S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
1er et 3e jeudis du mois de 9 h à 11 h (salle 4, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 7 janvier 2010 au 3 juin 2010
L'Inde émergente balance entre ses défis internes, à commencer par la quête annoncée d'une "croissance inclusive" — c'est-à-dire d'un véritable développement équilibré — et les ambitions de puissance qui se déploient aussi bien sur l'échiquier asiatique que sur la scène mondiale. Au terme des quinzièmes élections législatives de son histoire, et dans un contexte de crise mondiale qui voit Inde et Chine échapper à la récession, tout en ralentissant leur croissance, comment analyser l'Inde d'aujourd'hui, au crible de l'économie, des dynamiques socio-politiques et des stratgies géopolitiques ?
Aires culturelles : Asie méridionale,
Suivi et validation pour le master : Obligatoire sur l'année (bi-mensuel)
Renseignements : sur rendez-vous
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous, tél : 01 49 54 22 21
Réception : voir Yvonne Pozo pour la mention AMO, yvonne.pozo(at)ehess.fr, tél. : 01 49 54 26 22. ou Roger Meunier pour la mention ECD roger.meunier(at)ehess.fr, tél. : 01 53 63 51 23.
Site web : http://ceias.ehess;fr
Adresse(s) électronique(s) de contact : racine(at)msh-paris.fr
Version 2009-2010 d’un séminaire portant sur les dynamiques de l’Inde émergente et sur les paramètres politiques et sociaux qui marquent ces dynamiques et leurs limites, l’enseignement a porté cette année sur la capacité de l’Inde à répondre à la crise mondiale. Si le taux de croissance a baissé de plus de deux points, l’Inde a somme tout tenu le choc, en restant au-dessus de 6 % de croissance en 2008-2009, et en remontant au-dessus de 7 % pour l’année en cours. On en connaît les raisons : a) une régulation des banques et une non convertibilité totale de la monnaie, qui ont limité les effets des dérives financières à l’origine de la crise, b) une croissance largement portée par la demande intérieure, c) des mesures de relance rurale ciblées, qui ont aussi contribué à la réélection de la coalition sortante, menée par le Parti du Congrès et le Premier ministre Manmohan Singh, lors des élections générales de 2009.
Pour autant, ce ralentissement affecte la politique de « croissance inclusive » affichée par le pouvoir. La question des inégalités sociales et régionales reste décisive, et les débats sur la pertinence des critères définissant la « ligne de pauvreté » sont toujours d’actualité. Le creusement des déficits et la poussée inflationniste aggravent un problème par essence structurel.
La permanence de la question sociale, et l’aggravation notable de l’insurrection maoïste dans les États forestiers du centre du pays n’empêchent pas l’Inde de continuer à s’inscrire dans le cercle des grands pays émergents, qui peu à peu redessinent l’ordre mondial. D’une part l’Inde devient un acteur économique désormais présent sur tous les continents, soit en quête de ressources (énergétiques en particulier) soit en quête d’investissements à opérer, y compris en Europe. D’autre part, l’Inde continue de faire entendre sa voix au sein de l’Organisation mondiale du commerce, comme elle l’a fait entendre au sommet de Copenhague sur le changement climatique. De nouvelles géométries d’une multipolarité en construction se dessinent : sommets des BRIC (Brésil Russie Inde Chine), sommets IBSA (Inde-Brésil-Afrique-du-Sud), nouveau groupe BASIC (Brésil-Afrique-du-Sud-Inde-Chine) issu de Copenhague, tous ces pays se retrouvant aussi lors des réunions du nouveau G20.
Dans ce contexte, les relations complexes entre l’Inde et la Chine prennent un poids particulier. La Chine est devenue le deuxième partenaire commercial de l’Inde, mais la méfiance reste de mise, nourrie également par les questions géopolitiques : contentieux frontalier, politiques de défense, politique pakistanaise de Pékin, rééquilibrage des rapports de force en Asie. Reste posée, in fine, la question du glissement vers l’Est des puissances de demain, et de l’impact qu’aurait ce glissement sur les puissances aujourd’hui dominantes : les États-Unis au premier chef, mais aussi l’Union européenne (en dépit de sa faiblesse politique et stratégique).
Dernière modification de cette fiche : 17 septembre 2009.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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