S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
Mercredi de 19 h à 21 h (salle M. et D. Lombard, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 14 octobre 2009 au 23 juin 2010. Pas de séminaire le 16 juin. Séance supplémentaire le 25 juin de 10 h à 14 h, salle de l'IISMM, 1er étage, même adresse
Accueillir l'art contemporain à l'EHESS en se plaçant résolument du côté de la pratique — des artistes et des producteurs d'aujourd'hui — est l'objet du séminaire. Choix précisément daté: la chute du Mur et la mondialisation bouleversent les flux et les polarités du monde de l'art, suscitant des formes nouvelles d'activisme, de nouvelles ambitions collectives. Interroger l'espace et les formes de la représentation politique ou la constitution des nouvelles références nationales issues du monde communiste, réinscrire l'utopie au cœur de projets collectifs, questionner les légitimités majoritaires et les angles morts de la démocratie : autant de motifs pour l'art d'aujourd'hui que le séminaire se propose d'explorer en donnant la parole aux artistes, aux curateurs, aux critiques qui, travaillant hors de France, viennent à l'EHESS nous faire participer à leur expérience.
La programmation, irrégulière, requiert pour information l’inscription sur la mailing-list auprès de Natasa Petresin
Mercredi 21 octobre 2009 : Hassan Khan. Artiste, compositeur et écrivain, Hassan Khan vit et travaille au Caire. Des expositions monographiques lui ont été consacrées au Gezira Art Center au Caire (1999),à la galerie Chantal Crousel, Paris (2004), A Space Gallery, Toronto (2005), Gasworks, Londres (2006) Le Plateau, Paris (2007) Uqbar, Berlin (2008). Khan a également participé aux biennales d'Istanbul (2003), Seville (2006), Sydney (2006), Thessaloniki (2007) Contour (2007) Gwangju (2008), aux triennales de Turin (2005) et Yokohama (2008), entre autres. Pionnier de la scène underground du Caire, il a composé des bandes son pour le théâtre et a joué ses compositions à travers le monde, au fil de performances associant musique et vidéo.Son album tabla dubb a été édité par le label 100copies. Kahn a aussi beaucoup publié, en anglais comme en arabe. Son dernier livre Nine Lessons Learned from Sherif El-Azma a été publié cette année par Contemporary Image Collective.
http://www.hassankhan.com/
Hassan Khan is an artist, musician and writer who lives and works in Cairo, Egypt. Selected solo shows include Gezira Art Center, Cairo (1999), Galerie Chantal Crousel, Paris (2004), A Space Gallery, Toronto (2005), Gasworks, London (2006) Le Plateau, Paris (2007) and Uqbar, Berlin (2008). Khan has also participated in the Istanbul (2003), Seville (2006), Sydney (2006), Thessaloniki (2007) Contour (2007) Gwangju (2008) biennales as well as the Turin (2005) and Yokohama (2008) triennalles, amongst other international group exhibitions. He has composed soundtracks for theater and performed his music in venues around the world and his album tabla dubb was released on the 100copies label. Khan is also widely published in both Arabic and English, his latest publication Nine Lessons Learned from Sherif El-Azma was published by the Contemporary Image Collective earlier this year.
http://www.hassankhan.com/
Mercredi 4 novembre 2009 : Lotty Rosenfeld. Figure majeure de la scène artistique chilienne (elle est née à Santiago du Chili en 1943), Lotty Rosenfeld fait partie de cette génération de l'avant-garde sud-américaine des années 70 qui a su résister et survivre à la féroce dictature du général Pinochet,en ayant recours à toutes les ruses de l'ambiguïté, de l'équivoque et du double-entendre. En 1978, le geste minimal de Lotty Rosenfeld lors d'une performance devenue emblématique (barrer d'un trait de blanc la signalétique au sol des rues de Santiago de façon à former "Un millier de croix sur le pavement") inaugure une série d'interventions du collectif C.A.D.A. (Colectivo de Acciones de Arte), qui renouvelle la portée et les formats de l'art conceptuel ("Para no morir de hambre en el arte" (1979), "Inversion de Escena" (1979), "Ay Sudamerica" (1981),"No +" (1983). Constitué de deux artistes, Lotty Rosenfeld et Juan Castillo, du sociologue Fernando Balcells, du poète Raul Zurita et de la romancière Diamela Eltit, CADA déploie au format de la ville devenue surface de projection d'une guérilla sémiotique, gestes et marques de résistance et de refus, réactivant sous régime de censure le mot d'ordre de l'art conceptuel latino-américain :"dissolution de l'art dans la créativité du quotidien".
Le travail de Lotty Rosenfeld a été présenté récemment, entre autres, à la Documenta 12 (Cassel, 2007); dans les grandes rétrospectives Arte no es vida. Actions by artists of the Americas 1960-2000, (2008), Museo del Barrio, New York; Subversive Practices : Art under Conditions of Political Repression, 60s–80s / South America/Europe au Württembergischer Kunstverein de Stuttgart (été 2009), et, jusqu'au 15 novembre dans l'exposition Planète des signes, au Plateau, à Paris.
Samedi 21 novembre 2009 : Refaire Duchamp.
Autour de Richard Hamilton : Ecke Bonk, Corinne Diserens, Philippe Duboy, Paul Franklin, Bethan Hews, Sarat Mahraj, Sturtevant.
Projection de Fountain (2009) de Bethan Hews, de 14 h 30 à 18 h , à l'auditorium de l'INHA, 6 rue des Petits-Champs, 75002 Paris
La typo-traduction des notes de la « Boîte verte », puis la reconstitution du Grand Verre ont fait entrer Richard Hamilton dans un dialogue d’un demi–siècle avec Marcel Duchamp. Pourquoi un artiste plonge–t-il avec autant d’intensité et d’érudition dans l’œuvre d’un autre ? Quelle est la portée de cette exploration dans son œuvre propre ? Que signifie « refaire » lorsqu’il s’agit de « refaire Duchamp » ? Existe-t-il, parallèlement au Duchamp des historiens, un Duchamp des artistes ? À l’occasion de la publication par Corinne Diserens de Le Grand Déffricheur. Richard Hamilton sur Marcel Duchamp (Lectures Maison Rouge, JRP Ringier), le séminaire accueille, autour de Richard Hamilton, artistes et historiens de l’art aux prises avec MD.
