S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
Mardi de 10 h à 13 h (salle M. et D. Lombard, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 23 mars 2010 au 8 juin 2010. La séance du 23 mars se déroulera en salle 7 (105 bd Raspail)
Le séminaire de 2008-2009 en pleine situation de crise a développé un certain nombre de thèmes autour des questions de crises des systèmes mondiaux, et nous avons proposé plus généralement les fondements d’une anthropologie des crises. Le séminaire de cette année va continuer à élaborer les questions par rapport aux transformations sociales, économiques et culturelles ; les cultures qui se développent dans des zones d’instabilité, la production d’imaginaires des crises et leur utilisation par des différents acteurs sociaux. Est-ce qu’on peut réinterpréter certaines formes socioculturelles comme produits historiques des crises au lieu d’être de simples données de la variation sociale humaine ? La deuxième partie du séminaire revient au thème de l’anthropologie de l’état de la gouvernance et les rapports entre pratiques, cosmologies et ontologies du pouvoir en transformation dans la perspective du système mondial (démocratie, empires, pluralismes, autochtones, cosmopolites).
30 mars 2010 : Brian Edwards, professeur à Northwestern University, Chicago, After the American Century
In the wake of the digital revolution that is a key component of "globalization" or what I otherwise call the "age of circulation," an examination of how "culture" and cultural production moves through the world is needed anew. This lecture advances on the discussion of "cultures of circulation" and finance capital from an earlier lecture, and the discussion of "American Orientalism". "The American Century" refers both to a period (the 20th century) and an episteme. In 1942, Henry Luce published an influential editorial in Life Magazine entitled "the American Century" which not only collapsed a unit of time with a geopolitical marker, but understood that the transnational circulation of American products and cultural forms was bound up in the question of American geopolitical power, power Luce argued should be organized within a new postcolonial set of arrangements. After about 1973 conditions had changed so dramatically primarily economic, technological, migration, media, but in intertwined ways) that something “after” that way of knowing that had emerged during the atomic age started to take shape, in fits and starts of course. We call it the culture of globalization, which is not adequate but it does accurately locate a shift, an acceleration, a context within which to consider what sorts of meanings we can make of cultural forms, both the new ones and those (such as the novel, the feature length film) that remain as vestigial forms from another time and another set of social arrangements. In this lecture, I ask how to read such texts and forms adequately sensitive to the arrangements from which they emerge, and taking the interplay of text and a context of circulation into account. My examples are drawn from research in Fez, Cairo and Tehran from my current book project "After the American Century: American Culture in Middle Eastern Circulation."
6 avril 2010 : Les mondialisations et le capitalisme au prisme de l'Histoire globale, Philippe Beaujard, Laurent Berger et Philippe Norel.
Philippe Beaujard est anthropologue et directeur de recherches au CNRS, affilié au Centre d’étude des mondes africains.
Laurent Berger est anthropologue, chargé de recherche au musée du quai Branly et rattaché au Laboratoire d’anthropologie sociale.
Philippe Norel est économiste à l’université de Poitiers, au Centre de recherche sur l’intégration économique et financière, et professeur à Sciences-Po.
Ils ont dirigé Histoire globale, mondialisations et capitalisme (Paris, La Découverte, 2009) qui rassemble des textes pour la première fois en français présentant l'approche du système mondial en sciences sociales.
