S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
Jeudi de 10 h à 12 h (salle 2, Collège de France, 11 place Marcelin-Berthelot 75005 Paris), du 26 novembre 2009 au 4 février 2010
À partir de l'étude des critères du beau dans des contextes culturels où la notion moderne de l'art n'est guère pertinente, le séminaire s'efforcera de mettre en évidence des régularités dans le contenu des jugements esthétiques.
26 novembre 2009 : Philippe Descola, Présentation
3 décembre 2009 : Jean-Marie Schaeffer (EHESS), Où en est la question de l’esthétique en philosophie ?
10 décembre 2009 : Dimitri Lorrain (EHESS), Le beau à la Renaissance : jalons pour une étude anthropologique de l’art italien aux XVe et XVIe siècles
17 décembre 2009 : Denis Laborde (CNRS), La musique du monde peut-elle être belle ?
7 janvier 2010 : Pierre-Olivier Dittmar (EHESS), Les conceptions du beau au Moyen âge
14 janvier 2010 : Suzanne Preston Blier (Université Harvard), Le jugement esthétique dans l’art de cour au Nigeria
21 janvier 2010 : Marie Mauzé (CNRS), Critères du beau dans l’art de la côte Nord-ouest
28 janvier 2010 : Michèle Coquet (CNRS), Le Beau et la beauté en Afrique de l’Ouest
4 février 2010 : Brigitte Derlon (EHESS) et Monique Jeudy-Ballini (CNRS), Qu’est-ce que le beau pour les collectionneurs d’art premier ?
Mots-clés : Anthropologie, Esthétique, Image,
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Intitulé général : Écologie symbolique
Renseignements : au second semestre le séminaire prendra la forme d'une série de journées d'études thématiques dont les dates seront annoncées ultérieurement
Direction de travaux d'étudiants : contacter Sophie Bosser, tél : 01 44 27 17 32 et sophie.bosser(at)college-de-france.fr au Laboratoire d'anthropologie sociale, 52 rue du Cardinal-Lemoine 75005 Paris
Réception : uniquement sur rendez-vous et avec un projet écrit envoyé au préalable, à partir du 2 septembre 2009, à Philippe Descola, Laboratoire d’anthropologie sociale, 52 rue du Cardinal-Lemoine 75005 Paris
Site web : http://las.ehess.fr/
Adresse(s) électronique(s) de contact : sophie.bosser(at)college-de-france.fr
L’objectif du séminaire était d’examiner la manière dont l’anthropologie comparée pouvait contribuer au projet d’une esthétique générale affranchie des conceptions européocentrées du beau. La multiplication des travaux ethnographiques et historiques portant sur des esthétiques locales rendait moins incongru un tel projet puisque l’on connaît désormais un peu mieux ce qui, dans une grande diversité de cultures, fonde les jugements de goût. On explora donc l’hypothèse que certains objets se prêtent mieux que d’autres, du fait de leurs qualités, à une activation de la relation esthétique, étant entendu que celle-ci n’est jamais automatiquement liée à des propriétés intrinsèques de l’objet. Un premier parcours a permis de mettre en évidence des critères très souvent mentionnés dans les jugements esthétiques provenant de civilisations extrêmement diverses : la symétrie, la répétition rythmique, l’inventivité dans les variétés de l’adéquation d’une forme à une fonction, les qualités physiques des textures, notamment leur capacité à réfléchir la lumière ; de fait, le brillant, le chatoyant, le rutilant, la transparence, sont des qualités très souvent mentionnées comme sources de satisfaction esthétique. L’énumération de ces qualités fait ressortir un paradoxe de la relation esthétique puisque celles-ci sont appréciées pour des raisons antithétiques : certaines parce qu’elles permettent d’emblée de reconnaître une perfection formelle (et la virtuosité qui l’engendre), donc d’identifier du connu dans de l’inconnu, d’autres au contraire, parce qu’elles suscitent la surprise du fait de leur nouveauté (qu’elle réside dans le motif ou dans la fraîcheur d’exécution). Cela est explicable si l’on admet, comme Jean-Marie Schaeffer (EHESS) l’a avancé dans un exposé, que le plaisir esthétique dérive de la dynamique attentionnelle, laquelle est stimulée tout autant par la reconnaissance du déjà vu (permettant un traitement cognitif fluide) que par la perception de la dissonance (permettant d’échapper à l’ennui).
Une série d’exposés a ensuite permis d’examiner plus avant les critères du beau sur la base d’études de cas. Ont tour à tour été abordés le beau et la grâce dans l’art de la Renaissance italienne (Dimitri Lorrain, EHESS) ; les critères d’appréciation de la “World Music” et, plus généralement, des musiques non familières (Denis Laborde, CNRS) ; les canons esthétiques dans l’art médiéval (Pierre-Olivier Dittmar, EHESS) ; les définitions de la beauté dans l’art de cour du Royaume d’Ife au Nigéria (Suzanne Preston Blier, Université Harvard) ; les critères du beau dans l’art de la côte Nord-Ouest (Marie Mauzé, CNRS) ; les définitions de la beauté corporelle en Afrique de l’Ouest, (Michèle Coquet, CNRS) ; enfin, Brigitte Derlon (EHESS) et Monique Jeudy-Ballini (CNRS) se sont interrogées sur ce qu’est le beau pour les collectionneurs d’art premier.
Exposition : Commissariat de l’exposition « La Fabrique des images ». Musée du Quai Branly, Paris, du 16 février 2010 au 17 février 2011.
Publications
• La Fabrique des images. Visions du monde et formes de la représentation, Paris, Somogy & musée du Quai Branly, 2010, 224 p., 160 illustrations in-texte et hors-texte.
• « L’Envers du visible : ontologie et iconologie », dans Cannibalismes disciplinaires. Quand l’histoire de l’art et l’anthropologie se rencontrent, sous la dir. de Thierry Dufrêne et Anne-Christine Taylor, Paris, Institut national d’histoire de l’art et musée du Quai Branly, 2009, p. 25-36.
• « La doppia vita delle immagini », dans Il fatto estetico. Tra emozione e cognizione, sous la dir. de Fabrizio Desideri, Giovanni Matteucci et Jean-Marie Schaeffer, Pise, Edizioni ETS, 2009, p. 149-162.
• « Préface », dans Soil and culture, sous la dir. d’Edward R. Landa et Christian Feller, Dordrecht et Heidelberg, printemps, 2010, p. XIII-XV.
• « Préface », dans Les conceptions du corps et de la personne dans un contexte amérindien : Indiens toba du Gran Chaco sud-américain, sous la dir. de Florencia Carmen Tola, Paris, L’Harmattan, 2010, p. 11-13.
• « Vers une anthropologie comparée de l’húbris ? », dans Crise écologique, crise des valeurs ? Défis pour l’anthropologie et la spiritualité, sous la dir. de Dominique Bourg et Philippe Roch, Genève, Labor et Fides, 2010, p. 145-165.
Dernière modification de cette fiche : 23 novembre 2009.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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