Mercredi 25 novembre 2009 : Sanja Ivekovic
Née en 1949 à Zagreb (Croatie) où elle vit et travaille, Sanja Iveković est l’une des artistes- clefs pour comprendre la reconfiguration des rôles, des genres et de la cartographie géopolitique manifestée par l’art d’aujourd’hui ; ce qui se démontre pleinement dans la pluralité des lieux où l’on a pu voir tout récemment ses travaux. Ainsi, par exemple à la Biennale d’Istanbul ou à l’exposition The Death of the Audience ( Secession de Vienne). En France, elle a proposé une performance en avant-première de l’exposition Réversibilité au CAC Brétigny et ses œuvres acquises par le Musée National d’art moderne figurent également au sein d’elles@centrepompidou. Elle expose au Muzeum Sztuki de Lodz, participe à l’exposition Gender Check au MuMok de Vienne et elle a tout dernièrement reçu le « Camera Austria-Preis der Stadt Graz für zeitgenössische Fotografie 2009 ».
Sanja Iveković fait partie d’une génération d’artistes, qui a émergé après 1968 dans les pays de l’Est européen, intervenant dans les champs de la photo et du collage, de la vidéo et du film, des installations et des actions. Elle participe d’emblée de ces “politics of performance” que la théoricienne Peggy Phelan caractérise comme stratégie critique des idéologies du visible. Le travail d’Iveković fonde effectivement une pratique critique, investie dans la politique des images et du corps (cf. la formidable performance Triangle (1979)) et analysant les stéréotypes de genre, tels qu’ils sont cités à comparaitre à la télévision (General Alert [Soap Opera], 1995) ou dans les magazines (Paper Women, 1976–7).
Ainsi, Sanja Iveković a été l’une des premières, sur la scène Yougoslave (puis Croate) a adopter une perspective féministe dans son travail d’artiste. Depuis 1989, elle traite, toujours dans cette perspective, de l’effondrement du régime communiste et des conséquences du triomphe du capitalisme et de l’économie de marché sur les conditions de vie, particulièrement celles des femmes- et notamment la violence à laquelle les femmes sont soumises. Depuis ses premières photos et performances jusqu’aux projets publics ou collaborations des années récentes, elle repère les changements de place et de fonction des valeurs individuelles, en se mobilisant pour préserver les droits inaliénables de chaque sujet à avoir une opinion et être capable de formuler son propre « vocabulaire final »- selon l’expression de Richard Rorty : un réseau de mots employables pour justifier de ses actions, ses croyances et sa vie.
Une rétrospective du travail de Sanja Iveković s'est tenue en 2001 à Taxipalais (Innsbruck, Autriche) ainsi qu’une exposition personnelle Urgent Matters, au BAK d’ Utrecht et au Van Abbemuseum d’ Eindhoven en 2009.
Elle a participé aux 11e et 10e Biennales Internationale d'Istanbul (2009 et 07), les Documenta 12 (2007) et 11 (2002) à Kassel, et à Manifesta 2 (1998)
Autres expositions (sélection) : Gender Check, Mumok, Vienne, 2009; re.act.feminism – performance art of the 1960s and 70s today, Akademie der Künste, Berlin, 2008–2009; As soon as I open my eyes I see a film. Experiment in the art of Yugoslavia in the 60’s and 70’s, Museum of Modern Art, Varsovie, 2008; The Order of Things, MuHKA, Anvers, 2008; Living Currency/La Monnaie Vivante, Tate Modern, Londres, 2008; Forms of Resistance – Artists and the Desire for Social Change from 1871 until the Present, Van Abbemuseum, Eindhoven, 2007; WACK! Art and the Feminist Revolution, The Museum of Contemporary Art, Los Angeles, 2007; Die Regierung. Paradiesische Handlungsräume, Secession, Vienne, 2005; Now What? Dreaming a better world in six parts, BAK, Utrecht, 2003; et After the Wall, Moderna Museet, Stockholm, 1999–2000.
Mercredi 2 décembre 2009 : Renata Lucas
Dans les Giardini et à l’Arsenal de Venise, lors de la 53è Biennale (2009), l’œuvre de Renata Lucas aura pu passer inaperçue. Et pourtant, elle aura été une intervention fondamentale au sens littéral du terme : grâce à elle, une route en asphalte se laissait découvrir sous le gravier de l’allée principale des Giardini et des prélèvements sous le plancher de l’Arsenal laissaient également apparaître des dalles d’asphalte ; ce qui, sur la lagune de Venise, était pour le moins surprenant.
Dédoubler, multiplier, détourner, superposer… telle est la stratégie artistique que Renata Lucas, née en 1971 à Ribeirão Preto, au Brésil et qui vit à São Paulo applique à l’environnement bâti. Ses interventions consistent à manipuler l’espace urbain et l’architecture pour intensifier les tensions entre intérieur et extérieur, public et privé, passé et présent et mettre en relief les actions, comportements et usages sociaux qui en découlent.
Affectant l’environnement ou le bâti urbains par des interventions spécifiques, le travail de l’artiste sollicite de nombreuses instances : non seulement les institutions qui le commanditent, mais également le voisinage, les usagers… : ainsi pour Comum de dois (2002) au Centro de arte mariantonia, São Paulo, ou elle a bâti un espace commun entre deux pièces distinctes de deux maisons mitoyennes, tout en respectant la disparité des niveaux de l'habitat. Ou encore, Atlas, à la galerie Millan Antonio de Sao Paolo, en 2006, où l’espace intérieur et privé de la galerie s’est extériorisé pour être, en quelque sorte restitué au voisinage.
Offrant un imaginaire spatial qui prend en considération la malléabilité, la manipulation et le jeu, Renata Lucas met en œuvre des possibilités de rencontres inédites avec l’environnement, qu'elles soient individuelles ou collectives. Ainsi, Matemática rápida (Mathématique rapide), présentée à la Biennale de São Paulo en 2006, consistait en une intervention simple sur la chaussée du quartier Barra Funda, où l'artiste a redoublé les trottoirs, introduisant ainsi dans le trajet des piétons des obstacles imprévus, des coïncidences et des plaisirs inattendus.
