2009-2010

Problématiser la délinquance des mineurs à travers l'histoire de la criminologie (XIXe-XXe siècles)

  • Luc-Henry Choquet, Responsable du Pôle Recherche de la direction de la protection judiciaire de la jeunesse au ministère de la Justice

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

1er et 3e jeudis du mois de 17 h à 19 h (salle 916, 54 bd Raspail 75006 Paris), du 15 octobre 2009 au 17 juin 2010

Ce séminaire est couplé et se déroule en alternance avec le séminaire de Marc Hatzfeld.

Les approches en matière de délinquance des mineurs reposent aujourd’hui largement sur le recours à des problématiques spécifiques qui mettent l’accent sur les individus (d’où les applications devenues fréquentes de l’épidémiologie), sur leurs relations (psychopathologie), sur des facteurs sociaux de leurs comportements (démographie, géographie sociale, cultural studies) ou sur la construction institutionnelle et territoriale des politiques publiques qui leur sont dédiées (science politique). L’objet de ce séminaire est d’examiner ces problématiques une à une et d’identifier leur pertinence et leur rôle dans le débat actuel sur la question. La participation de Michel Botbol (pédopsychiatre à la Direction de la protection judiciaire de la jeunesse) et le couplage avec le séminaire de Marc Hatzfeld permettront un aller-retour entre des considérations théoriques et des approches contextualisées et circonstanciées de la question.

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :
  • Histoire
    (Séminaire de recherche M2S3 M2S4)

Renseignements : 4 villa Adrienne Simon 75014 Paris, tél. : 06 63 06 76 39.

Site web : http://www.ehess.fr/centres/ldh/enseignements.htm

Adresse(s) électronique(s) de contact : luc-henry.choquet(at)justice.gouv.fr, luchenrychoquet(at)gmail.com

