2009-2010

L'Église et l'État des Lumières à la Révolution (II)

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

2e et 4e jeudis du mois de 13 h à 15 h (salle 9, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 22 octobre 2009 au 10 juin 2010

Nous poursuivrons notre réflexion sur les origines de la Constitution civile du clergé et sur les rapports entre l’Église et l’État durant un large XVIIIe siècle (1682-1792). Nous essaierons de comprendre les problèmes inhérents à la figure gallicane de « l’Église dans l’État». Nous aborderons en particulier les grandes controverses publiques qui ont soulevé les questions pratiques de leur délimitation, de leur collaboration ou de leur fusion dans une société qui ne peut pas penser leur séparation. Nous examinerons également les solutions proposées par certains philosophes des Lumières.

http://eglisedansetat2.monsite.orange.fr/


Aires culturelles : Europe, France,

Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)

Mentions & spécialités :

Renseignements : Élodie Paccaud, CRPRA, 105 bd Raspail 75006 Paris, tél. : 01 53 63 51 48, fax : 01 53 63 51 50 ou par courriel.

Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous par courriel auprès de l'enseignante.

Réception : sur rendez-vous par courriel auprès de l'enseignante.

Niveau requis : ouvert à tous ceux que le sujet intéresse.

Site web : http://eglisedansetat2.monsite.orange.fr/

Adresse(s) électronique(s) de contact : maire(at)ehess.fr, paccaud(at)ehess.fr

Compte rendu

Dans le cadre de notre recherche sur la figure gallicane de « l’Église dans l’État » durant un large dix-huitième siècle (1682-1792), le séminaire 2009-2010 s’est particulièrement focalisé sur la longue controverse publique autour du mariage des protestants. C’est par le biais de ce problème concret résultant de l’Édit de 1724 qui crée la fiction légale de la disparition de la « Religion prétendue Réformée », que la question de la tolérance civile s’est introduite en France.
Pour bien montrer que l’idée de séparation n’est pas à l’horizon, même dans les premières années de la Révolution française, nous avons commencé en aval par établir une chronologie fine des réformes ecclésiastiques de cette dernière jusqu’au tournant déchristianisateur. Nous sommes ensuite repartis en amont à l’origine de la situation particulière des protestants à la suite de la révocation de l’Édit de Nantes et du développement des persécutions sous le règne de Louis XIV. Notre hypothèse est qu’il y a une corrélation entre la reconnaissance du droit divin des rois par l’Assemblée du clergé de 1682 et la persécution des hérétiques de l’intérieur, protestants puis jansénistes.
Une grande partie des séances a été consacrée à étudier les points de vue des protestants, des catholiques tolérants ou intolérants, des jansénistes, des philosophes Voltaire et Rousseau, des gallicans et des réformateurs, en particulier Turgot et Malesherbes. Trop d’interprétations reposent sur de fausses attributions d’ouvrages, alors que la recherche récente a prouvé, par exemple, que le Mémoire théologique et politique de 1755 ne provient pas du réseau janséniste mais du réseau protestant. Cette fable qui attribue ce dernier livre au janséniste Ripert de Montclar a été créée par un autre magistrat janséniste Robert de Saint-Vincent, dans son célèbre discours de 1787, pour faire oublier l’attitude répressive des Parlements jusqu’au milieu du siècle et même bien au-delà.
La préparation et la réception de l’Édit pour les non-catholiques de 1787 a occupé la fin du séminaire. Nous nous sommes particulièrement intéressés au parcours du pasteur Rabaut Saint-Étienne.
Une des découvertes de l’enquête est la montée de la hantise fantasmatique des corps religieux qui voit aussi bien dans les jésuites que dans les protestants des « états dans l’état ». Sans doute cette peur marque-t-elle la conception de la tolérance à la française encore aujourd’hui.

Dernière modification de cette fiche : 21 septembre 2009.

Dernière mise à jour le 14/04/2009

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