S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
Mardi de 10 h à 14 h (Musée du quai Branly 75007 Paris, salle 2, inscription préalable obligatoire sur www.quaibranly.fr, rubrique « Étudier et rechercher »), les 6 octobre, 10 novembre, 15 décembre 2009, 9 février, 9 mars et 13 avril 2010
Les données australiennes sur les Aborigènes ont contribué à l’échafaudage de théories et de modèles en sciences sociales tant dans le champ des études de parenté, que dans celui des religions, de la psychanalyse ou de l’art. De la professionnalisation de l’anthropologie des années 1930, avec la multiplication des enquêtes de terrain destinées à consigner dans l’urgence des traditions qui semblaient vouées à disparaitre, à l’approche collaborative qui depuis trente ans caractérise l’entreprise ethnographique en milieu aborigène, les recherches australiennes reflètent l’évolution épistémologique d’une discipline aux prises avec des enjeux sociaux et politiques. Nous interrogerons la responsabilité éthique de la recherche au regard des confrontations actuelles entre les Aborigènes d’Australie, les ancêtres fondateurs de l'anthropologie, les institutions culturelles et un monde où se dessinent de nouvelles valeurs de créolisation. Nous analyserons des films et des sites internet.
10 novembre 2009 :
10 h à 12 h : Les enjeux de la circulation internationale des arts aborigènes contemporains : revendication politique, rencontre esthétique et alliance stratégique, Géraldine Le Roux (doctorante LAS-EHESS/Université du Queensland)
Discutante : Monique Jeudy-Ballini (directrice de recherche au CNRS, LAS)
L'hétérogénéité des démarches de Richard Bell, Vernon Ah Kee, Tony Albert et Jenny Fraser, artistes aborigènes résidant à Brisbane et également commissaires d’exposition, conférenciers et auteurs, motive d’envisager leurs œuvres comme des « tactiques performatives » participant à une plus large stratégie de représentation et d’insertion dans des réseaux locaux et internationaux. À partir d’une méthode multi-sites (Australie-France) et multi-située (chercheur-curator), G. Le Roux examine les rapports de concurrences s’établissant autour de la circulation internationale des arts aborigènes contemporains.
12 h 15 à 13 h 30 : Art aborigène du désert central australien, rites et multimédia : présentation du CD-ROM Pistes de Rêve/Dream trackers (Glowczewski/ Warnayaka Arts/Ed. Unesco 2001), Barbara Glowczewski
Le projet australien du Musée du quai Branly, Jessica De Largy Healy (LAS)
13 h 30 à 14 h : Visite de la Commande publique d'art aborigène du Musée du quai Branly
15 décembre 2009 :
10 h à 11 h : « Djambang Band, musiques et traditions d'aujourd'hui (Terre d’Arnhem) »
Cassandre Balosso-Bardin (Master en Ethnomusicologie, Université Paris-Sorbonne)
Le Djambang Band est un groupe de musique de Milingimbi, une île au nord de la Terre d'Arnhem (Australie), formé par de jeunes aborigènes du peuple Yolngu. Le Djambang Band utilise des instruments tels que la guitare, la basse électrique et les synthétiseurs, mais également le yidaki (didjeridoo) et les clapsticks (claves), instruments dits "traditionnels" et provenant de leur région. La présentation de cette formation permettra d'aborder les différentes traditions musicales de la Terre du Nord, du manikay au rock 'n' roll, ainsi que les transformations musicales qui ont pu avoir lieu, tel que le mélange de ces styles, médiatisé notamment par le célèbre groupe Yothu Yindi. En m'appuyant également sur des textes d'Aaron Corn, ethnomusicologue australien, je vous présenterai la musique du Djambang Band à travers leur premier clip, "Culture", et je montrerai en quoi les jeunes musiciens suivent les pas de leurs aînés tout en évoluant dans un monde en rapide mutation.
