S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
Mardi de 19 h à 21 h (salle 4, 105 bd Raspail 75006 Paris), les 17 novembre, 15 décembre 2009, 12 janvier, 16 février, 16 mars, 13 avril et 4 mai 2010. Séance supplémentaire le 9 mars de 13 h à 17 h (salle 8)
Alors que les War Studies, en Angleterre et aux États-Unis, et la Wehrwissenschaft en Allemagne occupent une place reconnue dans l’enseignement et la recherche universitaires en sciences sociales, les études sur la guerre n’ont jamais vraiment réussi, en France, à dépasser durablement le cercle des spécialistes du monde militaire. La guerre est pourtant un phénomène politique et social de première importance. Elle constitue un objet de recherche pertinent pour les sciences sociales, et particulièrement pour les études politiques. De récentes publications témoignent d’ailleurs d’un regain d’intérêt pour la question ces dernières années. Le but de ce séminaire est de faire le point sur ces travaux et d’encourager la rencontre des différentes approches. À chaque séance, un ou deux invités viendront présenter et discuter leurs recherches. Le séminaire s’achèvera par une journée d’études organisée au début du mois de juin.
Programme des séminaires :
17 novembre 2009 : Qu’est-ce qu’une crise internationale ? : Thomas Meszaros, postdoctorant à Institut des hautes études internationales de Genève et Olivier Chopin, enseignant à l’EHESS et à Sciences Po. Tous deux mènent des recherches sur les théories des relations internationales.
15 décembre 2009 : Penser la guerre aérienne : Lieutenant-Colonel Jérôme de Lespinois, historien, directeur de la division Recherche du Centre d’études stratégiques aérospatiales et Christophe Pajon, politiste, enseignant-chercheur à l’École de l’Air de Salon de Provence.
12 janvier 2010 : Les guerres napoléoniennes, préfiguration des guerres totales ? : Laurent Henninger, chargé de recherches en histoire militaire à l’IRSEM, mène actuellement des travaux sur les révolutions militaires et Patrice Gueniffey, directeur d’études à l’EHESS, a récemment publié, Le 18 Brumaire. 9-10 novembre 1799, L’épilogue de la Révolution française (Gallimard, 2008)
16 février 2010 : Vers une armée européenne ? : Delphine-Deschaux-Beaume, docteur en science politique et enseignante à l’IEP Grenoble, et Yves Boyer, directeur-adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique. Tous deux sont spécialistes de la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD).
9 mars 2010
16 mars 2010 : Le terrorisme, forme contemporaine de la guerre ? : Hélène L’Heuillet, maître de conférences en philosophie à l’université Paris-Sorbonne, a récemment publié Aux sources du terrorisme. De la petite guerre aux attentats suicides (Fayard, 2009) et Colonel Michel Goya, directeur d’études à l’IRSEM, auteur de Irak. Les armées du chaos (Economica, 2007)
13 avril 2010 : Les femmes et la guerre : Irène Eulriet, chercheuse associée au Groupe de sociologie politique et morale (EHESS), a publié Women in the Military : Public Rhetorics and Gendered Policies (Palgrave Macmillan, 2010) et Élodie Jauneau, doctorante en histoire à l’université Paris-VII, sa thèse s’intitule Quand les femmes deviennent soldats. Les nouveaux rapports de genre dans l’armée française (1938-1962)
4 mai 2010 : Les passions et la guerre : Pierre Hassner, directeur de recherches émérite au CERI-Sciences Po. Voir son article « La revanche des passions », Commentaire, n° 110, été 2005. Cette dernière séance prendra la forme d’une conférence suivie d’une discussion.
Mots-clés : Histoire, Philosophie, Politique, Sociologie, Stratégiques (études),
Aires culturelles : Afrique, Amérique du Nord, Amérique du Sud, Amériques, Arabe (monde), Asie centrale, Asie méridionale, Asie orientale, Asie sud-orientale, Chine, Europe, Europe centrale et orientale, Europe sud-orientale, France, Musulmans (mondes),
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Renseignements : Élodie Paccaud, CRPRA, 105 bd Raspail 75006 Paris, tél. : 01 53 63 51 48.
