S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.
Lundi à vendredi de 9 h à 17 h (salle 8, 105 bd Raspail 75006 Paris, ou à la Sorbonne, salle Gaston Paris (voir programme détaillé), du 26 au 30 avril 2010. La première séance en matinée, le 26 avril se tiendra à la Sorbonne, salle Gaston Paris, à 9 heures.
La biologie de l’évolution, par vocation interdisciplinaire, déploie en son sein plusieurs domaines dont l’articulation réciproque n’est pas entièrement assurée : systématique, génétique, paléontologie. La théorie scientifique qui en fonde l’étude reste, depuis cent-cinquante ans, le terrain d’affrontement d’ardentes polémiques. Ce séminaire explorera l’histoire de la théorie de l’évolution dans les champs majeurs qui s’y réfèrent depuis l’aube des lumières jusqu’à nos jours, en confrontant ces diverses versions d’un même discours, leurs recoupements, leurs convergences, et leurs points aveugles. Ce séminaire intensif et quotidien d’une semaine est principalement destiné aux étudiants et chercheurs tant en biologie qu’en histoire et philosophie des sciences. Il est ouvert à tous.
Suivi et validation pour le master : Semestriel
Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire des sciences
Intitulé général : Histoire des sciences de la Vie et de la Terre
Renseignements : Claudine Cohen, programme de recherche biologie et société, EHESS 54 bd Raspail 75006 Paris, tél. : 01 42 78 22 07 ; Michel Veuille, Laboratoire de biologie intégrative des populations (EPHE), UMR CNRS 7502, département systématique et évolution (C39), Muséum national d’histoire naturelle, 75005 Paris, tél : 01 40 79 33 27.
Direction de travaux d'étudiants : le mardi de 14 h à 15 h.
Réception : sur rendez-vous le mardi de 15 h à 17 h.
Niveau requis : présenter un projet.
Adresse(s) électronique(s) de contact : Biosoc(at)ehess.fr, Cohen(at)ehess.fr, mveuille(at)ephe.sorbonne.fr;
Ce séminaire intensif, issu de la collaboration d’une historienne des sciences et d’un biologiste généticien des populations, a exploré l’histoire du transformisme et de l’évolutionnisme, depuis le XVIIIe siècle jusqu’à nos jours, croisant l’approche historique et épistémologique des théories, des concepts et des problèmes et l’étude de leur inscription dans la science contemporaine.
La réflexion s’est d’abord attachée aux notions historiquement liées à la conception d’une transformation des êtres vivants – celles de métamorphose, d’homologie, de génération, de développement, d’hérédité –, au concept d’espèce et au rôle de la systématique dans la genèse de la pensée transformiste. Elle a ensuite abordé l’œuvre de Lamarck et sa réception au XIXe siècle, puis le destin des courants néo-lamarckien français et américain au tournant du XXe siècle. Aux États-Unis se développe en effet, à partir des années 1865, en réaction à l’évolutionnisme darwinien, un courant dit « néo-lamarckien », visant à développer un transformisme qui, sans faire appel à la sélection naturelle, s’appuie sur la reconnaissance de processus et de « lois » qui orientent le devenir du vivant. Ce courant, qui s’affirme surtout en paléontologie évolutive, se nourrit volontiers d’une inspiration religieuse, voire théologique (voir Cope, The Theology of Evolution) absente de l’œuvre de Lamarck lui-même.
Il est possible que le terme de « néodarwinisme » ait été forgé par Weissmann en opposition au néolamarckisme américain. Dès lors, le mot « lamarckisme » (qui n’existe pas en France avant de la fin du XIXe siècle) fut repris pour devenir un synonyme de la thèse de l’« hérédité des caractères acquis » critiquée par Weissmann dans la pensée darwinienne elle-même. Ce néolamarckisme français, en cela fidèle à la pensée de Lamarck lui-même, est essentiellement matérialiste et laïque. Il est remarquable que certains des rares darwiniens français de la fin du XIXe siècle (Albert Gaudry par exemple) soient en fait des transformistes spiritualistes, plus proches des néolamarckiens américains que du néolamarckisme français. Laurent Loison (Université de Nantes) a contribué à cette réflexion en présentant ses travaux sur l’histoire du néolamarckisme français.
S’agissant de la pensée darwinienne elle-même, plusieurs séances ont été consacrées à une lecture de textes extraits de L’Origine des espèces et de La descendance de l’homme. La question a été abordée, notamment, de la place de la morphologie dans l’élaboration de l’évolutionnisme darwinien. L’ambition de réintégrer la morphologie dans l’approche de l’évolution a marqué sans doute, dans les années 1970, la génération des évolutionnistes héritiers de la nouvelle synthèse. En un moment où les tenants de la synthèse néodarwinienne se concentrent sur l’élucidation des mécanismes évolutifs au niveau « microscopique » du gène, des chercheurs tels que S. J. Gould proposent de réintroduire la notion de forme et d’organisme dans la pensée évolutionniste, et d’engager ainsi un renouveau de la réflexion sur la macroévolution, visant à penser ensemble la structure et l’histoire, la forme et l’évolution, les organismes fonctionnellement cohérents et leur devenir phylogénétique. Abordant les problèmes de l’intégration de l’évolutionnisme en paléontologie, Marc Godinot (EPHE) a proposé une méditation sur les rapports entre évolutionnisme et religion chez les paléontologues du XXe siècle.
Plusieurs séances ont été consacrées à l’analyse de la notion de sélection et aux débats entre sélectionnisme et neutralisme, à la place de la génétique des populations et de la biologie du développement dans l’évolutionnisme contemporain. Ont été aussi questionnées les différentes approches de l’évolution humaine, et la valeur de la sociobiologie pour penser le devenir humain.
Une dernière séance portait sur « la culture de l’évolution » et l’inscription des thèmes et des concepts transformistes dans la philosophie, la littérature et l’art.
Publication
• Leibniz, Protogaea, traduction du Latin, édition et préface, par Claudine Cohen et André Wakefield, Chicago, The University of Chicago Press [2008], rééd. paperback 2010.
Dernière modification de cette fiche : 23 avril 2010.
Dernière mise à jour le 14/04/2009
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