Présentation de l'éditeur : En quoi l'actuel renouveau de l'Asie plonge-t-il ses racines dans une " longue durée globale " ? Quelle est la nature des changements structurels accompagnant la croissance démographique, le développement de l'Etat et du commerce, l'accumulation localisée des richesses et des savoirs ? Comment rendre intelligibles une expansion géographique des flux d'échange et le déploiement parfois concomitant du capitalisme à l'échelle nationale, puis mondiale ? Pour la première fois en France, un ouvrage réunit anthropologues, économistes, polilologues, sociologues et historiens pour répondre à ces questions et esquisser les grandes lignes d'un nouveau programme de recherche : l'Histoire globale. Celle-ci recouvre d'abord une analyse du rôle crucial du monde non européen dans l'histoire de l'humanité pour sortir enfin d'une démarche trop "eurocentrée". Elle constitue ensuite un profond renouvellement de l'analyse en termes de système-monde, au-delà des oeuvres incontournables de Braudel et de Wallerstein. Elle inclut enfin l'analyse comparative des processus de mondialisation. Le pari de cet ouvrage est de présenter l'Histoire globale à partir de textes classiques ou inédits de quelques-uns de ses auteurs les plus marquants. Un prologue propose une synthèse de ses problématiques et recherches les plus caractéristiques, en soulignant leurs enjeux épistémologiques pour les sciences sociales. Les contributions de Beaujard, Bentley, Goody, Hall et Chase-Dunn éclairent les processus pluriséculaires d'intégration intercontinentale ; celles d'Aglielta, Arrighi et Silver, Gills et Denemark, Wallerstein abordent la naissance, le développement et les crises du capitalisme global ; les écrits de Berger, Goldstone, Norel, Pomeranz, Wong analysent les liens entre les épisodes de croissance et de créativité culturelle récurrents (ou " efflorescences "), et les processus de mondialisation.
Mardi 4 mai 2010 : Keith Hart, anthropologue, présentera une conférence intitulée : Privatization of the public interest : how new is neoliberalism ?
Résumé: I will argue that a strong analytical separation of state and market (capital) or public and private sectors is and always has been illusory when it comes to the management of money. The examples of the Bank of England, Banque de France and Federal Reserve all rest on the appearance of being part of the state apparatus when they are hybrid entities formed by the sovereign and the banks, but outside effective political control. The representation of these institutions makes a big deal about their being subject to the laws, but in practice they serve the interests of private capital. The case of France is interesting, since monetary policy was turned on its head by the revolution, but in practice things stayed much the same as before. The relationship between the Fed, the banks (notably Goldman) and the US government over the last two decades is entirely consistent with this history. The attempt to separate public and private sectors in law and ideology was always a distraction from their fusion in practice. The modern corporation was a way of making money for the sovereign and her rich friends (East India Company) and this precedent underwrote the corporate synthesis of the late 19th century. In countries like Germany and Japan, the alliance between capitalists and the military landlord class took the form of an explicit national capitalism. Under neoliberalism, there has been a new attempt to redraw the the boundaries separating public and private sectors. Williamson got his Nobel prize for blurring them, which could be said to bring the ideology closer to the practice.
Plus d'infos : http://thememorybank.co.uk/
Mardi 11 mai 2010 : Gérard Duménil, "Les Etats dans le néolibéralisme et face à la crise".
Gérard Duménil, économiste connu pour ses travaux sur le néolibéralisme et sur les crises capitalistes, intervient régulièrement dans le séminaire. Il a publié de nombreux ouvrages et articles critiques sur le système capitaliste et ses contradictions, notamment avec Dominique Lévy Capital Resurgent : Roots of the Neoliberal Revolution (Harvard University Press, 2004) qui interprète le tournant néolibéral des années 80' comme étant l'expression du rétablissement du pouvoir et d'une position forte de la classe capitaliste après une période qui tendait au déclin de la dominance du capital, notamment via une amélioration des conditions économiques de la classe ouvrière; cet ouvrage a joué un rôle important dans les travaux récents de David Harvey.
G. Duménil est aussi connu pour ses prises de position à Attac et pour ces écrits dans la Revue Actuel Marx.
Son dernier ouvrage (à paraître Harvard University Press) s'intitule The Crisis of Neoliberalism: From the Subprime to the Great Contraction.
Mots-clés : Anthropologie, Antiquité (sciences de l’), Archéologie, Culture, Développement, Économie, Histoire, Mouvements sociaux, Sociologie, Urbaines (études),
Aires culturelles : Afrique, Amérique du Sud, Amériques, Arabe (monde), Asie orientale, Contemporain (anthropologie du, monde), Europe, Océanie, Transnational/transfrontières,
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie
Intitulé général : Anthropologie des systèmes mondiaux
Renseignements : contacter Émilie Jacquemot, EHESS, IRIS, 54 bd Raspail 75006 Paris, tél. : 01 45 49 95 71, emilie.jacquemot(at)ehess.fr
Direction de travaux d'étudiants : sur rendez-vous.
Réception : mardi de 14 h 30 à 18 h dans les bureaux d'IRIS 96 bd Raspail 75006 Paris.
