, d’une connaissance par les montages qu’en marge d’une réflexion sur la méthode nous chercherons à décrire dans une suite d’exemples pris dans l’histoire des religions, l’histoire des sciences naturelles et culturelles, jusqu’à de récents cas où la « forme atlas » investit la production d’artistes et de cinéastes contemporains.

Aires culturelles : Europe, Méditerranéens (mondes),

Domaine de l'affiche : Signes, formes, représentations

Intitulé général : Anthropologie du visuel

Adresse(s) électronique(s) de contact : gdh(at)ehess.fr

Compte rendu

À quiconque s’interroge sur le rôle des images dans notre connaissance de l’histoire, l’atlas Mnémosyne apparaît comme une œuvre-phare, un véritable moment de rupture épistémologique. Composé – mais constamment démonté, remonté – par Aby Warburg entre 1924 et 1929, il ouvre un nouveau chapitre dans ce qu’on pourrait nommer, à la manière de Michel Foucault, une archéologie du savoir visuel. C’est une enquête « archéologique », en effet, qu’il aura fallu mener pour comprendre la richesse inépuisable de cet atlas d’images qui nous fait voyager de Babylone au XXe siècle, de l’Orient à l’Occident, des monstra les plus proches (pulsions viscérales) aux astra les plus lointains (constellations d’idées), des beautés de l’art aux horreurs de l’histoire.
Nous avons commencé de raconter, par un montage de « gros plans » plutôt que par un récit continu, les métamorphoses d’Atlas – ce titan condamné par les dieux de l’Olympe à ployer indéfiniment sous le poids du monde – en atlas, cet forme visuelle et synoptique de connaissance dont nous comprenons mieux, aujourd’hui, depuis Gerhard Richter ou Jean-Luc Godard, l’irremplaçable fécondité. On a donc tenté de restituer la pensée visuelle propre à Mnémosyne : entre sa première planche, consacrée à l’antique divination dans les viscères, et sa dernière, hantée par la montée du fascisme et de l’antisémitisme dans l’Europe de 1929. Façon de reposer la question du rôle des images dans la lisibilité de l’histoire, que nous avons mis à l’épreuve d’une œuvre contemporaine, celle de l’artiste allemand Harun Farocki qui revisite – et remonte – certains documents de la violence politique. On découvre alors ce que c’est, aujourd’hui, qu’une possible restitution de l’histoire dans le travail des images.

