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3e mardi du mois de 10 h à 12 h (salle 12, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 17 novembre 2009 au 18 mai 2010. En avril la séance est avancée au 2e mardi : 13 avril
Ce séminaire portera sur les rapports de domination et les logiques de circulations et de mutations à l’œuvre dans les pratiques musicales et dansées, dans le contexte de la mondialisation. Les sciences sociales sont aujourd’hui confrontées aux défis posés par la mobilité croissante des acteurs et des objets. Le champ des études sur les pratiques musicales et dansées est particulièrement concerné par ce phénomène de mondialisation. Nous entendons mettre à l’épreuve les outils conceptuels que sont le métissage, les réseaux transnationaux, l’acculturation, et la mondialisation, au travers de terrains variés, mobiles, et bi-situés. Il ne s'agit donc pas de comparer des répertoires ou des contextes variés, mais de mettre en lumière des logiques communes de circulations, de mutations et de hiérarchisations. Ce projet financé par l'ANR, s'inscrit dans le cadre du groupe de travail MUSMOND (Mondialisation, musiques et danses : circulations, mutations, pouvoirs).
Les séances seront organisées par thème. Elles débuteront par une intervention de 30 minutes consacrée à une recherche en cours, suivie d’une table ronde dans laquelle des chercheurs réagiront à partir de leur propre terrain. La séance s’achèvera par une discussion avec l’ensemble des participants.
17 novembre 2009 : Présentation du séminaire, Sara Le Menestrel. Présentation par les membres de l’équipe MUSMOND de leurs projets de recherche
15 décembre 2009 : Réseaux. Intervention : Kali Argyriadis (IRD)
Table-ronde : Odile Hoffmann (IRD), Damien Mottier (EHESS-CEIFR), Julien Mallet (IRD), Sara Le Menestrel
19 janvier 2010 : Position du chercheur et relation d’enquête. Intervention : Christophe Apprill (EHESS Marseille, SHADYC)
Table-ronde : Marc Perrenoud (Université de Lausanne, Institut des sciences sociales), Lionel Pourtau (Université Paris Descartes), Pierre-Emmanuel Sorignet (Université Toulouse-III, ENS-EHESS), Gabriel Segré (Université de Paris Ouest-La Défense, Lasco)
16 février 2010 : Hiérarchies et rapports de domination. Intervention : Marie Buscatto (Université Paris-I/Panthéon-Sorbonne, Laboratoire Georges Friedmann)
Table-ronde : Aurélien Djakouane (EHESS Marseille, SHADYC), Christine Guillebaud (CNRS-CREM), Nicolas Puig (IRD)
16 mars 2010 : Paradigme du métissage. Intervention : Sara Le Menestrel
Table-ronde : Maud Delveau (Université Paris Ouest-La Défense, Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative), Gilles Suzanne (Université de Provence, LESA), Julien Mallet (IRD), Guillaume Samson (Pôle régional des musiques actuelles de La Réunion)
13 avril 2010 : Catégorisations et changement de statut. Intervention : Catherine Choron-Baix (CNRS-LAU). Table-ronde : Thomas Bukhater (chercheur indépendant, directeur de Norient), Elina Djebari (EHESS-CRAL), Maud Nicolas-Daniel (chercheur indépendant), Gabriel Segré
18 mai 2010 : Séance conclusive : le parcours comme outil méthodologique. Intervention : Josiane Massart-Vincent (CNRS-LAU), "Le portrait : quelle légitimité sociologique?"