Expositions récentes : Nova Arte Nova, Centro Cultural Banco do Brasil, São Paulo (2009); Revolutions: Forms that turn, Biennale of Sydney, Sydney (2008); Time Crevasse, Yokohama Triennale, Yokohama (2008); The World as a Stage, Tate Modern, London (2007); Resident, Gasworks, London (2007); Como Viver Junto, 27ème Bienal de São Paulo, São Paulo (2006).
Renata Lucas a reçu le Ernst Schering Foundation Art Award 2009 et elle est également la lauréate de l’édition 2009 du Dena Foundation Art Award.
Mercredi 9 décembre 2009 : Pauline Boudry et Renate Lorenz
Si la situation à Berlin nous paraît excitante, du point de vue d'une alternative queer, c’est en partie grâce aux efforts de Pauline Boudry (née en Suisse) et Renate Lorenz. Ensemble, tout en poursuivant chacune des projets personnels (ainsi Pauline Boudry au sein du groupe queer de musique electronique "Rhythm Kings"), elles s’attachent, par le biais de différents médias - film et video, photographie, installations expositions, colloques, ateliers - à réexaminer des images d’archives pour s’intéresser aux discours de genre et de sexe qui s’y articulent et aux différents niveaux de "visibilité" qui s’y manifestent. Ces travaux, qui peuvent être des expositions collectives ou des films (ou les deux à la fois), traitent des façons dont la visibilité participe de fonctions multiples et équivoques, associant à la fois l’ "empowerment" et la mise en scène de soi, le glamour et le désir de reconnaissance, aussi bien que la dévalorisation, la stigmatisation voire la criminalisation. Ainsi Normal Work et N.O. Body sont une réflexion, du point de vue du début du XXIè siècle, sur l’invention des notions modernes de sexualité et de perversion sexuelle, invention quasi contemporaine de celle de la photographie, ainsi qu’à la relation de ces "disciplines" modernes avec des questions de domination coloniale, croisant ainsi la question des genres et celle de l’ethnicité.
Leur plus récente installation et film, Salomania reconstruit la danse des sept voiles extraite du Salomé muet (1923) de la chorégraphe et réalisatrice Alla Nazimova, à laquelle est associé Valda’s Solo, d’Yvonne Rainer; celle-ci, en compagnie de la performer Wu Ingrid Tsang, discute et réinterprète la figure "trans" de Salomé.
Pauline Boudry et Renate Lorenz ont également travaillé au sein d’un collectif sur une critique de l'économie et du travail à partir d'une perspective queer : lire ici
Avec Pauline Boudry, Renate Lorenz a été commissaire de Normal Love, precarious sex, precarious work (Kunstlerhaus Bethanien, Berlin, 2007, catalogue b.books, lire ici et elles ont participé à l’exposition autour de Magnus Hirschfeld intitulée Sex Brennt (Berlin, 2008) Elles ont récemment produit le colloque Freaky, à Berlin, fin août 2009 et ont participé à LIVE FILM! JACK SMITH! Five Flaming Days in a Rented World à Berlin également, en octobre-novembre dernier.
Parmi leurs expositions :
2009 : Bertha von Suttner Revisited, Harmannsburg; Everywhere, CGAC, Santiago de Compostela; N.O.Body, Swiss Institute, New York; Salomania, Les Complices, Zürich; Swiss Awards, Basel.
2008: 49th Salon, Cultural Center, Belgrad ; And then we take Berlin..., Substitut, Berlin ; Contrasenas, Monterhermoso Cultural Center, Monterhermoso; N.O. Body, Les Complices, Zürich; Normal Work, Les Complices, Zürich ; Sex brennt!, Charité Museum, Berlin
2007 : Du Nord, Musée des Beaux-Arts, Lausanne; Oh girl, it's a boy!, Kunstverein, München
2006 : Audio, Cabinet des Estampes, Genève ; Null Problemo, Rudolf-Sharpf-Galerie, Ludwigshafen ; Revolt she said, la Criée, Rennes ; und so hat Konzept noch nie Pferd bedeutet, Generali Foundation, Wien.
2005 : Critique of pure image, between fake and quotation, Bath House, Plovdiv ; Ongoing. Feminism & Activism, galerie 5020, Salzburg ; Sometimes you fight for the world, sometimes you fight for yourself, Les Complices, Zürich.
2004 : Atelier Europa , Kunstverein , München ; The personal is political, und peinlich, Kunsthalle Exnergasse, Wien
13 janvier 2010 : Xabier Arakistain dirige à Vitoria-Gasteiz. le Centro Cultural Montehermoso Kulturunea lire ici, le premier centre d'art contemporain et de pensée en Espagne, qui a choisi de développer un point de vue féministe et d'appliquer une politique d'égalité entre les sexes dans le champ de l'art et de la culture. Un peu plus tôt, Arakis a travaillé comme commissaire indépendant. En 1999 il a lancé l'exposition itinérante "Trans Sexual Express", qui faisait du quota en matière de sexe un critère "curatorial". Entre 2001 et 2003, il a été à la tête de la programmation du hall d'exposition de la Fundación Bilbao Arte Fundazioa et entre 2003 et 2006, il a animé les groupes de discussion sur art & féminisme durant l'ARCO (Madrid), où fut élaboré le "Manifeste Arco " en 2005. Il a été commissaire des rétrospectives des Guerrilla Girls 1985_2000 et de Leigh Bowery, ainsi que des expositions de groupe "For all audiences (2006)", "Kiss Kiss Bang Bang. 45 Years of Art & Feminism", (2007) ainsi que "Switch On The Power. Noise And Musical Policies" (2007). Il a aussi été co-commissaire, avec Rosa Martínez de "Trans Sexual Express 2000", avec Maura Reilly de "The Furious Gaze" et avec Emma Dexter de "Living Together." lire ici
Xabier Arakistain is Director of the Centro Cultural Montehermoso Kulturunea lire ici, the first contemporary art and thinking centre in Spain which develops and applies policies of equality between sexes in art and culture. Previously Arakistain worked as an independent curator beginning back in 1999, when he opened "Trans Sexual Express", an exhibition in which he incorporated the sex quota as a curatorial criterion. From 2001 to 2003 he was head of programming at the Exhibition Hall of Fundación Bilbao Arte Fundazioa, and from 2003 to 2006 he headed the discussion groups on art and feminism at ARCO Art Fair, from where he launched the Arco Manifest 2005. He has also curated Guerrilla Girls and Leigh Bowery retrospectives and the group shows "For all audiences"; "Kiss Kiss Bang Bang, 45 Years of Art and Feminism" and "Switch On The Power. Noise And Musical Policies". Also, he has cocurated "Trans Sexual Express 2000" along with Rosa Martínez, "The Furious Gaze" with Maura Reilly and "Living Together" with Emma Dexter lire ici
Mercredi 27 janvier : Keren Cytter
Née en 1977 à Tel Aviv, Keren Cytter s'est établie à Amsterdam et vit actuellement à Berlin. L'artiste, prolixe, développe son travail surtout par le biais du film et de la vidéo, mais également du dessin et de l'écriture (elle a notamment publié trois romans) ainsi que de la performance, en collaboration avec la compagnie de danse qu'elle a créée, D.I.E NOW (Dance International Europe Now).
