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2e et 4e mardis du mois de 11 h à 13 h (salle 6, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 9 février 2009 au 11 mai 2010. La séance du 11 mai 2010 est avancée au 4 mai 2010, salle 6, 105 bd Raspail 75006 Paris, et les 2e et 4e vendredis du mois, de 17 h à 19 h (salle 3, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 12 février 2010 au 14 mai 2010. La séance du 14 mai est avancée au 7 mai 2010 (salle 6, 105 bd Raspail 75006 Paris). Séance supplémentaire le 5 mars, même salle de 17 h à 19 h
Les nouvelles formes de parenté — de l’insémination avec donneur aux familles recomposées ou homoparentales — sont-elles vraiment nouvelles ? N’existent-elles pas, au moins sous forme de modèle, dans d’autres sociétés ou dans notre propre passé ? En partant de ces interrogations, ces conférences exploreront, à la lumière des acquis de la parenté spirituelle, la dimension symbolique des parentés prétendues nouvelles, ainsi que la manière dont on « compose » la famille au-delà de son noyau biologique. Cela sera également l’occasion pour vérifier et mettre au point les méthodes de l’analyse structurale dans des sociétés à système complèxe de parenté.
Mots-clés : Anthropologie, Biologie et société, Corps, Culture, Savoirs, Sciences, Sexualité,
Aires culturelles : Transnational/transfrontières,
Renseignements : sur rendez-vous par tél. : 00 39 091 968 170/01 44 27 17 45.
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous par téléphone ou par courriel.
Réception : après les cours.
Niveau requis : il n'est pas nécessaire de déposer un projet écrit. Les étudiants qui le souhaitent peuvent mener des enquêtes de terrain.
Adresse(s) électronique(s) de contact : s.donofrio(at)libero.it, salvatore.donofrio(at)college-de-france.fr
Comme l’année précédente, nous avons poursuivi la réflexion sur la parenté spirituelle tout en vérifiant la possibilité d’appliquer les postulats qui lui sont sous-jacents aux nouvelles formes de parenté.
Nous avons consacré la première partie du séminaire à des questions d’ordre théorique, en partant des problèmes du symbolique et de la prohibition de l’inceste que nous avons explorés sur la base des fonctions de l’oncle maternel dans la société romaine et du rôle joué dans l’horizon chrétien par le parrain.
Les questions terminologiques ont été au cœur des premières séances du séminaire. Nous nous sommes interrogés, d’une part, sur les raisons pour lesquelles la quadripartition terminologique des oncles et des tantes dans la Rome ancienne (amita, patruus, mataertera et avunculus) n’est passée que partiellement dans les langues romanes, d’autre part, sur les métaphorisations des relations de parenté au sein de l’Église et dans les relations de parenté spirituelle. En particulier, nous avons essayé de comprendre quelle est la logique qui fait a) que dans les usages métaphoriques de l’Église nous sommes tous frères et sœurs, enfants de Dieu, nous comptons aussi des pères gardiens ou des mères supérieures, filles de Marie et épouses de Christ, alors qu’il n’existe pas d’oncles, petits-enfants ou neveux, cousins, grand ou beaux-parents et leur correspondants féminins ; b) que des termes diminutifs complémentaires à ceux de la parenté biologique (filiolus, cum-pater, cum-mater, patrinus) ont été créés pour exprimer les relations de parenté symbolique. Dans cette première partie du séminaire nous avons insisté sur le fait que le terme le plus prestigieux de la régénération à travers l’eau et l’esprit, le terme patrinus, a été interprété par les théologiens à la fois, comme un « petit père » (diminutif de pater), ce qui est plus correct du point de vue étymologique, et comme une contraction de pater divinus, ce qui explique mieux les fonctions socio-symboliques dont le parrain est porteur dans l’horizon chrétien : d’avatar de la parole fécondante, de substitut du géniteur biologique, d’opérateur d’alliance matrimoniale.
C’est cette ouverture sur les systèmes terminologiques et sur la dimension symbolique qui nous a permis de faire le lien avec d’autres horizons culturels ainsi qu’avec les nouvelles formes de parenté.
Dans la partie centrale du séminaire, nous avons ainsi continué à explorer les relations de parenté spirituelle dans d’autres cultures où la relation sexuelle entre des individus rituellement apparentés, même s’ils ne sont pas des consanguins ou des affins, est perçue comme incestueuse. Cela pousse le caractère symbolique de la prohibition de l’inceste aux conséquences les plus extrêmes, en confirmant, d’une part, la continuité entre le biologique et le social, d’autre part, les conséquences néfastes entraînées par la transgression de cette prohibition. Nous avons poursuivi ainsi l’analyse de quelques systèmes de parenté spirituelle hors de l’horizon chrétien, en nous concentrant particulièrement sur quelques cas amérindiens et sur le cas des Na de la Chine himalayenne.
C’est dans la troisième partie que nous avons traité le thème des nouvelles parentés en nous posant tout d’abord les questions suivantes : les nouvelles formes de parenté – de l’insémination avec donneur aux familles recomposées ou homoparentales – sont-elles vraiment nouvelles ? N’existent-elles pas, au moins sous forme de modèle, dans d’autres sociétés ou dans notre propre passé ? En partant de ces interrogations, nous avons exploré, à la lumière des acquis de la parenté spirituelle, la dimension symbolique des parentés prétendues nouvelles, ainsi que la manière dont on « compose » la famille au-delà de son noyau biologique. En effet, en analysant surtout les cas de l’insémination avec donneur et des familles recomposées ou homoparentales nous avons vérifié qu’ils existent, au moins sous forme de modèle, dans d’autres sociétés ou dans notre propre passé. De ce point de vue, c’est surtout les Nuer soudanais et la Bible que nous avons interrogés.
Une séance du séminaire a été assurée par Martine Gros. Les étudiants Nicolas Adde et Julie Menuel ont exposé leurs travaux lors de la dernière séance.
Dernière modification de cette fiche : 2 mars 2010.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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