Table-ronde avec tous les membres de l’équipe MUSMOND
8 juin (9h30-17h30) : journée d'études (Maison Suger)
"Anthropologie de la musique et de la danse : une approche des mondes contemporains" (ANR MUSMOND, EHESS)
Mots-clés : Anthropologie, Musique,
Aires culturelles : Transnational/transfrontières,
Site web : http://www.musmond.com
Adresse(s) électronique(s) de contact : lemenest(at)ehess.fr
Ce séminaire a engagé une réflexion sur certains des enjeux majeurs de l’anthropologie contemporaine par le prisme de la musique et de la danse. L’analyse des logiques communes de circulation, de mutations et de hiérarchisations à l’œuvre dans les pratiques musicales et dansées permet d’interroger des notions omniprésentes dans les problématiques anthropologiques actuelles. À partir des objets que constituent la musique et la danse, il s’agissait donc de mettre à l’épreuve des outils conceptuels tels que le métissage, les réseaux transnationaux, l’acculturation, et la mondialisation.
Organisées par thème, les séances débutaient par une intervention de trente minutes consacrée à une recherche en cours, suivie d’une table ronde dans laquelle des chercheurs invités réagissaient à la thématique abordée à partir de leur propre terrain, ce qui permettait la comparaison des logiques observées dans une perspective transnationale, par-delà la diversité des terrains, des spécialités et des disciplines (anthropologie, sociologie, ethnomusicologie).
Les thèmes abordés s’organisaient autour de trois axes.
Circulations et changements d’échelles
Les circulations des pratiques musicales et dansées semblent aujourd’hui être une évidence dans le monde contemporain. Nous proposions de dépasser ce simple constat en dégageant plusieurs formes de mobilités : des mobilités géographique à différentes échelles : locale, régionale, nationale ; des mobilités sociales, qui comprennent le passage d’un milieu social à un autre, mais aussi d’un groupe culturel à un autre. Il s’agissait de dégager les processus à l’œuvre lorsqu’une musique/danse passe d’une inscription locale et/ou régionale à une diffusion et des réseaux nationaux ou internationaux.
Changement de statut et catégorisations
L’émergence, la production et la diffusion des musiques et des danses sont indissociables du rôle des industries artistiques et des institutions politiques et culturelles. Des acteurs-clés participent à l’émergence, à l’évolution et au changement de statut de certains genres musicaux : les pouvoirs publics, les organismes touristiques, les maisons de disques, les producteurs, les organisateurs de festivals, les médias, en collaboration étroite avec les intermédiaires ou entrepreneurs culturels, les amateurs passionnés et les intellectuels.
Nous avons parallèlement engagé une réflexion critique sur la construction des catégories utilisées dans différents cadres (industrie musicale, institution touristique, experts, médias, milieu académique), en nous intéressant à leur contexte d’émergence, leur évolution, les conflits d’authenticité et les esthétiques divergentes autour d’un même style musical, le caractère labile des catégories et leurs variations selon les contextes d’énonciation et selon les enjeux mobilisés. Fruit d’un jeu incessant, ces catégories effacent ou réitèrent, selon les circonstances, des différences de classe, de race, de genre et de génération.
Les paradigmes du métissage à l’épreuve
La réflexion sur les genres musicaux est d’autant plus importante que la glorification du métissage musical tend à généraliser le croisement des styles comme si ce foisonnement d’influences permettait de dépasser tant les catégories que les clivages sociaux. La mise en avant de la multiplicité des apports dont se composent les musiques et danses s’accompagne bien souvent d’une légitimation de la différence. C’est précisément ce double processus de valorisation du métissage et de rhétorique des origines qui se trouvait au centre de notre attention. Nous avons exploré les interactions entre des logiques bien souvent posées en contradiction.
La dernière séance était consacrée à notre outil méthodologique, le parcours, qui forge la cohérence de notre démarche et permet de dégager des connaissances qui dépassent la singularité des individus pour éclairer des logiques et des processus collectifs. Il s’agissait de proposer une réflexion sur ce que le parcours apporte au chercheur, en démontrant sa valeur heuristique, et en expliquant de quelle manière il peut être utilisé comme un outil méthodologique fructueux pour saisir les logiques de circulations et de mutations des musiques et des danses contemporaines dont l’individu est à la fois le témoin et la personnification.
Dernière modification de cette fiche : 12 mai 2010.
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