2009-2010

Histoire et géographie, temps et espace. Croisements et fertilisations

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Jeudi de 15 h à 17 h (salle Maurice et Denys Lombard, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 25 février 2010 au 3 juin 2010. La séance du 8 avril 2010 se déroulera en salle 3.

Géographie historique, géohistoire, histoire géographique : il existe de multiples déclinaisons de la rencontre de deux disciplines et des deux notions qui lui sont associées. Ce séminaire souhaite les interroger à partir de deux volets. Le premier pratiquera une réflexion épistémologique et historiographique sur les lieux, les moments et les matériaux de cette interaction. Le second passera par des études de cas inscrites dans les champs privilégiés de ce croisement intellectuel. On articulera donc la perspective d’histoire des savoirs et des disciplines et celle de la pratique effective d’approches croisées ou d’études d’objets historico-géographiques ou géographico-historiques. Administration et modes de découpage du territoire, réseaux de communication, construction du paysage et de la ville seront notamment des terrains d’étude. On s’intéressera également aux supports, outils ou genres mobilisés : l'image (de la carte à la photographie en passant par le schéma), la statistique (littéraire ou quantitative), la description (de la topographie à la chorographie). Enfin, ce séminaire souhaite accorder une large place aux dispositifs qui coordonnent science et action, autrement dit aux situations dans lesquelles la géographie historique sert l’aménagement ou la décision politique.

Jeudi 8 avril 2010 (salle 3) : Gabor CZOCH (Université Eötvos Lorand Budapest), professeur invité à l'EHESS, donnera une conférence sur le thème "Le problème de l’identité nationale dans une ville multiethnique du royaume de Hongrie au milieu du XIXe siècle, le cas de Kassa".

Jeudi 20 mai 2010 : Hélène Noizet (Université de Paris I) interviendra sur le thème : La fabrique de la ville: parcellaires urbains et pratiques sociales à Tours, du IXe au XIIIe siècle.

 

Ce séminaire est accessible sur la plateforme d'enseignement de l'Environnement numérique de travail de l'EHESS :

Aires culturelles : Europe, France,

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Europe

Intitulé général : Le territoire : représentations géographiques et pratiques politiques

Renseignements : Marie-Vic Ozouf-Marignier, tél. : 01 49 54 24 65 ou Nicolas Verdier.

Direction de travaux d'étudiants : jeudi, sur rendez-vous auprès de Marie-Vic Ozouf-Marignier, par courriel ou tél. : 01 49 54 24 65 ou Nicolas Verdier par courriel.

Réception : le mardi matin, du 2 juin au 7 juillet 2009 et du 8 au 29 septembre 2009 ou sur rendez-vous auprès de Marie-Vic Ozouf-Marignier par courriel ou tél. : 01 49 54 24 65 ; sur rendez-vous uniquement auprès de Nicolas Verdier par courriel.

Adresse(s) électronique(s) de contact : Marie-Vic.Ozouf-Marignier(at)ehess.fr, nicolas.verdier(at)parisgeo.cnrs.fr

Compte rendu

En cette première année du séminaire, le programme a été construit dans le souci de mêler les contributions de géographes et d’historiens à la réflexion sur le croisement des deux disciplines et sur l’emprunt réciproque de catégories à des fins épistémologiques ou méthodologiques.
Une première série de séances a été consacrée, dans une perspective d’histoire des disciplines, à des domaines ou à des personnalités scientifiques qui interrogent l’intersection entre histoire et géographie. L’histoire de la géographie historique britannique entre 1900 et 1950, étudiée par Nicolas Verdier, offre l’image d’un courant beaucoup plus animé, reconnu et même institutionnalisé que ne l’est son homologue français, dont Marie-Vic Ozouf-Marignier a esquissé l’évolution depuis un siècle, à travers la succession de portraits d’auteurs représentatifs de chaque moment. Nicolas Verdier est revenu pour la France, sur le second XXe siècle en se concentrant cette fois-ci sur quelques moments de tensions fortes entre les deux disciplines. Mais cette relation souvent conflictuelle au XXe siècle sous-entend également des postures à l’interdisciplinarité plus ouverte, comme l’écologie historique, bien représentée dans le monde anglo-saxon ou en Italie, ou l’archéogéographie, développée en France autour de Gérard Chouquer. Sandrine Robert a présenté les attendus et méthodes de cette dernière et rendu compte de son apport à la transmission des formes (parcellaires, habitat et réseau routier). Cette lecture spatio-temporelle des paysages et territoires n’est pas sans parenté avec les analyses de la morphologie urbaine livrées par le géographe Marcel Roncayolo à propos des villes contemporaines, comme Évelyne Cohen l’a montré en commentant la série d’entretiens filmés avec l’auteur. On la retrouve dans les inflexions majeures de la trajectoire intellectuelle de l’historien Pierre Vilar, qui est une mise en pratique résolue mais non sans paradoxes de l’interdisciplinarité, ce que Daniel Nordman a très finement analysé.
Une seconde série de séances a interrogé, à partir d’expériences de recherche ou d’études de cas, les manières d’articuler les objets, concepts et méthodes des deux disciplines. Lena Sanders, géographe et statisticienne, a dressé une typologie des diverses manières de traiter de la temporalité dans les modèles d’analyse des dynamiques spatiales. Dans une autre perspective, celle de l’histoire d’objets géographiques, Isabelle Surun a esquissé la genèse d’un territoire colonial, entre pratiques de conquête et cartographies, dans l’Afrique occidentale française de années 1880 à 1910. Hélène Noizet s’est appuyée sur sa tentative de recomposition des parcellaires dans les quartiers centraux de Tours entre le IXe et le XIIIe siècle pour s’interroger sur la question des transmissions des morphologies urbaines sur le long terme. Gabor Czoch, en évoquant le cas de la ville de Kosice (Kassa en Hongrois) entre 1800 et 1850, c’est intéressé à la mutation du concept de ville dans un double contexte, celui d’abord d’une histoire longue des relations entre les villes et l’État, celui ensuite des recensements austro-hongrois qui mettaient en tensions ethnicité et nationalité. Enfin Nicolas Verdier, en présentant le cas d’un peintre cartographe sous le Premier Empire s’est intéressé à ce moment de séparation entre deux catégories conceptuelles : représentation paysagère et figuration cartographique, ce qui l’a mené à proposer l’hypothèse d’un changement de régime de géographicité sensible à la fin du XVIIIe siècle.

Dernière modification de cette fiche : 19 mai 2010.

Dernière mise à jour le 14/04/2009

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