2009-2010

A) Auteurs byzantins/Lecteurs byzantins/Éditeurs modernes - B) Catégories de la Pensée à Byzance

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Lundi de 11 h à 13 h (salle 3, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 9 novembre 2009 au 31 mai 2010. La séance du 22 mars aura lieu en salle 4.

Dans la première partie du séminaire, nous étudierons les façons d'éditer les textes byzantins, en essayant de vérifier si les méthodes traditionnelles de la philologie peuvent toujours s’appliquer lorsqu’on à trait aux œuvres produites pendant le Moyen-Âge grec. Nous porterons une attention particulière aux modalités de la circulation des ouvrages au moment de leur composition et de leur diffusion immédiate (avec la collaboration de C. Mace de l'Université de Louvain).

La seconde partie du séminaire, après une introduction à la philosophie byzantine (G. Arabatzis, Athènes),  portera sur certaines catégories de la pensée byzantine, notamment sur l’image de l'Autre, telle que les Byzantins l’ont construite, et sur certains types de sentiments qui règlent les comportements sociaux comme la jalousie ou l’amour (en collaboration avec A. Kaldellis, Ohio State University, M. Hinterberger de l'Université de Chypre , et C. Messis de l'EHESS).

18 janvier : Mihailo Popovic tiendra une conférence exceptionnelle "Les structures d'habitat en transformation : la vallée de Strumica /Strumešnica à l'époque byzantine et ottomane (1259-1600)

25 janvier, 1er, 8 et 15 février 2010 : Caroline Macé, professeur à l’Université de Louvain, professeur invité à l’EHESS tiendra une série de 4 conférences « L'édition des textes grecs : le mirage du texte original et le respect des témoins ».
Résumé : plusieurs questions méthodologiques ayant trait à la circulation et à la réception des textes, ainsi qu’à la nouvelle forme de vie que les textes anciens et médiévaux acquièrent au travers du processus scientifique que constitue l’édition critique seront envisagées au moyen de cas concrets, tirés de traditions manuscrites d’auteurs patristiques, de philosophes néoplatoniciens et de florilèges médiévaux. Selon le mot de J. Irigoin, la critique des textes doit être historique : chaque état du texte ouvre sur un univers culturel qu’il est nécessaire de comprendre. Cette étape indispensable ne peut cependant pas être considérée comme ultime. La superposition des états du texte ne donne pas encore un texte lisible. Souvent conspuée comme anhistorique, l’édition critique, basée sur la classification des témoins, demeure indispensable, dans de nombreux cas, pour donner à lire un ce qui n’est somme toute qu’un nouvel état de texte, justifié par l’utilisation d’une méthode qui a reçu ces dernières décennies une nouvelle jeunesse grâce à l’apport des sciences de la vie (phylogénétique).

Lundis 10, 17 et 31 mai 2010 : Anthony Kaldellis, professeur à l'Ohio State University professeur invité à l’EHESS, "L'ethnographie à Byzance".

Résumé : Suivant leurs modèles classiques des historiens romains, tels qu'Ammien Marcelin et Procope de Césarée, ont écrit sur une variété de nations barbares, sur leur histoire, leurs coutumes et leurs géographies. Mais entre le VIIe siècle et l'époque quand des textes pareils ont réapparu, on ne peut que remarquer une grande brèche. Cette série de conférences aura comme sujet les façons selon lesquelles les historiens byzantins traitèrent de nations diverses, à la fois celles qui ont vécu au-delà des frontières de l'Empire, et certains groupes ethniques qui, installés dans l'Empire, n'étaient pas vues par les Byzantins comme des groupes complètement civilisés (Arméniens, Bulgares et Valaques). Quelles étaient les sources dont les auteurs byzantins disposaient à propos des peuples étrangers ? Quelles priorités littéraires et quelles aspirations idéologiques (politiques ou religieuses) se cachent derrière leurs discours ? Pourquoi les Byzantins ont-ils produit si peu d'ethnographie originelle avant le XIVe siècle ? Pourquoi  continuaient-ils à utiliser des ethnonymes anciens même longtemps après que ces noms ont cessé d'exister ? Pourquoi ont-ils soudainement commencé à s'intéresser à l'ethnographie, une fois leur propre Empire s'écroulait.

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (hebdomadaire)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Europe - Monde méditerranéen

Intitulé général : Histoire culturelle du monde byzantin, néo-hellénique et sud-est européen

Renseignements : CEBNHSEE, 54 bd Raspail 75006 Paris Secrétariat : C. Vatin, tél. : 01 49 54 23 35/fax : 01 49 54 26 52.

Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous : les lundis et jeudis, CEBNHSEE, 54 bd Raspail 75006 Paris, tél. : 01 49 54 23 35 ou par courriel.

Réception : sur rendez-vous : les lundis et jeudis, CEBNHSEE, 54 bd Raspail 75006 Paris, tél. : 01 49 54 23 35 ou par courriel.

Niveau requis : connaissance du grec ancien souhaitée.