11 h à 14 h : « Le projet Pathway: les Ngarinyin et la peinture rupestre des Kimberleys, Australie Occidentale »
Jeff Doring (artiste et cinéaste, Origma Bird Sanctuary, NSW)
Les films du projet Pathway documentent la révélation par des initiés Ngarinyin d'un art qui est à l'origine de la Loi ancestrale et de leur société. Les films présentent l'histoire de Wilbama, un être ancestral qui créa les objets sacrés et le fondement de la justice. Une rencontre mythique entre des hommes de loi ancestraux, rassemblés pour être témoins de cette création, aboutit à la mise en place du système d’organisation sociale en moitiés. La tradition figurative qui résulte de cet événement, connue sous le nom de peintures Gwion, établit des connexions éternelles entre des hommes et des terres conçues comme des possessions inaliénables sous la Loi du Wunan. Le Wunan est un réseau d'échanges d'objets, de nourritures et de rites entre des partenaires associés rituellement dans des chaînes de circulation masculines ou féminines reliant différents groupes linguistiques du nord-ouest australien (voir Gwion Gwion, et Rêves en colère)
9 mars 2010 :
10 h à 12 h : Martin Préaud, postdoc IIAC "Le Kriol autochtone : créolisation et identités politiques dans le Kimberley"
12 h à 14 h : Bernard Moizo, IRD "« Here we’re all mixed, one mob, one language ». Utilisation et discours sur le Kreol dans une communauté aborigène des Kimberleys dans les années 80"
13 avril 2010 :
10 h à 12 h : Arnaud Morvan (doctorant EHESS/Université de Melbourne), "Mémoire coloniale et historicité dans la peinture kija du Kimberley Oriental"
Discutante : Françoise Zonabend (directrice d'études à l'EHESS)
La communication décrit les trajectoires interculturelles de plusieurs peintures et performances d’artistes aborigènes de langue kija, en particulier Paddy Nyunkuny Bedford (1922-2007) et Lena Nyadbi (1936-), des œuvres dont le contenu historique et biographique met en lumière une histoire souterraine de la colonisation du Kimberley depuis le XIXe siècle. La recherche conjugue deux tendances récentes de l’anthropologie de l’art: les approches de Myers et Thomas centrées sur la circulation interculturelle des objets et une analyse en termes de processus et d’intentionnalité (agency) des oeuvres d’art, développée à partir de Gell. Un corpus d’une quinzaine de peintures contemporaines kija (réalisées entre 1983-2008 par six artistes de l’école de Warmun) sera analysé au regard de trois performances rituelles (de type joonba et balga) observées pendant plusieurs enquêtes de terrain en Australie entre 2005 et 2008. Ce matériel permet de mettre en évidence la manière dont les artistes utilisent les peintures et les performances pour inscrire des événements historiques à la fois dans les objets, les corps et les paysages, formant une mémoire ancrée géographiquement. Ce processus de « mémorialisation » rituelle du paysage, actualisé par les peintures, reflète le passé colonial de la région et son impact dans l’espace (urbanisation, exploitation des ressources naturelles et humaines, conflits de frontières, massacres des populations locales).
12 h à 14 h : Tiffany McComsey (PhD Candidate, University of Manchester UK), "'In the best interests of the Aboriginal child' : Configuring relationships between past and present Aboriginal child removals"
The welfare of Indigenous children in western settler nations has been, and continues to be, a focus of state intervention. In Australia past Aboriginal child removals have become central to public debates concerning state provision of welfare services to Aboriginal children, families and communities. The term ‘Stolen Generations’ refers to Aboriginal and Torres Strait Islander children who were removed from their families and communities as a result of Indigenous child removal policies, dating from 1910 through the 1970s. The politicised debate over past Aboriginal child removals and the focus on an apology and compensation to those who were removed has inhibited understanding relationships between past Aboriginal child removals and contemporary Aboriginal child removals. While past Indigenous child removals are acknowledged as having significantly affected Aboriginal families and communities throughout Australia, the intergenerational legacies of removals – how to address them and by what means – either through Aboriginal and or non-Indigenous approaches – is less cogent. This paper seeks to explore how some of the intergenerational experiences of past Aboriginal child welfare policies, specifically the removal of Aboriginal children from their families and communities, are interrelated with contemporary Aboriginal child welfare practices. This analysis is based on fieldwork with Aboriginal and non-Aboriginal NGOs working in the field of Aboriginal child welfare in the Aboriginal community of Redfern, an inner city suburb of Sydney.
Mots-clés : Anthropologie, Arts, Coloniales (études), Corps, Culture, Épistémologie, Éthique, Genre, Histoire, Image, Informatique et sciences sociales, Mouvements sociaux, Politique, Religieux (sciences sociales du), Savoirs, Spatialisation, territoires, Techniques, Visuel,
Aires culturelles : Contemporain (anthropologie du, monde), Océanie,
Renseignements : Barbara Glowczewski, Laboratoire d'anthropologie sociale, Collège de France 52 rue du Cardinal-Lemoine 75005 Paris, tél. : 01 44 27 17 57, http://las.ehess.fr/document.php?hid=143
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous, seulement projets de doctorat
Réception : dans le bureau du LAS, Collège de France 52 rue du Cardinal-Lemoine 75005 Paris, tél. : 01 44 27 17 57 ou par courriel (inscription possible le 1er jour de séminaire, le 6 octobre 2009, au Musée du quai Branly).
Niveau requis : lire à la bibliothèque du LAS : - Le Défi Indigène, sous la dir. de B. Glowczewski et R. Henry, Paris, Aux Lieux d’être, 2007. - Rêves en Colère. B. Glowczewski, Paris, Plon, 2004. - Aboriginal religions in Australia : an anthology of recent writings, sous la dir. de M. Charlesworth, F. Dussart et H. Morphy, Aldershot (UK), Ashgate Publishing Ltd, 2005. - John Mawurndjul : between Indigenous Australia and Europe. Art Histories dans Context, sous la dir. de C. Kaufmann et C. Volkenandt, Berlin, Reimer Verlag, 2009. - L'intraitable beauté du monde. Adresse à Barack Obama, Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau, Galaade, Institut du Tout Monde, 2009.
Site web : http://www.archivesaudiovisuelles.fr/1635/home.asp?id=1635
Adresse(s) électronique(s) de contact : b.glowczewski(at)college-de-france.fr
Dernière modification de cette fiche : 8 avril 2010.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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