Dans ses films, elle utilise différents modes de narration et mélange divers genres – documentaire, mélodrame, téléfilm, cinéma d'auteur, film noir… Le critique américain Barry Schwabsky évoque Keren Cytter en tant qu’Auteur(e)- autant qu’artiste, étant donnés les intérêts de Cytter pour le récit, pour des situations, pour la fiction voire pour le spectacle, même si ses histoires se présentent de façon plutôt fracturée et oblique. Tournées dans des intérieurs banals et jouées par des amis, elles parlent de relations humaines, d'amour, d'amitié, de jalousie, de violence, et convoquent une charge émotive forte. Keren Cytter nous « livre une succession de scènes, où le réel semble constamment le disputer à la fiction. Dans la perspective de ce conflit—un conflit, donc qui en représente bien d’autres—tous les coups sont permis et chacun des paramètres inhérents à la réalisation de ses œuvres (..) est tout entier engagé dans une logique de tension, qui n’a d’égale que l’exacerbation des sentiments dont il est question » (Le Plateau)
Outre ses expositions personnelles depuis 2002 (et notamment, à la Kunsthalle de Zurich, Ellen de Bruijne Projects, KW Institute for Contemporary Art, MUMOK Vienne, Witte de With Rotterdam, Kunstverein St Pauli Hambourg, CCA Kitakyushu, Thierry Goldberg Projects NY…) Keren Cytter a participé à de très nombreuses manifestations collectives et internationales, dont les Biennales de Lyon 2007 et 2009, la 2è Biennale de Moscou (2007), « If I Can't Dance, I Don't Want To Be Part Of Your Revolution », Manifesta 7, la Triennale de Yokohama (2008), “Television Delivers People” au Whitney Museum, “Open Plan Living,” Art TLV, Tel Aviv, la 53è Biennale de Venise et "The Generational: Younger than Jesus" au New Museum de New York (2009). Elle était également finaliste pour le prix des jeunes artistes de Berlin 2009.
Keren Cytter expose actuellement au FRAC Ile de France/Le Plateau (jusqu’au 14 février), c’est sa première grande exposition personnelle en France.
Mercredi 10 février : Le peuple qui manque : Aliocha Imhoff et Kantuta Quirós
Aliocha Imhoff et Kantuta Quirós sont curateurs indépendants, critiques, et fondateurs de la structure de programmation et de distribution de films et vidéos le peuple qui manque.
Créé en 2005, le peuple qui manque travaille principalement autour des liens entre art et politique et a ainsi mené, ces dernières années, un travail d'exposition et de revisitation de pratiques dissidentes, critiques ou marginales au sein du cinéma, de la vidéo et de l’art contemporain (notamment art queer et féministe, intervention urbaine, cinéma post-colonial, art-action latino-américain, cinéma underground et médias critiques, etc.). Invité à concevoir de nombreuses rétrospectives, festivals, cycles de films ou cartes blanches, le peuple qui manque est également distributeur d’une collection de 200 films et vidéos et représente aujourd’hui plus de 30 artistes internationaux (dont ORLAN, Kathy Acker et Alan Sondheim, Judith Cahen, Guillaume Dustan, Bernard Heidsieck et Françoise Janicot, Jean-Jacques Lebel, Mujeres Creando, Stéphane Marti, Arnold Pasquier, Howardena Pindell, Oliver Ressler, Carolee Schneemann et Maria Beatty, Del LaGrace Volcano, David Wojnarowicz et Marion Scemamma, Lorena Wolffer, Jud Yalkut, etc.).
On peut citer ainsi quelques programmes et événements : Les écrivains filment (2010, IMEC/Abbaye d’Ardennes), Womanhouse(2010, Centre Pompidou), Groupes d’interventions (Beaux-Arts, 2010), Géographies fracturées / A New World Border /Radical East Performance (2009-2010, Centre d’art de Montreuil), Poésie directe et cinéma (Polyphonix, CentQuatre & Festival d’Automne, 2009),Art-action féministe latino-américain (2009, Centre Pompidou), Snap ! Black poetry & film (2009, Le Latina), Actions de corps-exclus(2009, MIX New York), Corps insurgés (2009-2010, cinéma Le Méliès et Centre d’Art de Montreuil, ACT UP New York - DIVA TV,Sankofa Film & Video, Happening !, Berlin Underground 80, Reclaim the streets, Le droit à la folie), Rétrospective Genres / Vidéo et cinéma (Coyotes et frontières, Flaming creatures, Black Queer Art, Sexualités pirates, Pionnières du cinéma expérimental féministe français, Art & féminisme – Ton corps est un champ de bataille, 2007-2008), Nuit 68 (Le Lieu Unique, 2008), Nuit blanche 2006(Cinéma l’Entrepôt), Politiques de la marche (2006, Festival des Cinémas Différents), etc.
