2009-2010

Traditions iconographiques et mémoire sociale

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

1er et 3e jeudis du mois de 18 h à 20 h (Musée du quai Branly 75007 Paris, atelier 1, inscription préalable obligatoire sur www.quaibranly.fr, rubrique « Étudier et rechercher »), du 19 novembre 2009 au 18 mars 2010

Plaçant les images au centre d’un réseau de pratiques et de rituels, ce séminaire collectif se propose de développer les perspectives ouvertes par Aby Warburg autour d’objets très divers par leur provenance culturelle et  par leurs formes particulières. Animé par  un souci de comparaison  et de questionnement méthodologique, notre travail cherche à définir les conditions d’un dialogue productif entre anthropologie et histoire de l’art.

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie

Intitulé général : Traditions iconographiques et mémoire sociale

Renseignements : sur rendez-vous auprès des enseignants.

Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous.

Réception : sur rendez-vous par courriel auprès des enseignants.

Adresse(s) électronique(s) de contact : Carlo.Severi(at)ehess.fr, dvidal(at)ehess.fr

Compte rendu

Alfred Gell a récemment attiré l’attention sur le fait que les artefacts qui se trouvent dans nos musées classés sous le label « art primitif » ne sont pas seulement des témoignages d’un instinct universel qui présiderait à la création artistique. Bien que dépendants d’une esthétique indigène, beaucoup de ces objets sont, dans les sociétés où ils ont été conçus, traités comme des êtres vivants, le plus souvent à l’intérieur de séquences d’actions rituelles. Grâce à un processus que Gell a appelé « abduction de subjectivité », ces artefacts sont doués d’une « agentivité » propre. Ils peuvent ainsi devenir le moyen d’exprimer de réseaux spécifiques de relations entre les membres d’une société : qu’il s’agisse de réaliser un sacrifice, de marquer un espace symbolique ou de veiller au bon déroulement d’un rite de passage, les artefacts peuvent jouer un rôle crucial.
Mais qu’en est-il de la question de l’agentivité dans la tradition occidentale, et notamment dans les arts plastiques ? Peut-on, à travers une analyse de l’agentivité des œuvres, mieux saisir le processus que nous avons précédemment défini, dans une perspective inspirée par Warburg, comme « intensification de l’image » ? Nous avons consacré le séminaire de cette année à travailler sur ces questions.
Carlo Severi a posé la question de savoir si l’agentivité peut se réaliser seulement à travers la représentation « naturaliste », ou si on peut imaginer une agentivité de l’art abstrait, en élaborant de manière nouvelle la notion d’acte de regard. Claude Imbert a contribué à analyser la portée de cette notion, en exposant ses analyses de la peinture de Manet et de son appréhension par Baudelaire. Denis Vidal et Joffrey Becker ont présenté des études de différentes formes d’agentivité prédiquées sur des figures de cire (Musée Tussaud, Londres) ou des automates, tels qu’ils sont élaborés dans différents laboratoire scientifiques, ou même lorsqu’ils constituent le modèle d’une mimesis, dans la danse ou le théâtre contemporain.
Le séminaire s’est conclu par l’organisation d’une journée d’études, en collaboration avec l’Institut d’Études Avancées de Paris, consacrée à l’analyse des relations entre agentivité et ontologie des images, avec la participation, outre les organisateurs du séminaire, de Tim Ingold (Université de Manchester) et Philippe Descola (Collège de France, EHESS).

Dernière modification de cette fiche : 4 septembre 2009.

Dernière mise à jour le 14/04/2009

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