Site web : http://iris.ehess.fr
Adresse(s) électronique(s) de contact : jonathan.friedman(at)ehess.fr
Le séminaire avait développé, en pleine situation de crise, un certain nombre de thèmes autour de questions de crises des systèmes mondiaux et il avait proposé plus généralement les fondements d’une anthropologie de crises. Le séminaire de cette année a continué à élaborer ces questions par rapport aux transformations sociales, économiques et culturelles ; les cultures qui se développent dans des zones d’instabilité, la production d’imaginaires de crises et leur utilisation par différents acteurs sociaux. L’interprétation de certaines formes socioculturelles en tant que produits historiques de crises au lieu d’être compris comme de simples données de la variation sociale humaine. La deuxième partie du séminaire est retournée au thème de l’anthropologie de l’État et de la gouvernance et aux rapports entre pratiques, cosmologies et ontologies du pouvoir en transformation dans la perspective du système mondial (démocratie, empires, pluralismes, autochtones, cosmopolites). Un des thèmes élaborés était la question des logiques hiérarchiques où nous avons discuté des ressemblances entre le symbolisme du pouvoir moderne et « traditionnel » et les invariants dans les rapports entre hiérarchie politique et transformation des sujets-acteurs politiques. Le séminaire a été enrichi d’un site ou l’on trouve les annonces des invités, les discussions et certaines publications et d’un site de stockage ou se trouvent toutes les publications et les inédits à lire pour le séminaire. Plusieurs invités sont intervenus dans le séminaire autour des thèmes principaux. Brian Edwards a discuté de son projet, « After the american century : American culture in middle eastern circulation » qui aborde les questions des rapports mondiaux du pouvoir en transformation et de ses produits culturels. Laurent Berger, chargé de recherche au musée du Quai Branly, est intervenu pour discuter du projet autour de l’ouvrage collectif Histoire globale, mondialisations et capitalisme (Paris, La Découverte, 2009) qui est très proche de l’approche anthropologie des systèmes mondiaux. L’anthropologue Keith Hart, professeur emeritus, University de Londres, Goldsmith College, connu pour ses ouvrages sur l’économie « informelle » un terme qu’il a inventé pendant les années 1970 et qui se spécialise sur l’argent et son histoire, les nouvelles formes de crédit et de circulation, est intervenu sur le thème « Privatization of the public interest : how new is neoliberalism ? » où il a discuté de la logique contemporaine de la gouvernance soi-disant néolibérale. Une doctorante de l’université de Californie à San Diego, Naomi Haynes, est intervenue dans un séminaire supplémentaire sur le thème du pentacôtisme, la transformation du sujet et la moralité de l’argent en Zambie avec une critique importante de certains ouvrages récents (par exemple John L. et Jean Comaroff) ; son intervention était intitulée « Pentacostalism and the morality of money ». L’économiste Gérard Duménil (CNRS) qui est venu plusieurs fois dans notre séminaire, connu pour ses ouvrages écrits avec D. Lévy sur le fonctionnement et les crises du capitalisme, est intervenu sur les rapports entre la crise capitaliste contemporaine et la gouvernance. Sa présentation, « Les états dans le néolibéralisme et face à sa crise », a introduit certains des thèmes du livre avec D. Lévy, The crisis of neoliberalism : From the subprime to the great contraction, à paraître (Harvard University Press). Joel Robbins du département d’anthropologie de l’Université de Californie, San Diego, est intervenu dans un séminaire supplémentaire sur la question des droits de l’homme, « Recognition, reciprocity and justice : Melanesian reflections on the rights of relationships ». Le débat entre universalistes et relativistes dans ce domaine est une partie importante de nos séminaires. Les interventions étaient toutes sur les thèmes du séminaire, les crises et la constitution des régimes de gouvernance et tout à fait enrichissantes pour nos discussions.
Publications
• « Occidentalism and the categories of hegemonic rule, Theory, Culture & Society » 2009, vol. 26 (7–8), p. 1-18.
• « Holism and the transformations of the contemporary global order », dans Experiments in holism. Theory and practice in contemporary anthropology, sous la dir. de Ton Otto et Nils Bubandt, New York, Wiley Blackwell, 2010, p. 260-284.
Dernière modification de cette fiche : 10 mai 2010.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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