Le peuple qui manque est également le créateur du Festival de Cinéma Queer de Paris (2005 et 2007, cinéma L’Entrepôt, Maison du Japon et Ecole Normale Supérieure) www.lepeuplequimanque.org
Mercredi 17 février 2010 : Mona Vatamanu et Florin Tudor
Mona Vatamanu (née en 1968 à Constanta) et Florin Tudor (né en 1974 à Genève) travaillent ensemble depuis 2000.
Ils sont engagés dans un travail d'interprétation de la condition post-communiste, de ses oublis de ses refoulements -une condition qui excède largement autant les anciennes frontières du "bloc socialiste" que celles de leur pays natal, la Roumanie.Résidus idéologiques et redéploiements des valeurs constituent leur matériau.
A la Secession de Vienne, par exemple, où Mona Vatamanu et Florin Tudor ont exposé entre novembre 2009 et janvier dernier, sous le titre L’imagination au Pouvoir, les artistes exploraient les conséquences sociales des changements de valeurs de ces vingt dernières années. Introduites par une bannière « Longue vie au Capitalisme ! », tendue à l’entrée du bâtiment, les pièces, qu’il s’agisse d’une scène redoublant le sol à l’étage du bâtiment, de la représentation fragmentaire du drapeau rouge et noir, d’une projection filmique retraçant la fabrication collective de la bannière ou encore de tableaux de petit format sur le thème de l’ «Emeute », exploraient des potentiels de résistance poétiques plutôt que dogmatiques.Plus Value (2009) explore les gestes et l'économie générale des cours de travail manuel prescrits par le cursus pédagogique roumain avant 1989.
Les artistes ont également examiné les manifestations architecturales et urbaines du traumatisme dans les pays post-communistes. Plusieurs films, séries de photo et installations sont consacrés, comme autant de lectures archéologiques des strates architecturales, à la destruction des églises, des monastères et des palais par le régime communiste en Roumanie, dans une apparente indifférence populaire. Ainsi dans le fim Vacaresti (2006), ils tracent le plan au sol d'un monastère du XVIIIè siècle détruit en 1986 et destiné à devenir un shopping center. Dans leur série de tableaux Rendez vous avec l'Histoire (2008), ils fabriquent en peinture des scènes étrangement familières, à partir de scènes de foule à Berlin en 1989 et de manifestations altermondialistes à Genes, en 2001, et Bâle en 2007. Récemment, à Paris, on a pu voir Le Palais (2004) dans l'exposition de Clement Dirié, Cultural Memories / Recits Paralleles (Insitu / Fabienne Leclerc, Paris) : une vidéo sur les différents types d'historicisation proposés par les visites guidées de la Maison du Peuple, le palais colossal édifié par Cauecescu à Bucarest. Persépolis (1999 - 2006) est une lecture photographique de la Bucarest post-socialiste.
Des expositions personnelles de Vatamanu et Tudor ont eu lieu, notamment à la Secession,Vienne (2009) au BAK, Utrecht (2008); à la Kunstverein de Ludwigsburg et chez Lombard-Freid Projects, New York, en 2008, à la Play Gallery de Berlin, à Dundee, Bucarest, Innsbruck, Budapest.
Parmi leurs expositions collectives, on peut noter leur participation à Pièces de Résistance (Thun, 2009) Cultural Memories / Recits Parallèles (Paris, 2009), Communism never happened (Transatvideo, Caen, 2008), à Dada East (Lille - Varsovie 2009) ou à How to Do Things? - In the Middle of (No)where, Kunsthaus Bethanien, (Berlin 2006) ; aux Biennales de Berlin, de Gyumri, de Iasi (2009) ; aux Biennale de Venise et de Prague (2007), de Bucarest (2006), ou à Utopia Station à la Biennale de Venise 2003. Ils exposent prochainement dans Atopia, au centre de culture contemporaine de Barcelone.
Ils ont également été résidents à BAK/Utrecht, au FRAC Nord Pas de Calais, à Varsovie, Vienne, Innsbruck et Budapest.
Mercredi 3 mars : T.J. Demos
Le travail de T.J. Demos, critique et théoricien, est largement centré sur l’exil, la désappropriation, la dislocation et la migration, et les possibilités d’émancipation et d’invention qu’elles recèlent. Dans The Exiles of Marcel Duchamp (MIT Press, 2007), Demos étudie l’expérience du déplacement et le statut d’expatrié qui fut celui de Duchamp durant la majeure partie de sa vie, et leur effet sur son œuvre : espaces de disjonction, sculptures mobiles, ready – made, dispositifs d’exposition expérimentaux… Il a conçu et organisé en 2008 / 2009 une série de workshops, à Londres, sur le thème "Zones of Conflict: Rethinking Contemporary Art During Global Crisis » auxquels faisait écho une exposition à la Pratt Manhattan Gallery, à New York, « Zones of Conflict ». Son texte «“The Politics of Sustainability: Contemporary Art and Ecology” accompagnait l’exposition de la Barbican Art Gallery, « Radical Nature: Art and Architecture for a Changing Planet 1969–2009 » (Londres, 2009). Il publie régulièrement (sur Otolith, Atlas Group, les pratiques photographiques contemporaines, etc.), dans Grey Room, October, Artforum, Texte zur Kunst et enseigne à University College, Londres. Il prépare un livre intitulé provisoirement Migrations: Contemporary Art and Globalization.
