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2e et 4e lundis du mois de 17 h 30 à 19 h 30 (salle 214, 54 bd Raspail 75006 Paris), du 9 novembre 2009 au 14 juin 2010
Le séminaire de l’année 2009-2010 sera consacré à une étude comparée des systèmes économiques et de leur développement dans la longue durée. Dans le sillage d’ouvrages et d’articles récents, consacrés en particulier à une mise en perspective de l’évolution de la Chine, de l’Afrique et de l’Europe entre la fin du Moyen Âge et nos jours, il s’agira de mettre en évidence les similitudes et les différences qui rendent compte des trajectoires et des destinées économiques des différents pays et régions du globe. Ce thème sera également l’occasion de revisiter la notion de longue durée et de mener une approche critique des différents usages qu’elle a connus depuis l’article séminal de Fernand Braudel, écrit voilà désormais plus d’un demi-siècle.
Mots-clés : Économie, Histoire, Histoire économique et sociale,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Domaine de l'affiche : Histoire - Problèmes généraux
Intitulé général : Critique de l'économie historique. La longue durée des systèmes économiques
Renseignements : sur rendez-vous.
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous.
Réception : sur rendez-vous par courriel.
Adresse(s) électronique(s) de contact : aymard(at)msh-paris.fr, grenier(at)pse.ens.fr, gpv(at)ens.fr, alessandro.stanziani(at)ehess.fr
Pour cette première année, deux aspects ont été envisagés en parallèle. D’un côté, l’examen critique des différents modèles qui, dans la tradition européenne, ont au cours des soixante dernières années visé à encadrer le triple élargissement temporel, spatial et disciplinaire de la recherche historique : la longue durée des sociétés et des civilisations (Fernand Braudel), l’histoire globale (économique ou non : Philippe Norel) élargie aux dimensions du monde dans et la confrontation constructive avec les autres sciences sociales, en particulier l’économie, la sociologie, l’anthropologie et la géographie. De l’autre, les recherches récentes, portant notamment sur l’Asie, l’Afrique, l’Océan indien, qui sont venues diversifier les points de vue et remettre en cause la tradition eurocentrique de la conceptualisation et de l’écriture de l’histoire, et qui ont ouvert la voie à de nouveaux types de comparaison (la « grande divergence » de Kenneth Pomeranz) et permis d’élaborer de nouveaux modèles incorporant un éventail plus large de variables et stimulant de nouvelles recherches pour répondre aux questions posées (ainsi celui de « révolution industrieuse » opposé à celui de « révolution industrielle »).
Cette confrontation entre les deux approches aujourd’hui dominantes a permis de reposer différentes questions méthodologiques et théoriques, et d’en resituer les réponses au niveau des pratiques mêmes de la recherche. Ainsi celle des échelles d’analyse : comment concilier l’élargissement des perspectives temporelles, spatiales et disciplinaires et les recherches souvent les plus novatrices qui privilégient des terrains, des moments et des documents étroitement circonscrits, où l’interaction entre les différentes variables et les différences entre les réactions des acteurs individuels peut être mise en évidence et aider à casser la rigidité de définitions importées de l’extérieur et inadaptées (ainsi pour l’esclavage) ? Ou encore celle de la simplification en sciences sociales, tantôt préférée, car considérée comme la condition nécessaire de toute théorisation, tantôt rejetée, comme aujourd’hui où la référence à la complexité conduit à multiplier les indicateurs, les coefficients et les explications. Ou enfin celle des niveaux et des modalités de la comparaison, partagée entre la fascination pour les modèles de portée ou d’ambition générale, et le choix, plus concret, de la comparaison terme à terme entre régions et sociétés choisies en revanche pour la présence d’un nombre suffisant de facteurs assez homogènes pour rendre précisément la comparaison possible.
Si, pour des raisons évidentes, liées à la fois à la rapidité de son développement actuel et à la fascination qu’elle a longtemps exercée – Marco Polo et Matteo Ricci obligent – sur l’imaginaire européen, la Chine occupe aujourd’hui la première place dans ces efforts de comparaison, les recherches récentes sur l’Afrique subsaharienne de l’Est et du Sud-Est tournée vers l’Océan indien permettent d’échapper au risque d’un face à face à ce point exclusif que l’Inde s’en trouve le plus souvent exclue. Elles nous invitent à un véritable renversement : il ne s’agira plus seulement de chercher à appliquer à l’Afrique les modèles et les expériences historiques de l’Europe mais, plus radicalement, de repenser l’histoire européenne à partir des dynamiques africaines. L’historiographie reste aujourd’hui partagée dans sa manière de traiter des questions comme celles de l’État-nation, de la dépendance, de l’industrialisation, de la modernisation, de la globalisation ou encore du salariat et du capital dont la pertinence pour l’Afrique est au centre des débats actuels. Deux courants principaux semblent se dégager. D’un côté, certains auteurs partent à la recherche de notions suffisamment générales pour qu’elles soient valables dans tous les contextes mentionnés : c’est le cas, par exemple, des coûts de transaction (Austin) ou de l’ouvrier-paysan (Cooper). D’autres, en revanche, préfèrent souligner la relativité historique de toutes ces notions et à partir de là, la nécessité d’intégrer dans le raisonnement les temps longs des dynamiques historiques des sociétés, des économies et des cultures (qu’il s’agisse du temps long, quasi immobile et lent à s’écouler proposé par Fernand Braudel comme l’un des langages communs des sciences sociales, ou de ce temps immobile que le même Fernand Braudel trouve et refuse chez Claude Lévi-Strauss). Dans un cas comme dans l’autre, c’est bien la notion de marché qui s’est retrouvée au centre des analyses et des débats. Cette notion a pu ainsi être discutée dans ses significations multiples, de manière à y inclure des éléments tout aussi disparates que les formes de l’échange en Afrique, les prestations familiales en Europe, Asie et Afrique, les enfants et leur travail, les connaissances agronomiques, etc.
Dernière modification de cette fiche : 18 mai 2010.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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