Direction de travaux d'étudiants : le mardi de 17 h à 19 h et sur rendez-vous.
Réception : sur rendez-vous par courriel.
Adresse(s) électronique(s) de contact : holeindr(at)ehess.fr, crpra(at)ehess.fr
Pour sa troisième année, le séminaire « Penser la guerre » a continué de rendre compte des recherches récentes sur la guerre. Actuellement les travaux foisonnent sur ce sujet classique, et ce dans tous les domaines des sciences sociales. Lors de la première séance, Thomas Meszaros, postdoctorant à l’Institut des hautes études internationales de Genève, s’est efforcé, dans son exposé, de donner une définition de la notion de « crise internationale ». Il a présenté les théories qui montrent comment on peut passer d’une situation de crise au déclenchement d’une guerre. Lors de la deuxième séance, le lieutenant-colonel Jérôme de Lespinois, chercheur au Centre d’études stratégiques aérospatiales du ministère de la Défense et directeur scientifique de la Fondation Saint-Cyr, a proposé une vue d’ensemble des recherches actuelles sur la puissance aérienne (air power), en montrant comment les avancées technologiques influent sur les stratégies de défense déployées par les armées contemporaines. La troisième séance était consacrée aux guerres napoléoniennes et à leur place dans l’historiographie. Peut-on les considérer comme une préfiguration des guerres totales ? Non, indiquent de concert Laurent Henninger et Patrice Gueniffey, respectivement chargé d’études à l’IRSEM et directeur d’études à l’EHESS. Le passage des guerres limitées aux guerres totales s’est fait avant, pendant la guerre de Trente ans, et sur une longue durée. La deuxième partie de l’année a abordé des thématiques en lien avec l’actualité internationale et stratégique : quel avenir pour l’Europe de la défense, se demandèrent Delphine Deschaux-Beaume (docteur de l’IEP Grenoble) et Yves Boyer, professeur à l’École polytechnique et directeur de la Fondation pour la Recherche stratégique ? Si la première a mis l’accent sur les contradictions politiques de la PESD, le second a insisté sur les réalisations concrètes de celle-ci, en évoquant par exemple la politique extérieure européenne en Afrique (RECAMP) et les programmes d’armement (A 400 M). Dans la séance suivante Hélène L’Heuillet (HL), maître de conférences à l’Université Paris-IV/Sorbonne et le colonel Michel Goya (MG), directeur d’études à l’IRSEM se sont interrogés sur la qualification du terrorisme comme forme contemporaine de la guerre. HL considère que le terrorisme appartient au registre de la petite guerre. MG estime qu’il faut bien distinguer les guerres irrégulières, qui opposent des combattants insurgés à des armées régulières (comme par exemple en Afghanistan), et l’action terroriste menée par des groupes tels qu’Al Qaïda sur le sol occidental (qui ne relève pas de la guerre et donc de l’action militaire). L’avant-dernière séance était consacrée à l’évolution du rôle des femmes dans les armées des pays européens. Irène Eulriet, chargée d’études à l’IRSEM, a noté les contrastes entre la France et l’Angleterre sur ce point, tandis qu’Élodie Jauneau, ATER à l’Université Paris-VII/Diderot est revenue sur le processus d’intégration des femmes à l’armée française dans la période 1938-1962. La dernière séance était consacrée au thème des passions de la guerre, autour des travaux actuels menés par Pierre Hassner. Le séminaire s’est achevé par une journée d’études le 4 juin, intitulé « Penser la guerre, Raymond Aron » : il s’est agi non seulement de mesurer les apports de l’œuvre de Raymond Aron aux théories des relations internationales et de la guerre, mais également de voir dans quelle mesure son interprétation du système international et des conflits du xxe siècle contribue à éclairer le contexte actuel, marqué par de profondes transformations depuis la chute du rideau de fer (participants : Dario Battistella, Gwendal Châton, Marion Wlodarzcyk, Jean-Vincent Holeindre, Benjamin Brice, Giulio De Ligio, Daniel J. Mahoney).
Dernière modification de cette fiche : 8 février 2010.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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