24 mars : Elena Filipovic
En janvier 2010 a commencé, à Bruxelles, une singulière « rétrospective » en plusieurs étapes de l’œuvre de l’artiste américain Felix Gonzalez – Torres : « Felix Gonzalez- Torres : Specific objects without specific forms ». La première offrait une sélection de 46 pièces maîtresses de l’artiste, déployée sur les trois étages du Wiels par l’historienne d’art et commissaire Elena Filipovic. La seconde étape, qui a commencé le 5 mars et s’achèvera le 25 avril, présente une sélection, légèrement remaniée, redisposée par l’artiste Danh Vo. À Bâle puis à Francfort, Carole Bove et Tino Sehgal assureront le display des deux dernières étapes de la rétrospective de cette œuvre ample, fluide, exposée dans sa fragilité et sa plasticité. Elena Filipovic a conçu l’ensemble du projet. Critique et historienne de l’art, elle a travaillé sur les stratégies d’exposition développées par Marcel Duchamp (voir « Surrealism in 1938 : The Exhibition at War » in Surrealism, Politics and Culture, Raymond Spiteri & Donald LaCoss édit., Ashgate, 2003, pp. 179 -203, ainsi que « A Museum that is not » http://www.e-flux.com/journal/view/50), organisé une vaste rétrospective de l'oeuvre de Marcel Duchamp en Amérique Latine, au musée des beaux - arts de São Paolo et à la Fundación Proa à Buenos Aires (2008-2009). Curatrice associée au Wiels, elle assure le tutorat du programme « Théorie / histoire de l’exposition » à la fondation De Appel et la programmation « Satellite » au Jeu de Paume depuis la rentrée 2009.
Elle a co-édité, avec Barbara Vanderlinden The Manifesta Decade: Debates on Contemporary Art Exhibitions and Biennials in Post-Wall Europe (Roomade and MIT Press, 2005).
Mercredi 7 avril : Adrian Rifkin
Adrian Rifkin est aujourd’hui Professor of Art Writing au sein du département Art du Goldsmiths College (Londres). Ce qui veut dire aussi que l’histoire de l’art ne saurait se passer d’une interrogation sur son écriture, comme elle s’interroge sans relâche, du moins chez Adrian Rifkin, sur sa pédagogie, sur sa refiguration permanente et la reconfiguration permanente de ses archives, mais également sur ses accompagnements, ses harmoniques musicales ou sexuelles… Bref, plutôt que sur sa discipline, sur son indiscipline.
L’un des projets en cours d’Adrian Rifkin consiste d’ailleurs à « Se Perdre », à engager une expérimentation avec et contre l’autobiographie, en d’autres termes à « explorer comment ce qu’on appelle la théorie culturelle devient possible dans une description de la vie—mais comme si la vie n’est pas ce qui m’appartient ».
Pour en savoir un peu plus, on lira l’entrée « Me, Myself and I » du site gai savoir d’Adrian Rifkin. Les voies de sa recherche, selon ce site, ont suivi plusieurs chemins et ramifications, certains concernant des archives spécifiques (par exemple, la Commune et la formation urbaine de Paris aux 19è et 20è siècles)--qui lui ont d’ailleurs permis de rencontrer très vite "Les Révoltes Logiques" et la pensée de Jacques Rancière, aussi bien que la topographie gay) ; d’autres se sont engagées sur des voies conceptuelles ou théoriques dans différents ordres d’abstraction (l’objet de l’histoire de l’art ; le sujet comme sujet à bout de souffle ou en attente ; les études queer et le mythe de narcisse, l’inachèvement, le retour sans fin). En même temps qu’elle devenait de plus en plus abstraite, l’idée même de recherche se dissolvait « quand la plupart des choses intéressantes que je rencontrais se manifestaient en trébuchant sur elles, ou qu’elles m’arrivaient, ou qu’elles se révélaient être un vieux bagage dans un nouvel appareil».
Dans les années 1970 et 80, au sein du département des beaux-arts puis de design de Portsmouth Polytechnic, Adrian Rifkin a participé à un programme interdisciplinaire intégrant, pour la première fois en tant qu’enseignement artistique, un cursus d’histoire sociale et d’études culturelles. Entre 1992 à 1999, à l’Université de Leeds, il a contribué à redévelopper le rôle de la culture visuelle comme lien primaire entre praticiens de l’art et étudiants en histoire de l’art, établissant de nouvelles formes de Doctora(n)ts. Il a également rebâti les cursus d’études visuelles et leur présentation au sein de la Middlesex University, où il a enseigné jusqu’à 2007 et contribué à leur reformulation à l’Université de Londres, avec l’intégration de la théorie queer. Aujourd’hui, le programme du Goldsmith, dirigé par Maria Fusco, s’adresse également à des artistes, désireux de travailler dans le domaine de l’écriture comme art et sur l’art.
Outre le site gai-savoir.net ; qui contient de nombreux textes, Adrian Rifkin a notamment publié : Street Noises, Parisian Pleasure 1900–1940, Manchester University Press, 1993. Ingres then, and now, Routledge London 2000.
Il a édité : Voices of the People, the Social Life of La Sociale at the end of the Second Empire, (avec Roger Thomas) London, Routledge, 1987. About Michael Baxandall, London, Blackwell, 1999. Fingering Ingres (avec Susan Siegfried) London, Blackwell, 2001. Other Objects of Desire, Collectors and Collecting Queerly (avec Michael Camille), London, Blackwell, 2001 avec une postface : "Collecting Men, or my Next Duchess".
Parmi ses très nombreux articles, on trouve récemment : "Addressing Ekphrasis, or a prolegomena to the next", in Classical Philology, Number 100, 2007. "Oh I do like to be beside the seaside (Now, Voyager)-on misunderstanding Rancière and Queer Theory", in Borderlands e-journal, n°8, 2009 . "Dancing Years, or writing as a way out", in Art History, 32-4, September 2009. Ou encore sa contribution à Cornelius Cardew, Play for Today, Londres, Drawing Room, 2009.
Entre 1987 et 1990 il a produit 11 émissions pour BBC3 concernant le son, la ville, la vision l’écriture.
Mercredi 14 avril : Irit Rogoff
"Participation. Mode d'emploi". Il s'agira de rompre avec la prescription inclusive qui caractérise ce qu'on nomme "le tournant participatif" de l'art contemporain (la mise en œuvre de protocoles d'implication des sujets dans des projets et des espaces). Au contraire, nous nous demanderons ce que signifie être partie prenante d'une culture au-delà des rôles qu'autorisent les habitudes sociales ? Qu'advient-il si la participation n'est plus prescrite d'en -haut par les artistes, les commissaires et les institutions ?