Publications
Remontages du temps subi. L’œil de l’histoire, 2, Paris, Éditions de Minuit, 2010.
• Atlas ¿Cómo llevar el mundo a cuestas ?, trad. María Dolores Aguilera, Madrid, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, 2010. – Atlas. How to Carry the World on One’s Back ?, trad. S. B. Lillis, Madrid, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, 2010.
• « En mettre plein les yeux et rendre Apocalypse irregardable », Libération, 21 septembre 2009, p. 26-27.
• « La terre se meut sous les pas du danseur », La Part de l’œil, n° 24, 2009, p. 125-141.
• « Peuples exposés, peuples figurants », De(s)générations, n° 9, 2009, p. 7-17.
• « Politique de l’exposition, éloge du montage », postface à Arno Gisinger et Nathalie Raoux, Konstellation. Walter Benjamin en exil, Paris-Vienne, Trans Photographic Press-Bucher Verlag Hohenems, 2009, p. 100-105.
• « Politik des Ausstellens, Lob der Monrage », trad. A. Gisinger, postface à Arno Gisinger et Nathalie Raoux, Konstellation. Walter Benjamin en exil, Paris-Vienne, Trans Photographic Press-Bucher Verlag Hohenems, 2009, p. 106-111.
• « El atlas de imágenes. Releer (remontar) el mundo », trad. P. Nogueras, Exit-Imagen y cultura, n° 35, 2009, p. 56-59.
• « The Picture Atlas. Rereading (Reassembling) the World », trad. anonyme, Exit-Imagen y cultura, n° 35, 2009, p. 62-65.
• « How to Open Your Eyes », trad. P. Kremer, Harun Farocki, dans Against What ? Against Whom ?, sous la dir. d’Antje Ehmann et Kodwo Eshun, Londres, Koenig Books-Raven Row, 2009, p. 38-50.
• « Abgioia. Tanz der Angst und des Konflikts », trad. Michael Cuntz, Zeitschrift für Medien- und Kulturforschung, n° 0, 2009 (« Schwerpunkt Angst »), p. 119-131.
• « Klagebilder, beklagenswerte Bilder ? », trad. Dirk Naguschewski, Zeitschrift für Medienwissenschaft, n° 1, 2009 (« Motive »), p. 50-60.
• « En la noche de la historia », trad. Francisco Guerrero, Iluminaciones. Revista de arquitectura y pensamiento, n° 1, 2009, p. 11-17.
• « Image, événement, durée », dans Traditions et temporalités des images, sous la dir. Giovanni Careri, François Lissarrague, Jean-Claude Schmitt et Carlo Severi, Paris, Éditions de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, 2009, p. 237-249.
• « Cuando el humillado mira al humillado », trad. R. the Clock, Agustí Centelles. El camp de concentración de Bram, 1939, Barcelone, Actar-Arts Santa Mònica, 2009, p. 49-60.
• « Quan l’humiliat mira l’humiliat », dans op.cit.
• « When a Humiliated Man Looks at the Humiliated », op.cit.
• « Quand l’humilié regarde l’humilié », dans op.cit.
• « Danser l’affrontement », dans L’Affrontement et ses images, sous la dir. de Murielle Gagnebin et Julien Milly, Seyssel, Éditions Champ Vallon, 2009, p. 21-32.
• « Temporalità e memoria del visuale. Conversazione con Georges Didi-Huberman », dans Fata Morgana. Quadrimestrale di cinema e visioni, sous la dir. d’Alessia Cervini et Bruno Roberti, III, 2009, n° 8, p. 7-19.
• « Hand in Hand with the Dead », trad. S. Laruelle, préface à Raphael Cuir, The Development of the Study of Anatomy from the Renaissance to Cartesianism : da Carpi, Vesalius, Estienne, Bidloo, Lewiston-Queenston-Lampeter, The Edwin Mellen Press, 2009, p. IX-XX.
• « Imaginer, disloquer, reconstruire », dans Cannibalismes disciplinaires. Quand l’histoire de l’art et l’anthropologie se rencontrent, sous la dir. de Thierry Dufrêne et Anne-Christine Taylor, Paris, Musée du quai Branly-Institut national d’Histoire de l’Art, 2010, p. 189-195.
• « Grand joujou mortel (fragments) », Christian Boltanski, supplément à Art Press, n° 363, janvier 2010, p. 23-36.
• « “Den Pessimismus organisieren… den Bildraum entdecken” », dans Passionen. Objekte – Schauplätze – Denkstile, sous la dir. de Corina Caduff, Anne-Kathrin Reulecke, Ulrike Vedder, Münich, Wilhelm Fink Verlag, 2010, p. 147-154.
• « La buona società dell’immagine » [entretien avec Michele Smargiassi], La Repubblica, 17 juin 2010, p. 43.
• « Des œuvres sans queue ni chef », dans Chefs-d’œuvre ?, sous la dir. de Laurent Le Bon, Metz, Éditions du Centre Pompidou-Metz, 2010, p. 21-24.
• « Die Erde bewegt sich unter den Schritten des Tänzers », trad. E. Passet, dans Raum in den künsten. Konstruktion – bewegung – politik, sous la dir. d’Armen Avanessian et Franck Hofmann, Munich, Wilhelm Fink Verlag, 2010, p. 83-92.
• « Nous ne vivons plus dans un monde, mais… », Insomnuit. Rencontre des arts, Mers-sur-Indre, Rencontre des Arts, 2010, p. 14-15.
• « Capricci filosofici, rigoroso esemplari di caos », trad. A. Lugas, Il Manifesto, 3 septembre 2010, p. 11.
« Rendre une image », dans Penser l’image, sous la dir. d’Emmanuel Alloa, Dijon, Les Presses du Réel, 2010, p. 267-292.
• « Harun Farocki ou la dialectique des Lumières », Les Cahiers du Musée national d’Art moderne, n° 112-113, 2010, p. 160-181.
• « Was zwischen zwei bildern passiert. Anachronie, montage, allegorie, pathos », trad. M. Sedlaczek, dans Vergleichendes Sehen, sous la dir. de Lena Bader, Martin Gaier, Falk Wolf, Munich, Wilhelm Fink Verlag, 2010, p. 537-572.
• « Os figurantes », trad. M. Diniz, dans Ética e Imagem, sous la dir. de Vera Casa Nova et Andréa Casa Nova Maia, Belo Horizonte, C/Arte, 2010, p. 125-133.
• « Georges Didi-Huberman et James Turrell », dans Les plus beaux textes sur l’art du XXe siècle, sous la dir. de Pierre Sterckx, Paris, Beaux-Arts Éditions, 2010, p. 218-221.
• « “Quand il pense, son œil s’étonne…” » (entretien avec M. Pic), Critique, n° 762, 2010, p. 931-938.
• « Remonter, refendre, restituer », dans L’Image-document, entre réalité et fiction, sous la dir. de Jean-Pierre Criqui, Paris, Le Bal-Images en Manœuvres Éditions, 2010, p. 68-91.

Dernière modification de cette fiche : 10 juillet 2009.

Dernière mise à jour le 14/04/2009

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