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2e et 4e mercredis du mois de 11 h à 13 h (salle 1, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 13 janvier 2010 au 26 mai 2010. La séance du 24 mars est reportée au 5 mai, même heure, salle de réunion du CEAF (96 bd Raspail, 2e étage).
Dans une période marquée par des transformations notables du monde français de la recherche ainsi que par de nettes inflexions dans les manières de faire du terrain et dans les thématiques, on se propose, sur deux années consécutives, de travailler à la rétrospective d’une anthropologie africaniste, essentiellement celle qui s’est durablement affirmée des années 1960 aux années 1990. À partir de nos propres expériences, à la fois empiriques, théoriques et professionnelles, mais en s’efforçant de ne pas tomber dans l’introspection ou dans la mise en scène de soi et donc en faisant aussi appel à des collègues qui eurent des expériences similaires, il s’agira de dégager les moments et les objets “forts” de cette anthropologie au travers d’une nécessaire mise à distance critique, c’est-à-dire de les relier à toute une configuration institutionnelle et politique. Le séminaire aura donc une vocation pédagogique et réflexive, celle de traiter d’objets, de méthodes, de filiations et de paradigmes en les inscrivant dans une perspective de sociologie des sciences et d’histoire des relations impériales avec l’Afrique, mais aussi celle, au bout de compte, de confronter ce qui peut se lire comme des expériences du passé à ce qui est susceptible de les actualiser ou de les reléguer à une époque désormais révolue.
27 janvier 2010 : "Un objet d’étude exemplaire : la monographie ethnique"
10 février 2010 : Chantal Blanc-Pamard, directeur de recherche au CNRS, "Le terroir : origine et destinés"
24 février 2010 : Jean Boutrais, directeur de recherche à l'IRD, "Évolution des conceptions et des recherches sur le pastoralisme"
10 mars 2010 : Benoît Hazard, chargé de recherche au CNRS, "De l'approche terroir à la biographie des choses de l'Italie". Les migrations burkinabé dans la reconfiguration des territoires ruraux de la province du Boulgou (Burkina Faso).
14 avril 2010 : Françoise Raison, professeur d'Histoire émérite à Paris VII, "Des lettrés aux intellectuels militants en quête d'analyse et d'action politique. Les années 1965-1975 à Madagascar."
5 mai 2010 : Jean Copans, Professeur émérite de sociologie à Paris V, "Les recherches françaises et sénégalaises : 1960-1980".
12 mai 2010 : Jean-Pierre Chauveau (directeur de recherche à l’IRD), "Parcours de recherche sur (et dans) le changement social en Côte d’Ivoire"
26 mai 2010 : Jean-Pierre Dozon, "De Marx et du marxisme en anthropologie".
Mots-clés : Anthropologie, Coloniales (études),
Aires culturelles : Afrique,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Intitulé général : Médiations théoriques et pratiques de l'anthropologie
Renseignements : tél. : 01 53 63 56 50, ou par courriel.
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous, le mercredi après-midi, au CEAf, 96 bd Raspail 75006 Paris.
Réception : Élisabeth Dubois sur rendez-vous.
Niveau requis : master 2 et doctorants. Entretien préalable avec l'enseignant.
Site web : http://ceaf.ehess.fr/
Adresse(s) électronique(s) de contact : stceaf(at)ehess.fr, dozon(at)ehess.fr
Le séminaire, devant se dérouler sur deux années, Jean-Pierre Dozon a consacré une première séance à introduire sa nouvelle thématique, c’est-à-dire à clarifier les raisons tout à la fois intellectuelles et pédagogiques justifiant de revenir sur des paradigmes et méthodes de recherche africanistes, spécialement anthropologiques, qui semblent être tombés en désuétude (à l’époque des « postcolonial studies », ils relèveraient donc des « colonial studies »), mais qui n’en ont pas moins façonné le champ et la discipline. Puis il a dédié une seconde séance à la monographie ethnique (et villageoise), soit à ce qui fut l’exercice majeur des études anthropologiques, notamment africanistes, et a tenté de comprendre pourquoi elle n’est presque plus de mise aujourd’hui.
Chantal Blanc-Pamard, directeur de recherche au CNRS, a montré que cet exercice majeur s’est fortement appuyé sur les études plus proprement géographiques, particulièrement sur la méthode et la problématique des terroirs qui ont irradié bien au-delà de ce champ disciplinaire, aussi bien du côté de l’anthropologie ou de la socioanthropologie que de celui des travaux sur le « développement ». Dans le même esprit, et pour donner toute sa mesure au rôle joué par la géographie tropicale, Jean Boutrais, directeur de recherche émérite à l’IRD, s’est livré à une généalogie des recherches sur les sociétés pastorales et le pastoralisme en Afrique subsaharienne. De son côté, Benoît Hazard, chargé de recherche au CNRS, a proposé une actualisation des méthodes et paradigmes anciens en montrant que l’approche « terroirs », au moins dans le cas exemplaire des migrations burkinabé en Italie, permet de comprendre comment celles-ci reconfigurent les espaces locaux du pays d’origine. Puis, Françoise Raison, professeure d’histoire émérite à l’Université Paris-VII/Diderot, a présenté une séquence historique singulière de la recherche en sciences sociales à Madagascar, celles des années 1965-1975, durant laquelle se sont développées de fortes connivences franco-malgaches dans le champ intellectuel comme dans l’engagement politique. Et, Jean-Pierre Chauveau, directeur de recherche émérite à l’IRD a retracé un parcours de recherche asse rare puisque, grâce à une monographie et à un terroir réalisés dans les années 1970 en Côte-d’Ivoire et régulièrement actualisés depuis lors, il a pu constituer un excellent observatoire du changement social et de l’actuelle crise ivoirienne. Enfin, Jean-Pierre Dozon, a proposé une première approche de l’importance de Marx et du marxisme en anthropologie, particulièrement au sein de l’africanisme français, durant les deux décennies qui ont suivi les indépendances africaines.
Publications
• « Vous avez dit « ethniques » ? Ou de la nécessité d’examiner le terme d’un peu près », dans Le retour de la race. Contre les « statistiques ethniques », Éditions de l’Aube, 2009, p. 41-48.
• « Remémoration et actualisation politique dans la confrérie mouride », dans L’islam, nouvel espace public religieux en Afrique, sous la dir. de Gilles Holder, Paris, Karthala, 2009, p. 225-236.
• « Ceci n’est pas une confrérie. Les métamorphoses de la muridiyya au Sénégal », Cahiers d’études africaines, nos 198-199-200, 2010, p. 857-879.
Dernière modification de cette fiche : 25 mai 2010.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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