Un parcours à travers les œuvres de Hannah Arendt, Giorgio Agamben et Jean- Luc Nancy nous permettra de repenser du point de vue des singularités plutot que des identités ce qui, dans l'art, intéresse la communauté et le collectif. La volonté de brouiller les limites qui séparent ceux qui font et ceux qui regardent, les objets et les espaces, requiert le développement d'un lexique alternatif qui puisse saisir les relations fluctuantes de l'art et du sens.
Irit Rogoff est théoricienne, commissaire d'expositions et écrivain. Elle est professeur de /Visual Culture/ à Goldsmiths College, Londres, et a publié plusieurs livres et essais au croisement de la théorie critique, de la politique et des pratiques artistiques contemporaines, dont /Terra Infirma - Geography’s Visual Culture/, Routledge (Londres & New York), 2001; A.C.A.D.E.M.Y, (avec Angelika Nollert ), Revolver, Berlin, 2006; elle publie en 2010 /Looking Away –Participating Singularities –Ontological Communities/, MIT & /Unbounded –Limits’ Possibilities/, Lukas & Sternberg 2010.
Rogoff a assuré le commissariat de ACADEMY – une série d'expositions et de colloques qui, de 2005 à 2007 a associé, sous les auspices de la Fondation Siemens, le Hamburger Kunstverein (Hambourg), le MUKHA (Anvers), le Van Abbe Museum (Eindhoven), et Goldsmiths College, Dept. of Visual Cultures.
Outre ses textes sur Kutlug Ataman ou Ana Mendieta, son essai "What is a Theorist" (Berlin, 2003 & BAK, 2008_, http: // www.kein.org/node/62_) a relancé un riche débat international -l'un des plus décisifs aujourd'hui- sur le thème "Art as knowledge production". Voir aussi : "The Educational Turn in Curating",/ e flux Journal/, Vol.1 Issue 1, 2008, ; "We - Collectivities, Mutualities, Participations" ; ‘De-regulation: Kutlug Ataman and Irit Rogoff in conversation’.
Elle a créé à Goldsmith le ‘think tank’ PH.D in Curatorial / Knowledge.
"Participation - A User's Guide"
This presentation tries to veer away from the inclusive prescription that characterizes the so called ‘participatory turn’ in contemporary art—in which protocols were created to invite subjects into projects and spaces. Instead the presentation asks: What does it mean to take part in a culture beyond the roles that social habit allows? If participation is not directed from above by artists , curators and institutions - how then does it come about ?
By looking to the work of Hannah Arendt, Giorgio Agamben and Jean- Luc Nancy, the interests of community and collectivity in art can be fleshed out through the concept of ‘singularity’ rather than that of identity. Such engagements with the blurring of lines between makers, viewers, objects and spaces has required the development of an alternative vocabulary to capture the shifting relations between art and its meanings.
Irit Rogoff is a theorist, curator and writer. She is Professor of Visual Culture at Goldsmiths, and has published extensively at the intersections of critical theory, politics and contemporary arts practices
Mercredi 5 mai : Mona Hatoum
Ce qui fait de Mona Hatoum une figure de premier plan sur la scène artistique internationale, c'est sans doute qu'elle aura anticipé, d'une démarche toujours singulière et depuis le début des années quatre-vingt, le redéploiement géographique et politique de l'art qu'on associe aujourd'hui aux études post-coloniales et féministes. Ses performances, au cours des années quatre-vingt, l'inscrivent au cœur des revendications féministes et de la critique institutionnelle. À partir de "Measures of distance" (1988) une complexe trame de son, d'écriture et d'image qui retisse une conversation avec sa mère qu'interrompt alors la guerre du Liban, Hatoum, dans un dialogue soutenu avec des artistes comme Eva Hesse ou Felix Gonzales-Torres, revisite les dispositifs et l'économie de l'art moderne, du minimalisme en particulier, pour y insuffler la violence, la menace et la peur d'une catastrophe indéchiffrable. De la grille de "Light sentence" (1992) à celle de "Hair grid with knots" (2006), Hatoum propose des variations incongrues et surprenantes de ce dispositif emblématique de l'art moderne: la grille. Compliquer les positions, nourrir les ambivalences, perturber les attentes (sans s'interdir les bouffées satiriques et l'humour grinçant cher aux surréalistes) c'est la logique de son travail, où Edward Saïd identifiait un "art du déplacement". Rarement l'unheimliche aura si justement qualifié une œuvre qui rassemble les objets du quotidien pour mettre irrémédiablement à distance "the entire world as a foreign land" ("Homebound", Tate Gallery, 2000).
Mona Hatoum est née à Beyrouth, d'une famille palestinienne de confession orthodoxe. De nationalité britannique elle vit, depuis 1975, entre Londres -où elle a terminé ses études et réside ordinairement-et Berlin. Elle est actuellement en résidence au Mac/Val, où l'oeuvre qu'elle a produite, Suspendu, est inaugurée le 7 mai prochain.
Parmi les expositions consacrées au travail de Mona Hatoum: Centre Pompidou, Paris (1994), Museum of Contemporary Art, Chicago (1997), New Museum of Contemporary Art, New York (1998), Castello di Rivoli, Turin (1999), Tate Britain, Londres (2000), Hamburger Kunsthalle, Hambourg, Kunstmuseum, Bonn, Magasin 3, Stockholm (2004), Museum of Contemporary Art, Sydney (2005). Hatoum a également participé à de nombreuses manifestations collectives : prix Turner, Londres (1995), Biennale de Venise (1995 et 2005), Documenta 11, Cassel (2002) et Biennale de Sydney (2006). En 2004, Mona Hatoum a reçu le prix Sonning pour sa contribution majeure à la culture européenne, ainsi que le prix Roswitha Haftmann, décerné chaque année à un artiste contemporain. La fondation Querini Stampalia lui a consacré une exposition monographique, dans le cadre de la Biennale de Venise (2009), dont la Galerie Chantal Crousel (Paris) a tout récemment repris un grand nombre d'éléments.
On peut consulter "Measures of distances" (1988) ainsi qu'un choix d'interventions publiques de l'artiste sur You Tube, ainsi que (outre de nombreux catalogues) la monographie qui lui a été consacrée par Phaidon en 1997 dans la série "Contemporary Artists".
