2009-2010

Folie et déraison à la Renaissance

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Jeudi de 17 h à 19 h (salle 7, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 5 novembre 2009 au 3 juin 2010. Les séances des 17 décembre 2009, 14, 21 et 28 janvier, 4 février, 1er avril, 6 et 27 mai et 3 juin se tiendront dans l'amphithéâtre François-Furet, même heure, même adresse

Comment la déraison se trouve-t-elle distinguée de la raison à la Renaissance ? Quels gestes de partage  exilent les fous, avant leur « grand renfermement » ? Dans le sillage de Michel Foucault, dont sera proposée une relecture critique, on tentera de répondre à ces questions (et à d’autres) en étudiant aussi bien des pratiques de la vie quotidienne que des œuvres d’art et textes médicaux ou philosophiques.


Jeudi 14 janvier : Tom Conley, Abbott Lawrence Lowell Professor of Romance Languages and Literatures,
Chair of Visual and Environmental Studies, Harvard University, conférence "Poésie et topographie à la Renaissance"

Aires culturelles : Europe,

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Signes, formes, représentations

Intitulé général : Histoire et critique de l'humanisme

Renseignements : bureau 806, 54 bd Raspail 75006 Paris, tél. : 01 49 54 25 75.

Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous.

Réception : septembre et octobre, sur rendez-vous par courriel.

Niveau requis : M1, M2, doctorants. Nécessité d'un projet écrit.

Adresse(s) électronique(s) de contact : hersant(at)ehess.fr

Compte rendu

Après un rappel et une mise en perspective critique de quelques-unes des thèses soutenues par Michel Foucault (notamment celle qui fait de la notion moderne de « maladie mentale » un obstacle à la compréhension de la folie, dont il faudrait faire l’histoire « avant toute capture par le savoir », et celle qui présente la folie à la Renaissance comme encore présente à la société et même à la raison, dont elle ne se dissociera radicalement qu’au XVIIe siècle), les participants au séminaire ont adopté une autre démarche ; aussi se sont-ils éloignés, sans pour autant les perdre de vue, des lignes directrices tracées par l’historien-philosophe. En un premier temps, il a paru opportun de réexaminer, dans leur diversité, les discours tenus sur la folie : discours religieux, qui l’attribuent tour à tour à Dieu et aux démons ; discours juridiques sur la condition des insensés, considérés comme proches des enfants, et sur la « curatelle » qui vise moins à les exclure qu’à les protéger ; discours médico-philosophiques, d’une particulière richesse, qui précisent les différences entre « manie », phrénitis et « mélancolie », ou qui font apparaître la folie comme une maladie de l’âme dont l’origine est dans le corps (tradition minutieusement étudiée par Jackie Pigeaud), ou qui insistent sur l’ambivalence de la folie, sur ses aspects positifs, sur ses liens à la sagesse.
En un second temps ont été étudiés des cas particuliers, notamment celui des fous de cour, qui ne sont ni insensés ni simples d’esprit, et surtout des œuvres singulières : de la Nef des fous de Sebastian Brant à l’Hospidale de’ pazzi incurabili de Tomaso Garzoni (186), qui développe avec force le thème de la folie universelle. L’Éloge de la folie d’Érasme ayant été provisoirement laissé de côté, les principales enquêtes ont porté sur la folie de Roland selon l’Arioste – occasion d’insister sur la folie érotique, dont l’analyse s’est poursuivie jusqu’au Traité de Jacques Ferrand – et sur le Débat de Folie et Amour de Louise Labé, qui conteste avec brio les conceptions néoplatoniciennes. Quelques séances ont été consacrées à des œuvres picturales (de Jérôme Bosch et de Jan Sanders van Hemessen, représentant l’extraction de la « pierre de folie ») ; le séminaire s’est enrichi aussi d’exposés d’étudiants (Frank Javourez) et d’invités extérieurs (Tom Conley, Mario Galzigna). En marge du séminaire, je suis intervenu à l’Université Harvard et à l’Institut suisse de Venise. Sur des sujets différents, j’ai présenté des communications ou donné des cours à l’École supérieure de commerce de Paris (Parlement de Strasbourg), aux Universités de Paris-III/Sorbonne nouvelle, Turin, Bologne, Venise, New York (NYU), ainsi qu’à l’Observatoire de Paris et à l’Académie de France à Rome.

Publications
• Introduction à Raphaël Cuir, The development of the study of anatomy, from the Renaissance to Cartesianism, Lewiston, Mellen Press, 2010, p. V-VIII.
• « L’hospitalité d’Antoine Berman », Critique, n° 755, avril 2010, p. 382-383.
• « “Toutes choses se transforment” : Giordano Bruno et la métamorphose », XIIIe Entretiens de La Garenne Lemot, dans Métamorphose(s), sous la dir. de Jackie Pigeaud, Rennes, P.U.R., 2009, p. 165-174.
• « Michel Foucault et l’Europe », dans Carrefour Europe. Une approche interdisciplinaire dédiée à Philippe Braillard, sous la dir. de Silvio Guindani et Jenaro Talesn, Publications de l’Institut Européen de l’Université de Genève, 2010, p. 49-59.
• « Mélancolie européenne », Villa Europa, n° 1, sous la dir. de V. Deshoulières, Saarland University Press, 2010, p. 23-29.

Dernière modification de cette fiche : 25 mai 2010.

Dernière mise à jour le 14/04/2009

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