Compte rendu

15 octobre 2009 : Présentation du séminaire : le séminaire continue d’explorer le thème de la délinquance des mineurs, à partir du droit, du judiciaire et des pratiques éducatives et, symétriquement, à partir des terrains concernés, notamment en discutant le leitmotiv selon lequel l’évolution récente des modalités de sa prise en considération serait le résultat de l’hégémonie du paradigme néolibéral. Marc Hatzfeld dessine un aperçu de la situation française en présentant la problématique de son programme autour de la tension entre précarité et sécurité. 5 novembre 2009 : Marc Hatzfeld suggère une analyse comparative des situations nord-américaine et française à partir du cas de Robert Taylor homes à Chicago tel que livré par le travail de Sudhir Venkatesh (Columbia University). Le livre qui sert de support au descriptif comparatif est ensuite analysé sous l’angle méthodologique comme une approche à la fois déviante, selon les règles sociologiques classiques, et fort féconde. 19 novembre 2009 : Présentation du travail de thèse et des premiers résultats de terrain de Julien Billion. La recherche porte sur les « sans domicile fixe » à Paris (Châtelet) et à New York (Midtown et Bronx), dont des mineurs parmi lesquels nombre de délinquants. 3 décembre 2009 : La séance du séminaire a porté sur les modes de régulation propres aux banlieues françaises aujourd’hui en confrontant : les régulation internes : le contrôle social ou régulation de village ; la régulation par les caïds, par l’honneur ou par la réputation ; les régulations institutionnelles : police, autorité scolaire, autorité symbolique du politique, etc., les régulations par la négociation ou l’ajustement (dynamique associative, prévention spécialisée, régies de quartier), Ces modalités ont été comparées avec : les régulations d’autres catégories sociales. 17 décembre 2009 : Préparation de la séance suivante du séminaire sur le thème de « la prise en considération des origines culturelles des mineurs délinquants et de leurs familles » à partir d’un débat organisé en partant de la lecture de plusieurs textes dont Hugues Lagrange (OSC), La délinquance des adolescents et les contextes socio-culturels, Note complémentaire à l’audition auprès de la commission de réforme de l’ordonnance du 2 février 1945, le jeudi 19 juin 2008. 7 janvier : La séance du séminaire a porté sur le thème de « la prise en considération des origines culturelles des mineurs délinquants et de leurs familles ». La séance a eu lieu au ministère de la justice, à la Direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ). Elle a rassemblé les étudiants et des professionnels de la DPJJ dans le cadre d’une série d’interventions et d’échanges entre les chercheurs suivants : Gérard Mauger (Centre de sociologie européenne, CSE), Marwan Mohammed (CESDIP, Université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines), Françoise Lorcerie (Institut de recherches sur le monde arabe et musulman, IREMAM). Deux autres chercheurs prévus étant été excusés : Didier Lapeyronnie (Université Paris-Sorbonne), Benjamin Moignard (Université Paris-XII/Créteil Val-de-Marne). 21 janvier 2009 : La séance a été consacrée à un exposé de Abdelaziz Gharbi (directeur, Régie de quartier, Aubervilliers), qui a fait l’exposé de sa pratique vis-à-vis des jeunes garçons de son quartier qui frôlent ou vivent dans la délinquance. Il expose sa méthode d’accompagnement dans et par le travail, ainsi que les liens qu’il tisse avec l’ensemble des acteurs institutionnels qui partagent le souci de cohabitation entre ces jeunes garçons et la population. Il examine également les façons dont certains reviennent à une existence sociale paisible. 4 février 2010 : Les deux séances suivantes sont consacrées à l’action éducative en détention. David Knaute (doctorant) a exposé sur la situation au Pakistan, Dominique Dupré (CNRS-IFRESI, Lille, France) a exposé sur la situation au Brésil. 18 février 2010 : Kazumasa Akaike (professeur de droit pénal, Université Ryukoku, Kyoto, Japon) a exposé sur la situation au Japon. Nicolas Sallée (doctorant, Sociologie, Université Paris-X/Nanterre) a exposé sur la situation en France à partir d’un texte intitulé Du travail éducatif en milieu inerte. Quand la protection judiciaire de la jeunesse intervient en Maison d’Arrêt. 4 mars 2010 : la séance a été consacrée à un exposé de Hibat Tabib (responsable, Association de médiation, Peyrefitte, Seine-Saint-Denis), qui a entrepris depuis quelques années un travail en direction des « enfants décrocheurs ». C’est à partir de la réflexion entamée depuis le début de cette année du séminaire qu’est apparu l’intérêt de nous pencher sur l’instant du décrochage de bien des adolescents. Hibat Tabib a été avocat et militant exposé en Iran. Depuis qu’il vit et travaille en France, les innovations auxquelles il a contribué sont observées de fort près. 18 mars 2010 : Lahcen Boukhenaissi (éducateur) présente la façon dont, au cours des vingt dernières années, il a fait suite à un travail d’éducateur de rue dans une cité d’Aulnay sous bois et implanté un ensemble d’activité économiques et sociales (café associatif, coiffeur, auto-école, chantiers d’insertion, traiteur, laverie, etc.) qui ont structuré la vie du quartier, autorisant à des initiatives parfois audacieuses en matière de prévention de la délinquance. 1er avril 2010 : Séance consacrée à une présentation « panoramique » par L-H Choquet des études et recherches conduites en France depuis les années soixante à propos et autour de la question des mineurs délinquants, pour y relever la succession des problématiques et des paradigmes et pour en tirer des leçons sur les origines de la manière dont nous abordons cette question aujourd’hui, avec le déroulé suivant : présentation et discussion ; échanges et réflexions sur les perspectives d’avenir en matière de recherche dans le domaine. 15 avril 2010 : Séance consacrée au travail d’écriture dans la perspective des publications à partir de la lecture critique d’un papier de Nicolas Sallée : « Les éducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse à l’épreuve de l’évolution du traitement pénal des jeunes délinquants », Champ pénal, 2010 disponible à l’adresse suivante : http://champpenal.revues.org/7767 avec le déroulé suivant : présentation du papier par l’auteur ; discussion sur le papier ; échanges, réflexions et préconisations à propos de la rédaction d’article.
A été également utilisé un autre texte de Nicolas Sallée publié par ailleurs « Une clinique de l’ordre–examen des controverses autour de l’ordonnance du 2 février 1945 », Vacarme, n° 49, chantier : enfance irrégulière. (http://www.vacarme.org/article1820.html). 6 mai 2010 : Séance consacrée à une présentation de Muriel Champy de la « problématique » des « enfants des rues » au Burkina Faso, à Ouagadougou. Elle a distingué à cette occasion plusieurs sous-groupes parmi les « enfants des rues », qui tiennent compte des sexes, des âges, des origines, des pratiques, et a présenté le lexique qui leur est associé ; elle a tenté de dessiner les rapprochements et les différences qui peuvent être établis entre ces sous-groupes. 23 mai 2010 : Séance consacrée à une présentation de Marine Coquet qui prépare une thèse sur la détention à Saint-Laurent-du-Maroni entre 1938 et 1946. Marine Coquet présente de quelle façon le bagne a organisé l’ensemble de la vie sociale, économique, politique et urbaine de la colonie, ne laissant aucune place à une autre autorité. Elle examine comment le bagne ne répond pas, au bout du compte, à la finalité que lui avait assignée le politique, à savoir de développer la colonie. 3 juin 2010 : Séance consacrée à une présentation du travail d’Anne Guérin qui devrait donner lieu à une publication imminente. Il porte sur le « monde » et le « milieu » de la détention dans les années soixante-dix, et des questions que son examen suscite à partir des axes suivants : la littérature et les témoignages sur les prisons ; les perceptions que les prisonniers ont des revendications, des mouvements collectifs, des révoltes ; les perceptions que les prisonniers ont d’eux-mêmes, de leurs trajectoires et des désespoirs individuels ; les deux principales réformes (la réforme de 1972 ; la réforme de 1975) ; les quartiers de haute sécurité (QHS) ; les suicides, comment penser, à partir de là, l’actualité de la question ?
17 juin 2010 : la séance du séminaire a été consacrée à des échanges sur un certain nombre de contraintes et de préconisations relatives aux enquêtes à partir de leurs différentes modalités : dans les archives, dans des institutions, sur des terrains moins institutionnalisés, dans des univers particuliers, en utilisant des entretiens, des questionnaires, la statistique (cf. par exemple les obligations CNIL), etc.
Pour illustrer ces questions et faciliter les échanges, Julien Billion (doctorant, les « sans-domicile fixe » à Paris, Châtelet, et à New York, Midtown et Bronx) et Aurélien Gillier (doctorant, les émeutes de juillet 1967 à Détroit) ont fait un récit de leurs conditions d’enquête rencontrées à Paris versus New York et à Détroit. Marc Hatzfeld et Luc-Henry Choquet sont revenus sur des conditions d’enquête rencontrées précédemment qui permettaient d’examiner de façon utile ces questions.

Dernière modification de cette fiche : 28 septembre 2009.

Dernière mise à jour le 14/04/2009

Haut de page

EHESS (Siège)
190-198 avenue de France
75244 Paris cedex 13
Tél : 01 49 54 25 25