Mercredi 19 mai : Angus Cameron, porte-parole de Goldin+Senneby
Angus Cameron, économiste géographe, opère actuellement au sein du département de géographie de l’Université de Leicester, en Grande-Bretagne. Il a travaillé dans le champ du journalisme, de l’histoire de l’art et de l’économie politique et publié dans nombre de domaines, notamment l’économie sociale, l’espace fiscal, les villes et la loi, la globalisation, l’exclusion sociale et l’espace des « marchés virtuels ». Son dernier ouvrage (co-écrit avec Ronen Palan ) s’intitule 'The Imagined Economies of Globalization' (Sage, 2004) et il a initié un intérêt soutenu de sa part pour les espaces économiques performatifs et narratifs (spécialement « offshore »). Il est actuellement en train d’écrire un livre sur le sujet, 'Xenospace' qui doit être publié en 2011.
Cameron agit en tant que porte parole/émissaire pour le projet "Headless" de Goldin+Senneby depuis 2008. Sa présence au séminaire est accompagnée, le dimanche 23 mai par une visite dans la forêt de Marly (RDV dimanche 23 mai à 15h15 sur le quai de la gare de Saint-Nom-la-Bretèche; pour plus d’information, merci de consulter ce site) ; les deux événements constituent des préalables à l'exposition "The Decapitation of Money" de Goldin+Senneby à la Fondation Kadist, Paris.
Goldin+Senneby est une plate-forme de collaboration instituée depuis 2004 par les artistes Simon Goldin and Jakob Senneby. Elle explore, à l'aide de notions comme le performatif et le virtuel, des constructions juridiques, financières et spatiales. Cette collaboration a commencé avec "The Port" (2004-06), une série d’insertions dans Second Life. "The Port" reflète de façon critique, les productions collectives au sein du "social software".
Headless (2007) un travail plus récent, leur permet d’approcher la sphère de la finance offshore. Suivant les stratégies du retrait et du secret, ils suivent une compagnie offshore des Bahamas appelée 'Headless Ltd'. Un roman policier écrit par un "nègre littéraire" raconte en permanence leur enquête.
Parmi les expos en solo de Goldin+Senneby : "The Decapitation of Money", Kadist Art Foundation, Paris (2010); "Headless. From the public record", Index, Stockholm (2009); "Goldin+Senneby: Headless", The Power Plant, Toronto (2008-2009).
Parmi les expositions collectives récentes : "Uneven Geographies", Nottingham Contemporary (2010); "Feedforward", LABoral, Gijon (2009); "In living contact", 28th Bienal de Sao Paulo (2008); "Data Recovery", GAMeC, Bergamo (2008).
26 mai 2010 : Rosa Barba : Née en Italie en 1972, Rosa Barba a étudié le cinéma, les arts visuels et les medias en Allemagne; elle habite Berlin. Travaillant avec le matériau filmique, qu'il s'agisse du celluloïd comme medium, du projecteur avec ses sons et ses vibrations ou du "dispositif" de projection, elle s'intéresse à des sites ou des situations improbables; selon ses propres termes, sa vision filmique est " attirée par des restes monumentaux, avec une faiblesse pour les marges, les interstices, les interludes, pour des objets architecturaux qui ont perdu de vue- pas complètement-l'humain". Les sites de ses travaux peuvent être des lieux voués aux essais militaires dans le désert du Mojave, comme des igloos de béton dans des bois près du Vésuve aussi bien qu'une ile dont les habitants tentent d'empêcher la dérive... La menace est présente dans nombre de ses travaux, souvent ponctuée par des reliques laissées par les croyances technologiques modernistes.
Le travail de Rosa Barba est actuellement présenté au Centre International d'art et du paysage de Vassivière sous le titre : "Est-ce que c'est une analogie à deux dimensions ou une métaphore ?" Rosa Barba est également invitée au musée Reina Sofia de Madrid dans la série "Two lectures on the Collection"- une présentation qui dure jusqu'au 30 août prochain.
Son travail a été montré dans divers lieux, festivals cinématographiques, biennales (ainsi, la Biennale de Venise 2009), musées et galeries notamment en Europe et elle a également réalisé un projet sur le web pour la Dia Art Foundation, Vertiginous Mapping lire ici
Rosa Barba a été en résidence à la Rijksakademie van Beeldende Kunsten d'Amsterdam, au Baltic Art Center en Suède, au IASPIS à Stockholm et à la Villa Aurora à Los Angeles. Elle a reçu en 2004 le "New Media Special Award" du festival International de Split et le "Installation Award" du festival de Toronto en 2005, ainsi que le Prix du Centre pour l'image contemporaine de Genève.
Mots-clés : Arts, Culture, Mouvements sociaux, Visuel,
Aires culturelles : Contemporain (anthropologie du, monde), Transnational/transfrontières,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (hebdomadaire)
Domaine de l'affiche : Signes, formes, représentations
Intitulé général : De Vivès à Vico : institutions, catégories et disciplines du savoir dans l’Europe de la Renaissance
Renseignements : Nicolette Delanne, bureau 33, CESTA, 105 bd Raspail 75006, tél : 01 53 63 51 38, delanne(at)ehess.fr ; ou Françoise Weyer, Formation doctorale Arts et langages, mention « Théories et pratiques du langage et des arts 105 bd Raspail 75006 Paris, bureau 7, tél : 01 53 63 51 10, Francoise.Weyer(at)ehess.fr
Direction de travaux d'étudiants : Patricia Falguières : 4e vendredi du mois de 10 h à 13 h, à partir du vendredi 27 novembre 2009. Séance réservée aux étudiants inscrits.
Réception : sur rendez-vous
Niveau requis : ouvert au public dans la limite des places disponibles. Niveau licence requis. Rédaction d'une lettre de motivation. Pour une inscription en master 2 ou en thèse, rédaction d'un projet détaillé de recherche. Inscription sur rendez-vous par courriel.
Site web : http://cesta.ehess.fr
Adresse(s) électronique(s) de contact : falguier(at)ehess.fr
Compte rendu non communiqué
Dernière modification de cette fiche : 25 juin 2010.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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