Site web : http://www.ehess.fr/centres/belon/index.html

Adresse(s) électronique(s) de contact : byzance(at)ehess.fr

Compte rendu

Les sujets développés cette année ont porté d’une part sur la nature même des textes littéraires à Byzance (leur impact sur l’élaboration philosophique, sur l’idéologie politique et sur les modalités de la transmission culturelle) et d’autre part sur les catégories anthropologiques des Byzantins.
En ce qui concerne la première partie des séminaires, nous avons pris en compte une série de textes qui témoignent du rôle de la littérature dans la société byzantine. Nous avons notamment étudié deux concepts, celui d’« Encyclopédie » et celui de « Renaissance », qu’une longue tradition d’études a voulu reconnaître comme catégorie marquante de la culture byzantine. En abordant l’ensemble de la production du VIe au XIe siècle, nous avons nié l’existence d’une attitude encyclopédique insistant sur la présence d’une « mentalité du recueil » dont nous avons mis en valeur les tenants et les aboutissants. En ce qui concerne le concept de renaissance, là aussi nous avons rejeté cette catégorie qui relève d’analogies trop facilement conçues, pour souligner l’importance de la continuité des modèles classiques à Byzance. Enfin, nous avons abordé le problème de la définition des caractères « byzantins » dans la littérature en proposant une nouvelle approche.
Deux intervenants extérieurs ont développé deux sujets relatifs à la transmission de la culture à Byzance. Georges Arabatzis de l’Université d’Athènes nous a proposé de reconsidérer le rôle de la culture philosophique à Byzance qui n’a pas toujours été prise en compte car les chercheurs se sont davantage intéressés à la théologie qu’à la philosophie. Caroline Macé, de l’Université de Louvain, nous a présenté des questions relatives à la transmission textuelle à Byzance, en soulignant aussi le rôle des circuits de pouvoir dans l’attribution de certains ouvrages. Elle a notamment pris en compte le cas des textes de Grégoire de Nazianze.
La seconde partie des séminaires a été consacrée à certaines catégories anthropologiques, entre l’analyse littéraire et l’histoire des émotions. Il s’agit d’un terrain d’enquêtes tout nouveau, qui passionne la nouvelle byzantinologie et qui nécessite de grands efforts méthodologiques et de réflexions. Martin Hinterberger de l’Université de Chypre, nous a présenté certains aspects d’une « Histoire des sentiments » à Byzance, notamment en ce qui concerne l’amour, l’amitié, la jalousie. Anthony Kaldélis de l’Ohio State University, a abordé un sujet particulièrement difficile, à savoir l’ethnographie à Byzance. Tout en sachant que les byzantins dans ce domaine n’ont appliqué que les catégories littéraires dont ils avaient hérités de l’Antiquité, Kaldélis a signalé quelle était l’approche des byzantins face à l’Autre, en présentant aussi un catalogue raisonné et critique des sources.
Pendant les séminaires, nous avons aussi accueilli Mihailo Popovic, de l’Université de Vienne, qui nous a présenté ses recherches sur les structures d’habitat en transformation : la vallée de Strumica/Strumešnica à l’époque byzantine et ottomane (1259-1600), recherches qu’il mène dans le cadre du projet de la Tabula Imperii Byzantini.
Durant cette année, nous avons continué à développer les relations internationales du Centre qui est un partenaire privilégié de plusieurs institutions. C’est dans ce cadre que j’ai effectué un séjour d’un mois au Dumbarton Oaks Center de Washington de l’Université d’Harvard, sur l’invitation de collègues américains, où j’ai tenu deux conférences tandis qu’une troisième a été présentée à Providence, sur invitation des byzantinistes de l’Université. L’accord avec l’Académie de la République tchèque a permis l’organisation d’un colloque à Prague en mars 2010 qui portait sur Ekphrasis : la représentation des monuments dans les littératures byzantine et byzantino-slaves – Réalités et imaginaires. La participation de nombreux collègues en provenance de toute l’Europe et des États-Unis et la richesse des contributions qui seront publiées au début de l’année prochaine ont fait de ce colloque l’une des rencontres les plus importantes des études byzantines en 2010.
L’accord avec l’Université Aristote de Thessalonique a permis l’organisation d’une école d’été en juillet 2009 et d’une deuxième école d’été en juillet 2010 dans la ville de Drama en Grèce. Le nombre de participants a atteint les quarante étudiants qui ont choisi de se former dans le cadre des enseignements de l’EHESS sous la direction d’enseignants invités en provenance des plusieurs universités étrangères. Enfin, les publications du Centre ont marqué un sceau de qualité car, outre la continuation de la série Dossiers byzantins, nous avons lancé une nouvelle collection, « Autour de Byzance », (numéro 1 publié, numéro 2 en préparation) qui se propose de désenclaver la culture byzantine en la mettant en relation avec d’autres mondes contigus du point de vue géographique ou chronologique.

Dernière modification de cette fiche : 28 septembre 2010.

Dernière mise à jour le 14/04/2009

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