2009-2010

Sciences et techniques en politique, approches historiques, questions actuelles

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Lundi de 14 h 45 à 16 h 45 (amphithéâtre Erignac, Sciences-Po, 13 rue de l'Université 75007 Paris), du 21 septembre 2009 au 7 décembre 2009. Pas de séminaire le 2 novembre 2009

La première idée de ce cours est à trouver dans les redéfinitions du politique auxquelles les études sur les sciences ont conduit. Les ap­proches qui définissent les sciences comme la base cognitive sur laquelle le poli­tique peut construire une action efficace ont fait place à des images plus réalistes où les échanges de propriété et de valeurs entre vérité et opinion, technique et démocratie, nature et politique, sont distribués de façon plus subtile. La seconde idée au fonde­ment de ce cours est que les sciences et le politi­que ont eux-mêmes été recom­po­sés. Le cours est une tentative de systématiser les manières que nous avons de penser, aujourd’hui et dans l’histoire, les rela­tions entre sciences, techniques, société, économie, gouvernement et démocratie.

Calendrier des séances :

21 septembre 2009 : Décrire les sciences au travail, au laboratoire et sur le terrain ; comprendre les limites et incertitudes qui entourent les preuves et les faits

28 septembre 2009 : Décrire la variété des lieux où les sciences et techniques sont fabriquées puisque cette variété est au cœur des enjeux sociaux et des dynamiques de science

5 octobre 2009 : Regarder la variété des formes de savoir au-delà des sciences - entre savoirs pratiques et "profanes", populaires et artisans, profes­sion­nels et experts, etc.

12 octobre 2009 : Comment penser la nature opératoire des sciences et techniques, et les conséquences qu’elles ont sur la vie sociale et politique

19 octobre 2009 : Sciences, techniques et guerres : de la centralité des sciences dans la guerre, et de la guerre pour le progrès des sciences

26 octobre 2009 : Sciences, innovations, marchés : comment les produits techniques ont transformé pratiquement le monde

9 novembre 2009 : Sciences dans l'espace public et en politique : une revisit de Habermas ; quelle histoire, quelles intrications, quelles dynamiques depuis leXVIIIe siècle ?

16 novembre 2009 : Les sciences et techniques et leur rôle dans le gouvernement des hommes et des choses depuis la Renaissance

23 novembre 2009 : Régulations des (techno-)sciences en démocratie : la variété et la complexité légitime des solutions

30 novembre 2009 : Science, nature, environnement et rapports Nord/Suds depuis la "mondialisation" du XVIe siècle

7 décembre 2009 : Les sciences en société et la société en sciences : comment décrire la situation présente

Bibliographie de base :

Mario Biagioli (1994), Galileo courtier : The practice of science in the culture of absolutism (Chicago : University of Chicago Press)

Michel Callon et Pierre Lascoumes (2001), Agir dans un monde incertain, essai sur la démocratie technique (Paris : le Seuil, La couleur des idées)

Harry Collins (1992), Changing Order : Replication and Induction in Scientific Practice (Chicago : University of Chicago Press)

Amy Dahan et Dominique Pestre (2004), Les sciences pour la guerre (Paris : Presses de l'EHESS)

Robert Darnton (1968), Mesmerism and the end of the Enlightenment in France (Cambridge, MA: Harvard University Press)

Steve Epstein (1996), Impure Science: AIDS, Activism, and the Politics of Knowledge (San Francisco : University of California Press).

Paul Edwards (1997), A Closed World : Computers and the Politics of Discourse in Cold War America (Cambridge : MIT Press)

Peter Galison (2003), Version française : L'empire du temps : les horloges d'Einstein et les cartes de Poincaré (Paris, 2006 : Folio) Version anglaise : Einstein's Clocks, Poincare's Maps: Empires of Time (Sceptre/Norton)

Donna Haraway (1989), Primate visions (London/New York, Routledge)

Donna Haraway (2007), Manifeste cyborg et autres essais. Sciences, fictions, féminismes (Paris : Exils)

Thomas Kuhn (1962, réédité en 1970), Structure des révolutions scientifiques (Paris, Champ Flammarion)

Bruno Latour (1984), Microbes, guerre et paix (Paris : Métailé)

Dominique Pestre (2003), Science, argent et politique, Un essai d'interprétation (Paris : Inra)

Jocelyne Porcher et Vinciane Despret (2007), Être bêtes (Arles : Actes Sud)

Nicolas Rose (2006), The politics of life itself : Biomedicine, Power, and Subjectivity in the Twenty-First Century (Princeton University Press)

Jeffrey Burton Russell (1991), Inventing the Flat Earth. (London, Praeger, 1991.

Steven Shapin et Simon Schaffer, Version française : Le Léviathan et la pompe à Air : Hobbes Et Boyle Entre Science Et Politique (1993 Paris : La Découverte). Version anglaise : Leviathan and the Air-Pump:Hobbes, Boyle, and the Experimental Life (1989, Princeton University Press)

Adel Selmi (2006), Administrer la nature : Le parc national de la Vanoise (Paris : Edition de la MSH)

Langdon Winner (2002), La baleine et le réacteur : à la recherche de limites au temps de la haute technologie (Descartes & Cie)

On ajoutera :

Bernadette Bensaude-Vincent (2000), L'opinion publique et la science (Paris : Les empêcheurs de penser en rond)

William Cronon (1992), Nature's Metropolis : Chicago and the great west (New York : W.W. Norton)

Mike Davis (2006), Les génocides tropicaux (Paris : La Découverte)

Michael Dean (1999), Governmentality : Power and Rule in Modern Society, (Londres : Sage Pub)

Philippe Descola (2005), Par delà Nature et Culture (Paris : Gallimard)

Jared Diamond (2007), De l'inégalité parmi les sociétés (Paris : Folio Essais)

Jeanne Favret-Saada et Josée Contreras (1982 et 1978), Corps contre corps. Enquête sur la sorcellerie dans le bocage et Les mots, la mort, les sorts, la sorcellerie dans le bocage (Paris : Gallimard)

Foucault, Michel (1975), Surveiller et punir : Naissance de la prison (Paris : Tel Galimard)

Delphine Gardey (2008), Ecrire, calculer compter : Comment une révolution de papier a transformé les sociétés contemporaines (1800-1940) (Paris : La Découverte)

Michael Goldman (2005), Imperial nature : the World Bank and struggles for social justice in the age of globalization (Londres : Yale University Press)

Steven Jay Gould (1981), La malmesure de l'homme : l’intelligence sous la toise des savants (Ramsay Editions)

Daniel R Headrick, Tools of Empire : Technologies and European Imperialism in the Nineteenth Century (Oxford University Press)

Ilana Lowy (2001), Virus, Moustiques et Modernité, La fièvre jaune au Brésil, entre science et politique (Paris : Les Archives Contemporaines)

Donald Mackenzie (2006), An Engine, Not a Camera : How Financial Models Shape Markets (MIT Press)

Bernard Manin (1995), Principes du gouvernement représentatif (Paris : Flammarion, coll. « Champs »)

Caroline Merchant (1990), The Death of Nature: Women, Ecology, and the Scientific Revolution (HarperOne Editions)

Dominique Pestre et Michel Atten (2002), Heinrich Hertz : L'administration de la preuve. (Philosophies PUF)

Pierre Rosanvallon (2008), La légitimité démocratique : Impartialité, Réflexivité, Proximité (Seuil, Les livres du Nouveau Monde)

Peter Sloterdijk (2000), Règles pour un parc humain (Mille et Une Nuits)

Peter Sloterdijk (2006), Le palais de cristal : À l'intérieur du capitalisme planétaire (Edition Maren Sell)

 

Suivi et validation pour le master : Semestriel

Mentions & spécialités :

Renseignements : sur rendez-vous.

Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous.

Réception : sur rendez-vous.

Site web : http://www.koyre.cnrs.fr

Adresse(s) électronique(s) de contact : pestre(at)ehess.fr

Compte rendu

La première idée de ce cours donné par Dominique Pestre au premier semestre est à trouver dans les redéfinitions du politique auxquelles les études sur les sciences ont conduit. Parties de l’analyse de l’activité scientifique au laboratoire, elles ont abouti à l’analyse de ce que les sciences et techniques « font » au social et au politique. Les approches classiques qui définissent les sciences comme la base cognitive sur laquelle le politique peut construire une action efficace ont fait place, dans ce champ, à des images plus réalistes, plus complexes, et où les échanges de propriété et de valeurs entre vérité et opinion, technique et démocratie, nature et politique, sont distribués de façon plus subtile.

Le cours a été une tentative de systématiser les manières que nous avons de penser les relations entre sciences, techniques, société, économie, gouvernement et démocratie, aujourd’hui et dans l’histoire. L'approche a été à deux entrées, une entrée conceptuelle – quels outils pour penser les sciences et les techniques ; et une entrée historienne – comment ces notions se sont constituées.

Dernière modification de cette fiche : 23 septembre 2009.

Dernière mise à jour le 14/04/2009

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